Eau : trois scénarios violents sur le sol français imaginés pour le ministère des Armées
Dans un rapport sur les enjeux sécuritaires du stress hydrique en Europe du Sud remis en novembre 2024 au ministère des Armées, l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) a élaboré trois « scénarios de prospective », véritables récits d’anticipation catastrophe sur les sol française: des affrontements entre agriculteurs et forces de l'ordre en 2035 sur fond de conflits d'usage, faisant six morts et 650 blessés ; une pénurie d'eau potable en 2046 dans le Bordelais, sur fond d'orages violents et de sécheresse ; et l'instrumentalisation d'une crise hydrique en Corse par la Russie et l’Azerbaïdjan en 2045. Dans le premier scénario, les auteurs imaginent « l'affrontement le plus violent du XXIe siècle en France », détaillant l’escalade des tensions : développement des bassines pour alimenter « les grosses exploitations », multiplication des arrêtés préfectoraux pour restreindre les usages notamment agricoles, exemptant les grandes exploitations connectées aux bassines, « l’eau étant déjà stockée, donc considérée comme disponible ». Manifestations, désobéissance civile en Nouvelle-Aquitaine et dans le Puy-de-Dôme... En juillet, des agriculteurs locaux, rejoints par des écologistes et « des groupes d’extrême-gauche », exigent « une redistribution équitable de l’eau ». De leur côté, les agriculteurs bénéficiaires des bassines, « soutenus par des groupuscules d’extrême-droite », « s’arment et entrent en confrontation directe avec des activistes ».
Eau : la sécurité alimentaire de l'UE « menacée », indique l'Iris au ministère des Armées
L’observatoire « Défense et climat », piloté par l’Iris pour le ministère des Armées, a publié un rapport sur les enjeux sécuritaires du stress hydrique en Europe du Sud, fin 2024, qui évoque notamment l’agriculture. « Avec la multiplication des épisodes extrêmes due aux changements climatiques, écrivent les auteurs, les pertes agricoles risquent d'augmenter, menaçant la sécurité alimentaire européenne. » Ils soulignent que « les pertes de récoltes liées aux épisodes de canicule et de sécheresse ont triplé depuis 50 ans dans l’UE » et que sécheresses et vagues de chaleur « ont entraîné des conséquences plus importantes sur la période 1991-2015 que sur 1964-1990 pour les différents types de cultures étudiés » - les plus touchées étant « les céréales, qui ont besoin de beaucoup plus d’eau que les légumes ou les fruits, et qui occupent près de 65 % de la surface agricole cultivée en Europe, principalement à destination de l’alimentation animale ». En 2022, le nord de l’Italie a subi « la plus grande sécheresse depuis 70 ans », « menaçant plus de 30 % de la production agricole nationale et la moitié des élevages dans la plaine du Pô », avec « des dommages de plus de 2 Md€ ». Au niveau mondial, les rendements agricoles du maïs « pourraient diminuer de 24 % d’ici 2100 en raison des changements climatiques » (voir notre dossier).
Gestion de l'eau: un canal entre la Dordogne et la Charente à l'étude
L’agence de l’eau Adour-Garonne et trois départements (Charente, Charente-Maritime, Corrèze) ont diligenté une étude sur les «solutions de ruptures» possibles, révélée par le journal La Tribune. Elle doit être communiquée aux élus d’ici l’été, selon ses commanditaires. «L’idée, c’est de ne pas s’interdire de réfléchir» et «d’étudier tous les scénarios, même les plus fous», résume auprès de l’AFP Pascal Coste, président (Les Républicains) de la Corrèze, qui prône la «solidarité» entre départements et une approche «visionnaire». Les pistes retenues envisagent de prélever, en hiver, des millions de mètres cubes d’eau sur la Dordogne, et de les canaliser à travers le plateau de Millevaches jusqu’à la Vienne, puis de la Vienne à la Charente pour la recharger l’été. Selon leurs promoteurs, de tels travaux coûteraient «entre 300 et 600 millions d’euros», avec «dix à quinze ans» de chantier une fois un consensus politique trouvé. Des précédents existent en France: canal de Provence, canal de la Neste (Hautes-Pyrénées) ou encore projet Aqua Domitia, du Rhône vers le Languedoc-Roussillon. Alain Rousset, président (Parti socialiste) de la région Nouvelle-Aquitaine, estime qu’un transfert d’eau «artificiel» solderait «l’échec de ce qu’on aura entrepris en Charente». Et redoute la réaction des associations environnementales si le projet, actuellement «en phase d’étude», se concrétise.
