Agrafil du 26 juillet 2024

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Plan agriculture méditerranéenne: le ministère fixe le périmètre, la FNSEA «insatisfaite»

Au lendemain d’une réunion sur le «plan de soutien à l’agriculture méditerranéenne», la profession agricole semble avoir trouvé réponse à certaines de ses questions, souligne Jérôme Despey, premier vice-président de la FNSEA, à Agra presse le 25 juillet. En matière de périmètre, ont été retenus les départements de la Provence Alpes Côte d’Azur (exception faite des Hautes-Alpes) et de l’Occitanie (exception faite de l’Ariège, de l’Aveyron, des Hautes-Pyrénées, du Lot et de la Lozère) ; auxquels s’ajoutent la Corse, la Drôme et le Lot-et-Garonne. Face à l’exclusion de certains départements, M. Despey témoigne de son «insatisfaction» et demande de la souplesse ; aux yeux du vice-président de la FNSEA, il s’agit «de partir d’une démarche projets, plutôt que d’une démarche territoire». Annoncé en avril par le Premier ministre, le plan «agriculture climat Méditerranée» est entré en phase de concertation mi-juillet avec l’ensemble des acteurs concernés de tous les acteurs concernés. Afin d’accompagner les agriculteurs dans les territoires concernés par les effets du dérèglement du climat méditerranéen, une première enveloppe de 50 M€ permettra de financer des projets labellisés en «aires agricoles de résilience climatiques» (AARC). D’ici fin octobre, vingt projets devraient être labellisés et cinquante au début de l’année 2025.

Suicides : la mortalité reste à la hausse chez les exploitants (MSA)

Le rapport Charges et produits de la MSA pour 2025 confirme la tendance à la hausse du sur-risque du phénomène suicidaire au régime agricole. Comme souligné l'an passé sur la période 2017-2020, la MSA constate à nouveau «l’accroissement» du sur-risque de mortalité par suicide par rapport à l’ensemble des autres régimes, cette fois-ci sur la période 2018-2021. En 2021, le sur-risque était de 73% chez les plus de 65 ans (contre 83,1% sur 2020) et de 60% chez les 15-64 ans (30% en 2020). Ces données proviennent d’une approche complémentaire de classification qui a permis d’identifier les groupes particulièrement exposés. Pour la MSA, «ces observations témoignent d’un profond mal-être au sein de la population agricole soumise à certains facteurs aggravants» : troubles mentaux, âge, sexe, lieu de résidence, présence de pathologie mais aussi, selon de récentes études, les aspects socio-économiques (endettement, contraintes administratives, sentiment de dénigrement…). Par ailleurs, le nombre de tentatives de suicide suivie d’hospitalisation reste globalement stable sur la période 2018-2022 (comme sur la période 2017-2021): en moyenne, 2 415 personnes tentent de se suicider au moins une fois dans l’année, soit près de 9 assurés agricoles sur 10 000 "consommants" de soins.

Nitrates: Bruxelles attaque la France pour la pollution de son eau potable

La Commission européenne a annoncé, le 25 juillet, sa décision de saisir la Cour de Justice de l’UE d’un recours contre la France pour non-respect de la concentration maximale de nitrates fixée dans la directive Eau potable. «Sur une longue période, la concentration maximale de nitrates a été dépassée» dans l’eau potable fournie à une partie de la population, constate Bruxelles. Ce sont quelque 107 zones de distribution d’eau qui sont concernées dans sept régions: Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Île-de-France, Occitanie et Pays de la Loire. La Commission européenne avait adressé une lettre de mise en demeure à la France en octobre 2020 puis un avis motivé en février 2023. Elle considère que les efforts déployés jusqu’à présent par les autorités françaises sont insuffisants pour répondre pleinement aux griefs qui lui sont faits.

Vin : Bruxelles prolonge les autorisations de plantation et de replantation jusqu’en 2025

La Commission européenne a annoncé le 25 juillet, la prolongation pour une année supplémentaire des autorisations de plantation et de replantation expirant en 2024 dans les régions touchées par la sécheresse ou les pluies excessives. Cette prolongation sera valable à partir de leur date d’expiration actuelle. Bruxelles précise que cette concernera notamment l’Espagne et le sud de l’Italie qui souffrent d’une sécheresse persistante mais également le nord de l’Italie et la France qui sont touchés par des pluies excessives et continues. L’exécutif européen justifie cette décision par le fait que ces événements météorologiques exceptionnelles ont empêché les viticulteurs d’effectuer en hiver ou au printemps certaines opérations à temps nécessaires pour planter des vignes, comme la préparation du sol, et qu’ils risquent, par conséquent, de perdre leurs autorisations, qui expiraient bientôt, alors que le secteur viticole souffre déjà de conditions de marché défavorables.

