Agrafil du 24 décembre 2024

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Gouvernement: Genevard et Pannier-Runacher restent aux mêmes fonctions

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé, le 23 décembre, la composition de son gouvernement, au sein duquel Annie Genevard reste ministre de l'Agriculture, et Agnès Pannier-Runacher ministre de la Transition écologique. Changement notable dans ces deux périmètres: le dossier de la forêt passe du ministère de l'Agriculture à celui de la Transition écologique. Jusqu'alors députée Les Républicains du Doubs, Annie Genevard, occupe depuis le 19 septembre cette fonction, où elle avait remplacé Marc Fesneau. Depuis sa nomination, la ministre s'est efforcée de faire aboutir les promesses faites par le gouvernement Attal lors des manifestations de l'hiver dernier, et de gérer les crises sanitaires en élevages, et plus généralement les problèmes de trésorerie, notamment dans les filières viticoles et de grandes cultures, grâce à la mise en place de prêts garantis par l'Etat. Elle aura été interrompue, pour la partie fiscale, par la chute du gouvernement et le renvoi des débats budgétaires à début 2025. Outre les projet de loi de finances et financement de la sécurité sociale, plusieurs projets et proposition de lois agricoles devront être examinés début 2025 : la loi sur les Entraves, déposée par les sénateurs Duplomb (LR) et Ménonville (UDI) ; la loi sur la Démocratie agricole, de Nicole Le Peih (Renaissance), la loi d'orientation agricole (LOA), et la loi sur l'épandage par drone de Jean-Luc Fugit (Renaissance). La ministre avait également prévu de conduire des Assises du sanitaires en janvier, de pérenniser le Comité des solutions (pesticides), et d'élaborer un projet de loi Egalim 4 (relations commerciales) dans l'année.

Réserve «illégale» de Sainte-Soline: le délai de suspension du remplissage fait polémique

Le remplissage de la réserve d'irrigation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) a été suspendu trois jours après que la justice administrative l'eut déclarée «illégale», a annoncé le 23 décembre la coopérative d'agriculteurs qui porte le projet, en justifiant ce délai dénoncé par les opposants aux "mégabassines". «Le remplissage a bien été arrêté samedi, en concertation avec la préfecture», a précisé à l'AFP Thierry Boudaud, président de la Coop de l'eau 79. «Pour autant, on devance juridiquement» l'application de la décision, a-t-il ajouté. Selon la coopérative, l'arrêt rendu le 18 décembre par la cour administrative d'appel de Bordeaux, interdisant tout «nouveau remplissage» de la retenue d'eau, n'est en effet exécutoire qu'à compter de sa notification officielle, par courrier recommandé avec accusé de réception. Or, elle n'a encore rien reçu, selon M. Boudaud. Le remplissage s'est poursuivi jeudi et vendredi, avec l'ajout de quelque 23.000 mètres cubes, selon le relevé du système d'information sur l'eau du Marais Poitevin. Une situation dénoncée par le collectif d'opposants Bassines Non Merci (BNM). «Faut-il fermer les robinets nous-mêmes ?» avait-il lancé ce week-end dans un communiqué, sur fond de tensions locales. Des membres de BNM s'étaient rendus à Sainte-Soline le 18 décembre au soir et une échauffourée avait eu lieu avec des agriculteurs. Un militant de 26 ans a été interpellé ce lundi matin «pour des faits de violences» que la justice lui reproche d'avoir commis sur un gendarme, d'après le parquet de Niort. 

Elections chambres : le Modef a déposé des listes dans 17 départements (syndicat)

Le Modef a déposé des listes aux élections des chambres d'agriculture dans 17 départements*, contre 20 lors du précédent scrutin, a-t-on appris auprès du quatrième syndicat agricole. Le syndicat n'a pas réussi à remplir le premier de ses deux objectifs fixés fin 2022 par le nouveau secrétaire général du syndicat, Didier Gadéa, qui était de doubler le nombre de listes déposées pour le scrutin de 2024, et poursuivre ainsi le rebond engagé en 2019. Jusqu'à 2013, le Modef voyait le nombre de listes homogènes présentées reculer depuis les années 90 : 60 départements en 1976-79, 40 en 1995, 33 en 2001, 21 en 2007, 13 en 2013, selon le décompte du chercheur Serge Cordellier dans la revue Pour. Ce déclin avait été stoppé en 2019, avec 20 listes présentées. Le second objectif du Modef reste de doubler son score, environ 2% des voix aux dernières élections de 2019. En érosion quasi-constante depuis plusieurs décennies, le Modef pesait 18,8 % des voix en 1976-1979, jusqu’à descendre à 1,47 % en 2013. En 2019, le Modef avait réussi à stopper sa rétractation, en obtenant 2%. Pour rappel, son déclin avait commencé en 1983 lorsque son score avait chuté de moitié, à 8,8 %. *Aveyron, Hautes-Alpes, Charente, Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Gard, Gers, Hérault, Landes (liste d’union avec la Confédération Paysanne), Lot et Garonne, Lozère, Puy de Dôme, Vaucluse, Guyane, Guadeloupe et Mayotte. 

Agrivoltaïsme: le conseil départemental de Vendée s'y «oppose fermement», incertitude à la CDPenaf

Dans une motion votée à l’unanimité le 13 décembre dernier, le conseil départemental vendéen «s’oppose fermement à l’installation de projets agrivoltaïques en Vendée». La collectivité évoque plusieurs arguments pour justifier cette motion. Le premier d’entre eux est «la mise en difficulté des agriculteurs». En effet, les élus estiment qu’une baisse limitée à 10% du rendement sur les parcelles agricoles n’est pas tenable. Les problématiques de la spéculation sur le foncier, l’incompréhension des populations, le risque de non-démantèlement ou encore la fragilisation du déploiement de centrales sur les surfaces artificialisées sont également évoquées. Une position que goutte peu le syndicat majoritaire. Brice Guyau, président de la FDSEA de Vendée, évoque plusieurs dizaines de projets agrivoltaïques déposés ou en cours de dépôt pour le département: «Sur ces projets, le préfet suivra l’avis de la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPenaf), or le conseil départemental y siège. Cela va être compliqué d’avoir des avis positifs», estime-t-il. L’élu syndical regrette que la charte sur l’agrivoltaïsme, élaborée par la chambre d’agriculture régionale n’ait pas été prise en compte par le conseil départemental. (Tanguy Dhelin)