Reliquats d'aides bio: vers une redirection de 50 M€ en faveur des aides à l'investissement
À l'occasion d'une rencontre avec Régions de France il y a une dizaine de jours, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a promis qu'une somme de 50 millions d'euros serait redirigée vers les aides à l'investissement, en provenance de l'enveloppe non consommée des aides à la conversion en bio sur les années 2023 et 2024, indique une source proche du dossier, confirmant une information de Contexte. «On est en train d'y travailler, rien d'officiel à ce stade», répond la ministre, interrogée par Agra Presse. L'enveloppe en jeu serait bien d'environ 250 millions d'euros, dont une partie serait utilisée pour revaloriser l'écorégime bio, comme demandé par la Fnab (agriculteurs bio), qui attend que le secteur bio soit «priorisé» sur l'intégralité des reliquats, et que les travaux soient étendus aux années suivantes de la programmation. De son côté, la FNSEA demande que ces reliquats soient transférés vers l'aide à l'investissement, mais aussi les MAEC, et a bon espoir d'être entendu. Un rendez-vous de présentation de l'arbitrage est attendu courant mai, sans date connue à ce stade. Le ministère de l'Agriculture a fixé l'échéance du 31 mai aux régions pour le remaquettage de la programmation du Feader (second pilier), dont elles ne gèrent plus que les aides non-surfaciques depuis 2023. Ce qui n'exclut pas qu'une autre modification du PSN soit opérée cette année, d'ici l'été, indiquent des professionnels.
Reliquats d'aide bio : les régions ne pourront pas continuer leur aide au maintien en 2025
Faute de réponse de la Commission européenne jusqu'ici, et face à un agenda serré, les régions ne pourront pas utiliser les reliquats d'aides Feader de la programmation 2014-2022 pour verser à nouveau une aide au maintien en agriculture biologique (Mab) sur l'année 2025, indique-t-on chez Régions de France. Le président de la commission agriculture de Régions de France, Loïg Chesnais-Girard avait fait cette demande dans un courrier adressé le 6 mars au commissaire européen à l'Agriculture. Or Christophe Hansen n'a toujours pas répondu, et l'Agence de services et de paiement (ASP) demande que les aides versées au titre de la programmation 2014-2022 lui soient communiquées au plus tard au 30 juin. Dépossédées d'aides surfaciques du second pilier (bio, Maec) sur la programmation actuelle, certains régions avaient continué de verser des aides au maintien en bio jusqu'en 2024 au titre de la précédente programmation, alors que l'Etat avait de son côté arrêté de les co-financer depuis 2017. En vertu du règlement Restore, adopté en décembre, les régions peuvent utiliser les reliquats 2014-2022 du second pilier pour aider des agriculteurs touchés par des catastrophes naturelles ou des crises sanitaires. Dix régions étaient intéressées pour utiliser ces fonds pour mettre en place une dernière année d'aide au maintien à l'agriculture biologique (Mab).
Biocontrôle: rebond des ventes sur le marché français en 2024 (fabricants)
Après une mauvaise passe en 2022 et 2023, le marché français des produits de biocontrôle (agriculture, jardins, espaces verts) est reparti à la hausse en 2024, pour atteindre 308 millions d'euros, rapportent les fabricants d'Alliance Biocontrôle dans un communiqué paru le 28 avril. En valeur relative, le biocontrôle retrouve, avec 12% du marché de la protection des plantes, une importance similaire à ce qu'elle était en 2020 (12%) et 2021 (13%), après deux années en retrait (10% en 2022, 9% en 2023). Pour Alliance Biocontrôle, la baisse des ventes de 2023 était due «en partie aux déstockages importants des distributeurs». Plus généralement, le secteur est affecté par les déboires de la bio et la baisse des prix des produits phytosanitaires (voir notre enquête). L'année 2024 avait été marquée par des précipitations importantes, moins propices à l'usage de biocontrôle, dont la rémanence est plus courte que celle des pesticides conventionnels, mais très propices au développement des limaces et maladies. Or, le taux de pénétration du biocontrôle reste très variable selon les cibles: 35% pour les molluscicides, 31% pour les insecticides, 17% en fongicides, et seulement 3% en herbicides.