Moisson 2024: FNSEA et JA demandent «des mesures exceptionnelles de trésorerie»

Réagissant à la mauvaise récolte attendue en céréales cette année, la FNSEA et les JA demandent «des mesures exceptionnelles de trésorerie» pour aider les agriculteurs «à passer ce cap difficile». Les deux syndicats demandent également au gouvernement d'actionner «les leviers existants au plus vite». Et de citer les procédures de reconnaissance en calamités agricoles, en catastrophes naturelles, les zones bénéficiant de l’indemnité de solidarité nationale (ISN) et l'automatisation des dégrèvements de taxe sur le foncier non-bâtis. Le syndicalisme majoritaire demande par ailleurs que les assureurs «soient particulièrement réactifs quant aux sollicitations des assurés mais aussi des agriculteurs qui les ont choisis comme interlocuteurs agréés chargés d’instruire et verser l'ISN pour le compte de l’Etat». FNSEA et JA se sont enfin dit «entièrement mobilisés pour identifier les victimes, recenser les pertes et faciliter la mise en œuvre des moyens pour accompagner et soutenir les agriculteurs». La veille, la Coordination rurale avait demandé, dans un communiqué, «un plan de sauvetage des exploitations céréalières».

Protéagineux: la Fop s'attend à des rendements décevants en pois d'hiver

La récolte du pois d’hiver s'annonce mauvaise cette année, en raison des conditions climatiques avec une forte chaleur et des pluies qui ont perturbé les semis. «Dans la grande région Nord, les territoires situés au nord de la Loire, 60% des surfaces ne sont pas récoltables, précise la Fop (producteurs d'oléo-protéagineux, FNSEA), interrogé par Agra. Il y a également de gros dégâts dans l’Ouest. Les premiers retours de rendements sont jugés décevants.» La Fop ne possède pas encore de chiffres consolidés. De son côté, le ministère de l'Agriculture (Agreste) a donné, en juillet, ses estimations pour l’ensemble des pois protéagineux, pois d’hiver et de printemps inclus. Avec 383 000 tonnes, la production est annoncée en baisse de 21% par rapport à 2023 (-26% par rapport à la moyenne 2019-2023). Les rendements n'atteindraient que 29,9 q/ha contre 32 pour la dernière campagne. Face au risque d’arrêt de la production, la Fop promet, dans un communiqué le 24 juillet, de s'investir dans la R&D afin de créer des variétés de pois plus résistantes: «Il faut accélérer le progrès génétique et mobiliser les entreprises semencières», exhorte le syndicat. De son côté, l’institut technique Terres Inovia va publier prochainement une analyse de la campagne de pois 2023-2024 pour faire un état des lieux des pratiques agronomiques.

Assurance prairies: un dispositif «inopérant» en cas de fortes pluies et de grêle

Dans un communiqué du 25 juillet, les associations spécialisées (AS) animales de la FNSEA (FNB, FNPL, FNO, FNEC) déclarent que le dispositif de gestion des risques climatiques pour les prairies (indice de production d’herbe calculé sur des photos satellites) est «inopérant» sur la détection des pertes liées aux aléas climatiques rencontrés par les éleveurs cette année: excès de pluviométrie, orages, grêle… «Avec le satellite, on ne voit pas ces aléas», souligne le directeur de la FNPL (lait), Benjamin Guillaumé. «Nous avons beaucoup de remontées d’éleveurs qui nous disent que leur assureur ne va pas prendre en compte leurs pertes parce que l’indice ne les montrent pas», rapporte-t-il. En 2022 et en 2023, les limites de l’indice en cas de sécheresse avaient également été pointées. Les AS dénoncent les «engagements non tenus» du ministre de l’Agriculture démissionnaire Marc Fesneau qui s’était engagé au printemps à revoir le décret encadrant les possibilités de recours contre l’indice et à développer le réseau de «fermes de référence» dans le cadre de l’Observatoire national de la pousse de l’herbe, en incluant 200 fermes supplémentaires. Ces deux dossiers sont «en suspens», indique Benjamin Guillaumé. «Il faut que la puissance publique permette des recours avec des expertises de terrain, comme cela existe en céréales, en viticulture et en arboriculture», affirme le président de la FNB (viande bovine), Patrick Bénézit.

