Guerre en Ukraine: les Vingt-sept s'engagent à réduire leur demande de gaz de 15%
Pour anticiper toute interruption brutale dans l’approvisionnement en gaz russe dans le contexte de la guerre en Ukraine, les États membres ont réussi – malgré la réticence de certains pays (Espagne, Grèce) – à trouver le 26 juillet un accord politique pour réduire sur une base volontaire leur demande de gaz de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023. Une baisse qui s'entend par rapport à leur consommation moyenne des cinq dernières années. La Commission européenne avait soumis cette proposition de règlement il y a seulement une semaine. Le texte qui reconnaît le secteur agroalimentaire comme prioritaire prévoit également en cas de grave pénurie une réduction obligatoire de la demande de gaz. Toutefois, les Vingt-sept ont précisé certaines exemptions et possibilités de demander une dérogation à l’objectif de réduction obligatoire afin de tenir compte de leurs situations particulières. Concernant les mesures volontaires, les États membres ont convenu qu'ils devaient donner la priorité à celles qui n'affectent pas les ménages, ou encore les soins de santé et la défense. Ils encouragent notamment l’utilisation d’énergies renouvelables ou encore la mise en place de systèmes d’enchères ou d’appels d’offres. Le texte s’appliquera pendant un an et Bruxelles procédera d’ici mai 2023 à un réexamen pour envisager sa prolongation au regard de l'approvisionnement en gaz de l'UE. Le règlement sera formellement adopté dans les jours à venir par une procédure écrite, précise le Conseil de l’UE.
Influenza: la nouvelle feuille de route présentée vendredi 29 juillet (gouvernement)
Le ministre de l’Agriculture présentera la nouvelle feuille de route sur l’influenza aviaire le 29 juillet, a-t-il annoncé le 26 juillet en répondant à une question de la députée Stella Dupont (Renaissance, Maine-et-Loire). Comme attendu, ce plan portera notamment sur les «outils de prévention et de détection précoce du virus», «l’amélioration (…) des pratiques en termes de biosécurité», ainsi qu’«une meilleure gestion de crise», a confirmé Marc Fesneau, La nouvelle feuille de route comportera bien un volet sur l’accouvage visant à «mieux répartir» les élevages pour les protéger de l’influenza. Par ailleurs, le ministre a précisé les enveloppes des indemnisations en cours et à venir pour cet épisode 2021-2022. L'enveloppe globale prévisionnelle du ministère de l'Agriculture prévoit 760 M€ «et à ce jour 459 M€ sont déjà engagés ou en passe de l'être», a précisé la Rue de Varenne à l'AFP. Pour le volet sanitaire (foyers et dépeuplements préventifs), «200 M€ sont prévus dans le PLFR (projet de loi de finances rectificative, NDLR) en cours d’examen»; le besoin sera «affiné en cours de route». Concernant les aides économiques (pertes liées aux vides sanitaires), une enveloppe de 86 M€ d’avances est prévue pour les éleveurs du grand Ouest, ainsi que 25 M€ d’avances remboursables pour les entreprises de l’aval. Le dispositif pour l’accouvage (120 M€) sera ouvert «d’ici la fin de l’été», pour des paiements «fin d’automne».
PLFR: les députés créent l’aide de rentrée, renforcent l’aide alimentaire en outre-mer
L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, dans la nuit du 25 au 26 juillet, l’article 6 du projet de loi de finances rectificative (PLFR 2022) qui crée l’aide exceptionnelle de rentrée annoncée le 7 juin par Élisabeth Borne. Les députés ont donné leur feu vert pour abonder de 1,417 milliard d’euros le programme n°304 sur l’inclusion sociale et la protection des personnes, au titre de la mission Solidarité du budget de l’État. Cette rallonge budgétaire permettra notamment de financer l’indemnité exceptionnelle de rentrée à hauteur «d’un milliard d’euros». L’aide exceptionnelle s’élèvera à 100 euros par foyer, augmentée de 50 euros par enfant. Elle devrait bénéficier à près de 8 millions de foyers (environ 15 millions de personnes), selon le projet de loi. Dans le cadre de cette aide, les députés ont adopté un amendement (n°377) octroyant 20 000 euros au territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon. Par ailleurs, l’Assemblée a adopté trois amendements identiques (n°1073) attribuant 15 millions d’euros aux DROM pour «renforcer les aides alimentaires en outre-mer».
Blé: la récolte «déçoit au sud et rassure au nord» (Agritel)
La récolte de blé tendre «déçoit au sud et rassure au nord», a indiqué le 26 juillet la société de conseil Agritel, donnant une estimation de 33,44 Mt (contre 32,9 Mt prévu par le ministère au 1er juillet) en baisse de 2 Mt par rapport à 2021. «Un gradient allant du sud vers le nord se dessine» en termes de rendements du blé tendre, selon le directeur général Michel Portier, cité dans un communiqué. Ils «déçoivent fortement» au sud de la Loire. Tandis qu’au nord de la Loire, «le printemps sec laissait craindre le pire, mais les pluies tardives du mois de juin ont sauvé la situation.» Agritel table sur 71,1 q/ha en moyenne nationale, un rendement inférieur de 0,9% à la moyenne sur dix ans. Le gel, la sècheresse, la grêle, ainsi que de fortes températures, ont touché le territoire à des degrés divers. Résultat: «Une très grande hétérogénéité de rendements est enregistrée au sein même des exploitations selon les types de sols, les précédents [culturaux] et les variétés», d’après le communiqué. Mis à part quelques zones précoces affectées par les pluies de juin, les critères qualitatifs sont bons dans l’ensemble, indique Agritel. «Seuls les taux de protéines sont parfois un peu faibles au nord de la Loire.»