Pesticides : les autorisations du sulfoxaflor, du flutolanil et une vingtaine d’autres molécules prolongées
La Commission européenne a publié le 24 avril un règlement d’exécution prolongeant de plusieurs mois à titre dérogatoire l’autorisation de plus d’une vingtaine de substances actives, faute de finalisation de leur évaluation des risques ou du fait de l’absence de compromis entre les États membres sur leur interdiction. C’est notamment le cas du fongicide flutolanil, un pesticide PFAS émetteur de TFA, un polluant éternel sur lequel les experts nationaux n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord en mars alors que Bruxelles proposait de ne pas renouveler son autorisation. Sa période d’autorisation a été prolongée de 12 mois. Parmi les autres molécules qui voient leur autorisation prolongée figurent: la bentazone, le bixafen, le fluxapyroxad, 1,4-diméthylnaphthalène mais aussi le néonicotinoïde sulfoxaflor.
Acétamipride/PPL Entraves: les apiculteurs manifestent à Toulouse et Bordeaux
Plusieurs dizaines d’apiculteurs ont manifesté à Toulouse et Bordeaux, le 27 avril, contre la possibilité de ré-autoriser les insecticides néonicotinoïdes prévue par la PPL Entraves du sénateur Duplomb, rapporte l’AFP le même jour. Une trentaine d’entre eux, en combinaison blanche, ont défilé au marché Saint-Aubin du centre de la Ville rose, en criant « Duplomb, ta loi a du plomb dans l’aile ! » A Bordeaux, une cinquantaine d’apiculteurs s’est rassemblée place de la Bourse, s’inquiétant des effets des nénonicotinoïdes sur les pollinisateurs en général et sur l’environnement. « Ce serait une catastrophe de réintroduire ces produits, évidemment pour l'abeille, mais pour les pollinisateurs sauvages également, et puis au sens large pour la santé, pour la qualité de l'eau", a déclaré Pierre Verger, président du syndicat apicole de Gironde (SAG). La PPL Entraves prévoit de ré-autoriser en France, par dérogation et sous certaines conditions, les néonicotinoïdes autorisés ailleurs en Europe. Cela concerne spécifiquement l’acétamipride, seul néonicotinoïde encore approuvé à niveau communautaire, jusqu’en 2033. Votée au Sénat le 27 janvier, la PPL sera examinée à l’Assemblée le 6 mai en commission du développement durable.
Ministère de l'Agriculture : le gouvernement annule 140 M€ de crédits, effets non précisés
Le gouvernement a acté le 28 avril dans le Journal officiel des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards - dont 140 millions pour l'agriculture - dans le cadre de l’effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour 2025 déjà annoncé par Bercy début avril. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin avait expliqué alors que ces 5 milliards d’euros devaient permettre de tenir les objectifs de déficit public pour cette année dans un contexte de croissance moindre. «Ces 5 milliards d’euros que nous allons soit annuler, soit repousser, soit réorienter, c’est notre réponse à un monde instable», avait-elle déclaré. Une partie de cette somme s’est concrétisée à travers le décret publié au Journal officiel. «Cet effort porte essentiellement sur les crédits hors masse salariale mis en réserve en début d’année», est-il précisé, «ces annulations ne devraient ainsi pas remettre en cause de façon significative la capacité d’exécution des politiques publiques, selon les termes convenus dans la loi de finances initiale pour 2025». Parmi les annulations de crédits, la mission "agriculture, alimentation et affaires rurales" (140 millions d’euros).