Aide au maraîchage: la Conf' relance le gouvernement pour davantage d'«ambition»

Réagissant à la publication du nombre d'exploitations bénéficiaires de l'aide au petit maraîchage, nouvellement créée pour la programmation 2022-2027, la Confédération paysanne redemande un dispositif plus «ambitieux» pour la campagne Pac 2025. L'administration a recensé 2473 exploitations bénéficiaires (pacage), pour un montant total de 5,9 millions d'euros, alors que l'enveloppe allouée était de 10 millions d'euros. Pour en bénéficier, il faut exploiter au minimum 0,5 ha de légumes frais (hors pommes de terre primeur) ou de petits fruits rouges, et une surface agricole utile inférieure ou égale à 3 ha. La Conf' demande d'ouvrir le dispositif aux exploitations de plus de 3 hectares, en leur attribuant une aide sur les trois premiers hectares, au même montant de 1600 euros/ha ; et d'étendre le dispositif aux productions arboricoles. Enfin elle demande que le ministère «augmente le budget» dédié à cette aide «pour un soutien ambitieux à la filière fruits et légumes». À l'occasion d'une réunion le 16 juillet, le ministère de l'Agriculture a résumé les principaux arbitrages pris ces dernières semaines (retournement de prairies, agriculteur actif) en vue d'envoyer une proposition de modification de la déclinaison française de la Pac (PSN) pour la campagne 2024, qui démarre cet automne. Il a ensuite pris rendez-vous dès la rentrée avec les syndicats pour préparer la campagne 2025.

Lait/fruits: la croissance de Bel tirée par les volumes et non plus par les prix

Après plusieurs exercices dopés par l'augmentation des prix de vente, le spécialiste des fromages et compotes en portion Bel (Babybel, Vache qui rit, Boursin, Materne) s'est félicité le 25 juillet de sa performance «très saine» au premier semestre, «tirée exclusivement» par les volumes. Pendant les six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a augmenté de 2,3% à 1,8 milliard d'euros, selon un communiqué du groupe. La croissance des volumes au premier semestre s'accompagne d'un net redressement de la rentabilité, avec une marge opérationnelle courante passée en un an de 6,4% à 8,5%. Le groupe a aussi pu davantage mettre en avant, par de la publicité ou des promotions, ses «marques les plus rentables», a-t-il expliqué, en citant Boursin, les mini Babybel ou encore les fromages commercialisés en Chine. A contre-courant, le bénéfice net s'est replié de 3,6%, à 51,2 millions d'euros. M. Médard attribue ce recul à des «ajustements comptables de nature exceptionnelle», associés au retrait de la cotation en Bourse du groupe, «sans impact sur la trésorerie». Pour le reste de l'exercice, le dirigeant s'attend à la «poursuite d'un développement solide des ventes» et à «un petit rebond d'inflation» fin 2024, qui pourrait amener le groupe à «augmenter (ses) prix si jamais ça devait se concrétiser».

Prix alimentaires : la déflation se confirme au mois de juillet (Circana)

Les prix des produits de grande consommation ont baissé de 0,9% sur le mois de juillet, selon les estimations de Circana (panéliste), confirmant la déflation observée en juin (-0,4%). Dans le détail, la baisse est de 0,2% pour les produits d’épicerie et de 1,4% pour les produits frais et surgelés. Cependant, dans la catégorie «liquides», les prix restent haussiers (0,2%). La baisse des prix est plus forte pour les produits non alimentaires : -2,7% pour les produits d’entretien et d’hygiène. En moyenne, ce sont les prix des produits de marques nationales qui sont les plus en recul. Chez les marques de distributeur, les produits d’épicerie continuent d’augmenter de 0,6%. Malgré la disparition de l’inflation au premier semestre 2024, les chiffres de consommation sur cette période, publiés par Circana, montrent que les achats de produits de grande consommation restent «significativement baissiers» et «les Français ne remontent pas en gamme», a expliqué Emily Mayer, directrice Business Insights à Circana, sur son compte Linked’In. Tous les grands rayons perdent des volumes au cours du semestre, mais «le frais libre-service [tiré par la crèmerie NDLR] et l’épicerie s’en sortent tout de même mieux».

Grèce: enquête sur des moutons «enterrés vivants» pour lutter contre la PPR

Le gouverneur de la Thessalie, dans le centre de la Grèce, a demandé le 25 juillet une enquête sur des moutons qui auraient été  «enterrés vivants» à la suite de l'apparition de la peste ovine et caprine dans la région. «J'ai déposé un recours devant le parquet après avoir reçu une plainte selon laquelle des animaux vivants ont été enterrés, ce qui est un sujet très sérieux et mérite une enquête approfondie», a déclaré aux médias Dimitris Kouretas, gouverneur de la Thessalie. Il a également annoncé le remplacement d'un superviseur vétérinaire de sa région et demandé une enquête administrative et disciplinaire. Depuis deux semaines, les autorités locales et le ministère de l'Agriculture tentent de contenir un foyer de peste ovine et caprine près de Trikala et de Kalabaka, villes de Thessalie. Connue sous le nom de peste des petits ruminants (PPR), cette maladie est très contagieuse pour les ovins et les caprins, mais n'affecte pas l'homme. La viande et le lait pasteurisé peuvent également être consommés sans danger, selon les autorités.