Commission européenne: Timmermans démissionne, remplacé par le Slovaque Sefcovic
Le vice-président de la Commission européenne en charge du Green deal, le Néerlandais Frans Timmermans, a officiellement quitté son poste, le 22 août, pour se lancer dans la campagne électorale néerlandaise. Frans Timmermans a en effet été, comme attendu, désigné le même jour à la tête d'une liste commune parti social-démocrate (PvdA) et Verts (GroenLinks) pour les élections législatives anticipées néerlandaises à l'automne, avec l'espoir de succéder au démissionnaire Mark Rutte (du parti libéral VVD) comme Premier ministre. L’issue de ce scrutin est très incertaine entre le VVD, la liste commune socialistes-verts et comme arbitre le nouveau mouvement agriculteurs citoyens (BBB) qui a remporté les dernières élections provinciales profitant de la vague de protestations contre la politique de réduction des nitrates. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décidé confier le portefeuilles de Frans Timmermans au vice-président chargé des relations interinstitutionnelles, le Slovaque Maroš Šefčovič, en attendant la nomination d'un nouveau membre de la Commission de nationalité néerlandaise. Frans Timmermans était membre de la Commission européenne depuis 2014. Il portait depuis 2019 la révision de la législation climatique de l’UE mais aussi la stratégie De la ferme à la table. Une stratégie sur laquelle les discussions se sont enlisées ces derniers mois notamment en ce qui concerne la réduction de l’utilisation des pesticides et la loi sur la restauration de la nature.
Porc: nouvel élevage condamné en première instance pour caudectomie en routine
Une éleveuse bretonne de 51 ans, ainsi que son exploitation agricole, ont été condamnées à Brest à des peines d'amende pour avoir systématiquement coupé la queue de cochons, a annoncé le 22 août l'association L214. L'éleveuse a indiqué à l'AFP avoir fait appel de ce jugement rendu le 30 juin dernier. Une condamnation similaire avait été prononcée il y a un an contre un autre élevage par le tribunal correctionnel de Moulins, qui fut finalement relaxé par la Cour d'appel de Riom, au printemps dernier. Dans les deux cas, c'est L214 qui a porté plainte, ici contre cet élevage de Ploudiry (Finistère), après avoir diffusé une vidéo sur Facebook. Pas interdite, la caudectomie ne doit cependant être utilisée qu'en «dernière intention au regard de la douleur induite par cette pratique», estime le tribunal correctionnel de Brest dans son jugement, mis en ligne par L214. La caudectomie vise à éviter que les cochons mordent la queue de leurs congénères dans des élevages intensifs, souvent propices à ce genre de troubles du comportement. Pour l'éviter, la réglementation préconise de «réduire le stress des animaux à l'origine de la pratique du cannibalisme», par exemple en «leur assurant lumière, abreuvement et nourriture en quantité suffisante», souligne le tribunal de Brest.
Amiante: les cancers du larynx et de l’ovaire reconnus maladies professionnelles
Publié le 13 août au JO, un décret créé un tableau de maladie professionnelle pour les non-salariés et salariés agricoles souffrant d’un cancer du larynx ou de l’ovaire dû à l’inhalation de poussières d’amiante. Ce tableau (n°47 ter) détaille quels types de cancers «primitifs» sont concernés. Il prévoit un délai de prise en charge de 40 ans et une durée d’exposition minimale de cinq ans. Il contient également une «liste limitative» des travaux susceptibles d’être à l’origine de ces maladies. Parmi ceux-ci: les travaux d’isolation, de pose, découpe et ponçage, d’entretien, de manipulation ou encore le port «habituel» de vêtements contenant de l’amiante. Dans un avis rendu en janvier 2022, l’Anses avait recommandé la création de ce tableau pour faciliter la reconnaissance et la prise en charge de ces maladies. Jusqu’à présent, seuls les cancers broncho-pulmonaires et de la plèvre (mésothéliome) dus à l’exposition à l’amiante faisaient l’objet d’un tableau de maladie professionnelle.
Amandes : la production en Espagne attendue en forte baisse à cause de la sécheresse (syndicat)
La récolte d’amandes espagnoles, qui vient de débuter, fait apparaître des baisses de volumes de 30% à 50% par rapport aux prévisions du printemps, selon un communiqué (en espagnol) paru le 21 août de la Coordination des organisations d'agriculteurs et d'éleveurs (COAG), principal syndicat agricole du pays. La campagne s’annonçait sous de bons auspices : en juin dernier, les prévisions indiquaient une récolte de 120 633 tonnes d'amandes décortiquées pour cette campagne, soit 49% de plus que la moyenne des trois dernières années, incluant une année 2022 calamiteuse. La sécheresse qui sévit dans les régions de production d’amandes (Andalousie, Valencia, Castille-La Manche, Murcie et Aragon) est une nouvelle fois à l’origine de cette situation. Même les exploitations irriguées sont frappées, indique le COAG. «Les rendements par arbre sont faibles ou très faibles, ce qui ajoute aux problèmes de taille des amandes, souligne l’organisation. Ces situations entraînent une perte de production qui affecte directement la rentabilité des producteurs». Le COAG demande un renforcement de l'arrêté royal du 11 mai dernier, mettant en œuvre des mesures visant à atténuer les effets de la sécheresse dans le secteur agricole.