Feuille de route énergétique : Bayrou ménage le RN en décalant un décret
François Bayrou a fait un geste en direction notamment du Rassemblement national le 28 avril, en disant souhaiter qu'un décret définissant la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années soit publié « d'ici à la fin de l'été », après l'examen d'une proposition de loi (PPL) sur le sujet. En jeu : la nouvelle feuille de route énergétique pour 2025-2035, qui doit guider le pays vers la neutralité carbone en 2050. Cette programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) doit faire l'objet d'un décret. Mais pour le RN, qui a laissé planer une menace de censure sur le sujet, et pour des parlementaires de droite et du centre, pas question de laisser passer ces orientations sans vote des parlementaires. Face aux levées de boucliers, l'exécutif a proposé d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée une PPL du sénateur Daniel Gremillet sur la programmation énergétique. Celle-ci a déjà été adoptée au Sénat. Sous pression, François Bayrou avait aussi proposé ce premier débat le 28 avril, sur « la souveraineté énergétique de la France », à la portée limitée car il ne fera pas l'objet d'un vote. Le Premier ministre a défendu un « mix électrique » associant une « première orientation de base pro-nucléaire » à « une deuxième orientation » de « soutien raisonné aux énergies renouvelables ».
Carbone/épandage de basalte : la fondation Musk accorde 50M$ à une start-up ambitieuse
Lancé en 2021 et financé par la fondation d'Elon Musk, le concours XPrize Carbon removal, le plus important à ce jour concernant les solutions de stockage de carbone (CDR), a été remporté, il y a quelques jours, par Mati Carbon, une organisation non-lucrative américaine qui propose de l'altération forcée de roche (ERW) par épandage de basalte (voir notre enquête). Devançant le spécialiste français du biochar, NetZero, Mati a été choisie pour sa «robustesse» et sa «capacité à être déployée à grande échelle». Fondée en 2022 par un géochimiste de Yale, Mati Carbon est essentiellement active auprès de petites exploitations, en Afrique subsaharienne et en Inde, deux régions tropicales où la technologie est réputée très efficace. Très ambitieuse, Mati Carbon viserait «100 millions de tonnes de CO2 stockées d'ici 2040». Elle travaillerait déjà avec 30 000 exploitations cette année, et vise «100 millions de petits exploitants agricoles dans les économies en développement au cours des 20 prochaines années». En décembre, Google s’est engagée à acheter 200 000 tonnes de crédits carbone d’ici 2030 à l'américain Terradot, ce qui en faisait le contrat le plus important jamais signé par une entreprise œuvrant dans le domaine de l'ERW.
Consommation : jouer sur la TVA pour favoriser une alimentation saine et durable (étude)
Une réforme des TVA sur les denrées alimentaires pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé, l'environnement et l'économie en Europe : c’est la conclusion d’une étude publiée dans Nature Food en janvier, qui a pour périmètre l’UE et le Royaume-Uni. L'application d’un taux maximal (qui dépend des pays) aux « Viandes et lait » (bœuf, agneau, porc, volaille, lait) entraînerait une baisse de la demande en Europe de 9% en moyenne, dont la majeure partie proviendrait du lait (69% de la variation), suivi du porc (13%) et de la volaille (10%), tandis que la demande en « Fruits et légumes » (dont légumineuses et noix) diminuerait (-2%) pour compenser les réductions du pouvoir d'achat ; les tubercules, vus comme des substituts, augmenteraient (+6%). A l’inverse, la suppression de la TVA sur les « Fruits et légumes » augmenterait la demande pour ces produits de 8%, via les légumes (52% de l'augmentation) suivis des fruits (43%). Troisième scénario : combiner ces deux types de variations de TVA entraînerait des changements « similaires » mais moins marqués. Les chercheurs rappellent que le Parlement européen a adopté en 2022 une directive qui permet aux États de différencier les taux de TVA pour « poursuivre des objectifs sociaux et environnementaux ». En France, Interfel a déjà proposé une TVA à 0% sur les fruits et légumes frais, tandis que d’autres, comme Yannick Jadot en 2022 ou Michel-Edouard Leclerc, l’ont proposé pour les produits biologiques.