Argentine: les ventes de soja au point mort à cause de la crise monétaire
Face à la dégringolade du peso argentin sur le marché des changes (il a perdu le tiers de sa valeur depuis le début du mois), le rythme des ventes des fèves de soja issues de la dernière récolte, en Argentine, s’est ralenti presque au point mort. Leurs propriétaires gardent les grains dans leurs silos-sacs, ou diffèrent l’encaissement de leur vente, car ils conservent leur valeur, tandis que celle de leur monnaie s’écroule dans un contexte d’hyper-inflation (de l’ordre de 5% par mois). Le prix du protéagineux qu'ils perçoivent, déjà ponctionné d’une taxe de 35% à l’export, est calculé en fonction du taux de change officiel, très défavorable pour eux. «Quand le cours du soja physique, à Rosario, est de 48 000 pesos, cette somme vaut officiellement 374 $US, alors qu’en réalité, cela n’en vaut que 160 $US», explique Eugenio Debary, producteur de soja à Venado Tuerto. Le 22 juillet, le président de la République Alberto Fernández a accusé les producteurs de soja d’être les responsables de la crise monétaire: «Il y a 20 milliards de dollars qui dorment dans nos campagnes et ceci à cause de spéculateurs alors que le pays en a besoin», a-t-il déclaré. (Marc-Henry André)
Lait: Sodiaal affiche un résultat en hausse en 2021, malgré des marchés peu favorables
D’après le rapport annuel de Sodiaal, le résultat courant de la coopérative a progressé de près de 9 M€ en 2021, pour atteindre 10,1 M€ (contre 1,3 M€ en 2020), avec une revalorisation du prix du lait de 15 €/1000 l sur l’exercice. «Ce résultat est obtenu dans un contexte de sortie progressive de la crise Covid à laquelle sont venus se substituer des effets d’inflation sur le deuxième trimestre», explique la coop’. Le rapport souligne la «très bonne dynamique de la performance opérationnelle sur l’ensemble des métiers de la coopérative». Racheté en novembre, Yoplait vient contribuer au résultat courant à hauteur de 4 M€. Sodiaal affiche un chiffre d’affaires de 4,7 Md€, contre 4,8 Md€ en 2020. Une baisse liée à une diminution de la collecte et à une variation du périmètre des comptes. L’Ebitda est, lui, de 132,1 M€, contre 121,5 M€ en 2020. Sur le marché intérieur, les ventes des produits laitiers ont baissé en grande distribution. La coop’ note «un redressement partiel» des marchés en restauration hors domicile (RHD), mais la demande reste en dessous du niveau de 2019. À l’export, les activités Nutrition et Ingrédients ont été «sévèrement impactées» par la baisse de la demande au Moyen-Orient, avec les répercussions de la crise Covid, et en Chine, où la natalité décline.
Volailles de chair: le poulet du Bourbonnais décroche l’AOP
Un arrêté paru au Journal officiel le 26 juillet homologue le cahier des charges de l’appellation d’origine protégée (AOP) «poulet du Bourbonnais». Il s’agit de la deuxième AOP en volailles, celles de Bresse ayant obtenu l’appellation en 1957. Issu principalement des bocages de l’Allier, le poulet du Bourbonnais est élevé dans des «petits poulaillers en bois sur plancher», indique le site web des volailles fermières d’Auvergne. Chaque bâtiment héberge au maximum 500 animaux (contre 4 400 pour le poulet fermier d’Auvergne), avec un «parcours herbeux ombragé de 3000 m2 minimum». Son alimentation est «riche en céréales locales» (à 70% issues de l’aire d’appellation), et il bénéficie d’un «engraissement au lait» durant ses deux à trois dernières semaines. Il est abattu à 101 jours (contre 81 jours en Label rouge et une quarantaine de jours en poulet standard). Les démarches pour l’obtention de l’AOP «poulet du Bourbonnais» avaient démarré il y a 25 ans. Son histoire est étroitement liée à celle du métayage, très répandu dans l’Allier à la fin du 19e siècle: alors que les produits de l’exploitation devaient être partagés à parts égales entre le bailleur et le métayer, le poulet était exempté de cette règle.
Produits laitiers: Lactalis rachète le spécialiste italien du fromage Ambrosi
Les actionnaires du spécialiste italien du fromage Ambrosi ont accepté l’offre de rachat proposée par le groupe Lactalis, informe un communiqué du groupe Emmi du 25 juillet. Ce groupe suisse spécialisé dans les produits laitiers haut de gamme annonce vendre sa participation de 25% dans Ambrosi SpA au géant français dans le cadre de cette offre de rachat, consentie par les actionnaires majoritaires. L’italien Ambrosi fabrique principalement du parmigiano reggiano, du grana padano, du gorgonzola et de la mozzarella. D’après son site internet, Ambrosi possède quatre usines en Italie et des filiales en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 418 M€ en 2021.
Cabinet de Marc Fesneau: départ du conseiller Pac Sylvain Maestracci
D’après un arrêté paru au Journal officiel le 26 juillet, Sylvain Maestracci quittera le 29 juillet le cabinet du ministre de l’Agriculture, où il occupe le poste de conseiller Pac, affaires européennes et internationales. D’après nos informations, M. Maestracci devrait devenir le délégué pour les affaires agricoles de la France à la représentation permanente de Bruxelles, où il remplacera Virginie Jorissen. D’après sa page LinkedIn, il était arrivé au cabinet du ministre en septembre 2020. Auparavant, ce diplômé de Polytechnique et de l’Engref (génie rural, eaux et forêts) avait exercé de nombreuses fonctions au ministère de l’Économie (2003-2007), à celui de l’Agriculture (2007-2017), puis à l’ambassade de France aux États-Unis (2017-2020).