Convoi de l’eau: sur le parcours, la Conf’ dénonce un projet de «ferme-usine» dans la Vienne
A l’occasion du «Convoi de l’eau» qui traverse actuellement l’ouest de la France vers Orléans depuis le 18 août, la Conf’ dénonce, dans un communiqué le 21 août, un projet de «ferme-usine, situé sur le parcours, rassemblant de 1200 taurillons» engraissés «exclusivement en bâtiments». L’exploitation située à Coussay-les-Bois dans la Vienne (près de Châtellerault) illustre «une fuite en avant agro-industrielle subventionnée massivement par de l’argent public». Le syndicat minoritaire affirme que les animaux seront des «sous-produits de l’activité énergétique prévue sur place». Il serait prévu d’y construire un méthaniseur, précise le collectif Bassines non merci (co-organisateurs du convoi) dans une vidéo postée sur X (ex-Twitter) le même jour. D’après la Conf’, «plusieurs recours en justice» ont été portés par la commune et par des associations mais «en vain». Le «Convoi de l’eau» faisait étape à Tours dans l’après-midi du 22 août, selon une publication du mouvement Les Soulèvements de la Terre sur X. Il doit atteindre Paris, sa destination finale, le 27 août.
Convoi de l'eau: un millier de personnes réunies dans le calme pour l'étape à Tours
Le Convoi de l'eau et son cortège à vélo d'environ 600 opposants aux bassines a fait une étape dans le calme à Tours le 22 août, accueillis par environ 400 personnes, a constaté un journaliste de l'AFP. Le peloton militant et sa dizaine de véhicules se sont installés sur la principale place de Tours, tout près du palais de justice où le procès de cinq militants écologistes de Dernière Rénovation s'est déroulé le 22 août après-midi. De nombreux membres des forces de l'ordre étaient présents sur le trajet et à l'intérieur du tribunal de Tours qui donne sur cette place principale. Les organisateurs ont annoncé avoir mobilisé 1.000 personnes, participants et soutiens. De son côté, la préfecture a recensé 800 participants, dont 600 «cyclistes» pour le Convoi de l'eau. Parti de Lezay (Deux-Sèvres) le 18 août, le cortège doit se rendre à Orléans vendredi, où siège l'Agence de l'eau Loire-Bretagne. Le trajet prévu sillonne cinq départements (Deux-Sèvres, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret) pour dénoncer «l'accaparement de l'eau» et son financement public, selon les organisateurs.
PLOA: la Coordination rurale lui préfère la proposition de loi Compétitivité
Alors que plusieurs professionnels ont reçu l'assurance qu'un projet de loi d'orientation et d'avenir (LOA) sera bien soumis au Parlement, pour un vote attendu d'ici fin d'année, la Coordination rurale y aurait volontiers renoncé, lui préférant la proposition de loi Compétitivité dont l'examen est déjà entamé. Déposé en février par trois sénateurs, (un LR, un centriste et un socialiste) puis adopté au printemps par la chambre haute, ce texte «est beaucoup plus cadré et aurait permis de faire gagner un temps fou», estime la présidente de la Coordination rurale. Pour Véronique Le Floc'h, «il faudrait mieux revenir sur ce texte qui abordait l'ensemble des problèmes, sociaux et environnementaux, en y incluant toutefois les aspects liés à la transmission, pour protéger les agriculteurs de la financiarisation». Le deuxième syndicat agricole y ajouterait toutefois une autre loi dédiée aux coopératives visant à encadrer «le soutien abusif des agriculteurs par le para-agricole». Sur le fond, l'éleveuse bretonne raille le projet du gouvernement d'inscrire un objectif de «souveraineté» dans le Code rural, qui «restera un principe» tant, selon elle, «nous nous en sommes, dans les faits, tellement éloignés».
Influenza: CIWF plaide pour une vaccination massive et une restructuation de l'élevage
L’association de défense du bien-être des animaux, CIWF, propose dans un rapport publié le 22 août un réforme profonde des méthodes d’élevage pour lutter contre l’épidémie d'Influenza aviaire. Sur la base d’études de cas menées au Canada, en Pologne, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, l’association soumet un plan d'action en trois points. Le premier: vacciner massivement les animaux. Seconde proposition: restructurer radicalement l'industrie avicole (troupeaux plus petits, densité d'élevage plus faibles, races plus robustes) et éviter les regroupements d'élevages pour réduire le risque d'émergence et de propagation de souches hautement pathogènes. La troisième recommandation est plus étonnante, il s’agit de changer les méthodes d’élevage des porcs. Ces animaux, souligne le rapport «peuvent être infectés par la grippe porcine, la grippe humaine et la grippe aviaire. Ils peuvent donc également servir de creuset pour créer de nouveaux virus porcins, aviaires et humains». CIWF a écrit au gouvernement français et à d'autres en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis pour leur demander de collaborer avec l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et la FAO afin de mettre en œuvre ce plan dans les plus brefs délais.
Secrétariat d'Etat à la Biodiversité: nouvelle directrice de cabinet chez Sara El Haïry
Marine Braud a été nommée directrice du cabinet de la Secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité Sarah El Haïry, selon un arrêté paru le 19 août au Journal officiel. Entrée en fonction le 9 août, elle était jusqu’à présent conseillère écologie au cabinet de la Première ministre Elisabeth Borne. Auparavant, Marine Braud était conseillère en charge de la convention citoyenne pour le climat et pilote de la stratégie de WWF France, selon sa page LinkedIn. Dans un message posté sur ce réseau social le 20 août, elle a réaffirmé la volonté de Sarah El Haïry de «mener le combat du siècle qui consiste à stopper puis inverser l'effondrement du vivant sur la décennie». «Nous aurons à cœur de finaliser la Stratégie nationale pour la biodiversité et de la déployer au plus vite afin que ses résultats concrets se matérialisent dans la vie quotidienne des Françaises et des Français, des entreprises et des collectivités», a-t-elle ajouté.