A69 : des centaines d’opposants sous la pluie contre un modèle « qui va dans le mur »
Bravant la pluie battante, des centaines de militants anti-A69 ont dit le 26 avril dans le Tarn leur détermination à obtenir l'arrêt définitif du projet de cette autoroute, emblème à leurs yeux d'un « modèle de société qui va dans le mur ». Ils ont aussi dénoncé une « attaque contre la séparation des pouvoirs » de la part des partisans de l'A69 qui ont déposé une proposition de loi (PPL) visant à reprendre le chantier, malgré une décision de justice ordonnant sa suspension. Plusieurs tables rondes ont réuni à Maurens-Scopont, outre des représentants d'organisations présentes, dont la Confédération paysanne, des syndicalistes ou des chercheurs. « L'A69 est justifiée par des tas de mythes qui sont scientifiquement faux (...) Le gain de temps, le premier », explique Arnaud Passalacqua, codirecteur de l'Ecole d'urbanisme de Paris. « On sait que les gens passent autant de temps chaque jour à se déplacer depuis qu'on mesure cette grandeur, en gros une heure. Pourtant, on a déployé plein de réseaux de transports. Et les gens passent toujours autant de temps, donc ils vont plus loin », dit-il à l'AFP. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé fin février l'autorisation de construire. Le Sénat doit examiner le 15 mai une PPL visant à valider le projet, sans attendre la décision sur le fond de l'affaire de la cour administrative de Toulouse, saisie par l'Etat et le constructeur Atosca.
Numérique: les recommandations de Via Campesina pour ne pas exclure les petits producteurs
La Coordination européenne Via Campesina publie le 28 avril une série de 25 recommandations «pour garantir que la numérisation de l'agriculture ne renforce pas le pouvoir des entreprises ni n'exacerbe les inégalités existantes». Les technologies numériques ont le potentiel de contribuer à l’amélioration des pratiques agricoles, admet Via Campesina mais «leur application actuelle participe souvent à renforcer la concentration des grandes entreprises». L’organisation paysanne suggère donc d’établir des limites «basées sur le principe de précaution», pour garantir que les agriculteurs gardent le contrôle de leurs outils et de leurs données et que les bénéfices de la numérisation soient distribués équitablement. Elle plaide pour promouvoir la transparence chez les fournisseurs de technologie, et renforcer des réglementations afin d’atténuer les risques écologiques de la numérisation en encourageant des pratiques en faveur de la biodiversité, de la santé des sols et de la conservation de l’eau. Autres demandes: soutenir le développement d’outils en «open source» issus d’une collaboration entre agriculteurs et innovateurs «afin de garantir que ces outils soient adaptables, abordables et réparables» pour ce qui concerne les machines agricoles.
Elevage/biosécurité : le français Kersia acquiert les spécialités porc et volaille de l’américain Neogen
Kersia, acteur français de dimension internationale en hygiène et désinfection en élevage, a communiqué le 22 avril sur la signature d’un accord exclusif pour l’acquisition de l’activité biosécurité animale de l’américain Neogen, ce dernier se concentrant sur le diagnostic sécurité des aliments. Déjà présent sur le marché bovin aux Etats-Unis, Kersia devrait ainsi absorber un fournisseur majeur des élevages de porc et de volaille (chiffre d’affaires 55 millions d’euros) et étendre son implantation industrielle de la côte Ouest à la côte Est, en passant par la ceinture avicole américaine. Le fait que Neogen soit également présent au Royaume-Uni, en Europe et dans plus de cinquante pays, dont la Chine, le Mexique, le Brésil et l’Australie représente « une aubaine pour Kersia, qui hérite également de produits et d’enregistrements en Amérique centrale et dans la région Asie-Pacifique », dit le communiqué. Kersia (né de la réunion en 2018 de Hypred, Anti-Germ, Medentech, LCB Food Safety et G3) réalise 630 millions d’euros de chiffre d’affaires dans plus de 120 pays et se dit en position stratégique pour devenir un des trois principaux fournisseurs mondiaux de produits d’hygiène et de désinfection en agriculture.
Volaille : Maïsadour programme plus de 4 M de volailles supplémentaires d'ici 2029
La coopérative annonce dans un communiqué du 28 avril un « soutien financier inédit » à ses adhérents pour créer d’ici à 2029 les bâtiments permettant de produire pour sa branche volailles Fermiers du Sud-Ouest 3 millions de poulets standards supplémentaires ainsi que 450 000 poulets élevés en liberté et 700 000 volailles en plein air. Ce soutien consiste en particulier en une prime à l’installation fixe versée dès la construction des bâtiments, soit quinze bâtiments de 1 350m², 150 cabanes et 50 bâtiments de 400 m² d’élevage en plein air. « C’est une vraie opportunité pour des jeunes qui veulent s’installer ou diversifier leur exploitation », encourage dans le communiqué Alexandre Lafaille, responsable du développement productions avicoles. La coopérative du Sud-Ouest affiche en effet l’intention d’« offrir aux jeunes un parcours d’installation structuré et motivant » tout en facilitant la transmission d’exploitations en soutenant les cédants dans leur démarche de passage de relais. Elle convie ses parties prenantes sur un élevage le 19 juin prochain pour échanger sur les enjeux du secteur - demande soutenue de volailles, attentes sociétales, temps de réalisation - et présenter son plan de relance.
Lait de chèvre : le président de la Fnec Jacky Salingardes souhaite écourter son mandat
A l’occasion de la 67e assemblée générale (AG) de la Fnec (éleveurs de chèvres, FNSEA) tenue à Rodez les 23 et 24 avril, le président Jacky Salingardes a annoncé son souhait qu’un nouveau président soit désigné d’ici la fin de l’année 2025. M. Salingardes est président depuis 19 ans et son mandat arrive à échéance à l’occasion de la prochaine AG en 2026. L’AG 2025 a été l’occasion d’échanges sur les sujets de préoccupation des éleveurs de chèvres. « Nous souhaitons une hausse du prix de base du lait de chèvre payé par les coopératives et les industriels privés alors que ce prix de base stagne depuis deux ans », souligne le DG de la Fnec Raphaël Guyet. Et cela même si le prix réel payé a connu une légère augmentation ces derniers temps. « Les éleveurs de chèvres sont confrontés à une baisse de leurs revenus, résultat d’une baisse de la collecte de lait », poursuit-il. La mauvaise qualité des fourrages et la baisse du nombre d’éleveurs explique ce retrait de la collecte, qui pourrait également s’expliquer par la FCO entraînant des chevreaux mort-nés et des avortements. Autre sujet de préoccupation : le lait cru qui concerne tout particulièrement la filière caprine. La Fnec se dit vigilante pour que la pression sanitaire pesant sur les éleveurs travaillant le lait cru reste mesurée.
Muguet : les producteurs passent entre les gouttes, la récolte prête pour le 1er mai
Malgré des incertitudes sur la maturité du muguet début avril, les producteurs des Pays de la Loire ont pu entamer la récolte à la date prévue du 18 avril. Les dernières clochettes blanches ont été ramassées vendredi dernier afin d’être préparées et expédiées dans les points de vente pour le 1ᵉʳ mai. « Les précipitations ont été moins importantes que prévu et les producteurs ont pu jouer avec les périodes de pluies pour réaliser les récoltes en temps et en heure », témoigne Thomas Loirat, conseiller muguet au comité départemental de développement maraîcher (CDDM) de Loire-Atlantique. En débutant mi-avril, la production a pu s’appuyer sur la main d’œuvre étudiante encore en vacances. La maturité plus tardive qu’en 2024 a conduit à réaliser 2 à 3 passages dans les châssis pour terminer la récolte. « Cela a permis d’expédier des fleurs fraîches jusqu’aux dernières cueillettes », ajoute le conseiller. Dans un communiqué de presse du 9 avril, la fédération des maraîchers nantais annonce 150 ha de culture réalisés par une dizaine de producteurs pour 60 millions de brins et 20 à 30 millions d’euros de chiffre d'affaires. « Il faudra faire un bilan avec les producteurs en mai, mais nous serions plutôt autour de 50 millions de brins depuis deux ou trois ans », chiffre Thomas Loirat. (Tanghy Dhelin)
Horticulture: l’insecticide buprofézine est un perturbateur endocrinien, selon l'Efsa
«La buprofézine est un perturbateur endocrinien», conclut dans un avis publié le 24 avril l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Cet insecticide sur les plantes ornementales sous serre (permanentes ou non) est employé par pulvérisation pour lutter contre les aleurodes. L’Efsa recommande donc qu’au minimum, «cette substance active ne soit pas utilisée sur les plantes ornementales susceptibles d’être mises en rotation avec des cultures destinées à la production alimentaire ou fourragère», et que «le sol ou le substrat de serre exposé ne soit pas réutilisé pour la culture d’aliments destinés à la consommation humaine ou animale». L’autorisation de mise sur le marché européen de la buprofézine expire le 15 décembre 2025. La Commission européenne devra donc présenter aux Etats membres dans les prochains mois une proposition de réautorisation ou d’interdiction sur la base des conclusions de l’Efsa.