Assurance récolte : la mise en oeuvre du pool de coréassurance reportée
Prévue par la réforme de l'assurance récolte de 2022 et attendue encore récemment pour 2025, la mise en place du pool de coréassurance a été reportée par la dissolution de l'Assemblée, a appris Agra presse le 27 septembre, confirmant les informations du média spécialisé News assurance pro. Après neuf mois de travail, le dossier a été déposé en juin auprès de la Direction générale du Trésor (DGT), afin d’être ensuite transmis à l’Autorité de la concurrence (ADLC). Et « l’ADLC doit se prononcer sur l’intérêt de la mise en place d’un tel pool », souligne Stanislas de Baynast, directeur du marché agricole chez Abeille Assurances, à Agra presse. Mais la dissolution de l’Assemblée nationale en juin a retardé le début de la consultation de l’ADLC. En effet, le sujet étant « quelque peu politique », selon M. De Baynast, la DGT a décidé de saisir l’ADLC « sous réserve de valider le pool avec le nouveau gouvernement ». Pour l’heure, le cabinet du ministre n’a pas encore été consulté par le DGT. La date limite d'émission des contrats des compagnies d’assurance est fonction du premier cycle végétatif assuré ; à savoir celui du colza qui débute entre le 15 août et le 1er septembre. Autrement dit, « nous ne sommes plus dans les délais », souligne M. de Baynast, qui précise que le pool sera « hypothétiquement prêt en 2027, si et seulement si l’ADLC donne son feu vert ».
Finance: la région Auvergne-Rhône-Alpes lance un fonds de garantie agricole
Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, lancera le 1er octobre au Sommet de l’élevage un «fonds régional de garantie pour l’agriculture» permettant de financer des projets d’installation, d’«accompagnement face au changement climatique», ou encore le «soutien face à l’impact d’un aléa climatique ou sanitaire». Ce dispositif pourra garantir un besoin en fonds de roulement ou des projets d’investissement. Il est doté d’une enveloppe de 40 M€ (provenant en partie du 2d pilier de la Pac), ce qui correspondra à «un portefeuille de prêts global qui pourra s’élever jusqu’à 370 M€», affirme l’exécutif régional sur son site web. En cas d’acceptation du dossier par les banques partenaires, les emprunteurs peuvent bénéficier d’un «taux préférentiel» et de «conditions allégées» pour leur prêt. La garantie couvre «80% du prêt», et la durée des emprunts doit se situer entre 12 mois et 10 ans. Le dispositif s’adresse aux agriculteurs (y compris en société et personnes morales), aux fermes expérimentales ou d’enseignement agricole, aux sociétés «exerçant une activité de stockage conditionnement, transformation de produits agricoles», ainsi qu’aux «opérateurs forestiers».
Chambres d’agriculture: vers une réouverture des négociations salariales (syndicat)
«Chambres d’agriculture France a accepté de rouvrir les négociations salariales» au niveau national, a annoncé Emmanuel Delétoile, secrétaire national de la CFDT Agri-Agro, le 27 septembre à Agra Presse. Selon lui, une demande a été adressée au ministère de l’Agriculture, qui doit désormais fixer une date pour une Commission nationale paritaire, conformément à la procédure en vigueur. Cette réunion pourrait se tenir «courant octobre», espère M. Delétoile. Contactée par Agra Presse, Chambres d’agriculture France n’a pas répondu à l’heure où ces lignes sont écrites. Les discussions entre représentants des salariés et des employeurs étaient au point mort après deux tentatives avortées en septembre et en juin; la CFDT Agri-Agro avait finalement lancé un mouvement social et provoqué une rencontre au Space de Rennes. À l’issue des négociations de juin, le syndicat avait dénoncé une «proposition inacceptable de 0,50% [d’augmentation], non négociable» de la part de la délégation patronale, alors qu’il demandait +1,25%. En 2023, les salariés avaient obtenu une augmentation de 1,75%, après une manifestation devant le siège de Chambres d’agriculture France.
Chambres d’agriculture: difficulté financière dans le Nord-Pas-de-Calais (presse)
La chambre interdépartementale d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais accuse un déficit de 2,2 M€, sur un budget annuel d’environ 20 M€, rapporte France Bleu Nord le 25 septembre, évoquant «le résultat d’une gestion hasardeuse». Des chiffres issus d’un audit mené à la demande de la préfecture du Nord, par le cabinet Grant Thornton et présenté le 23 septembre, «lors de la session budgétaire» de la chambre. Pour rétablir les comptes, un «plan de redressement sur trois ans» a été adopté «à l'unanimité moins deux voix» à cette occasion. Selon le média public, «les 200 emplois de la chambre d'agriculture ne sont pas menacés mais les départs à la retraite ne seront pas remplacés»; par ailleurs «des moyens vont être mutualisés» avec les autres chambres de la région. Les comptes de la chambre seront gérés «par l’État», indique encore la radio locale. «Aucune plainte n'a été déposée», précise France Bleu, qui pointe des irrégularités d’écriture comptable, ainsi que l’absence de relances des clients, «d'où une série de dettes liées à des factures impayées». Et de noter que «le président de la chambre d'agriculture Christian Durlin reconnait des erreurs humaines et prend sa part de responsabilité en tant que président».
Copa-Cogeca : l’Italien Giansanti élu président du Copa, Sander vice-président
A l’occasion de leur réunion du 27 septembre, les membres des organisations agricoles de l’UE (Copa) ont élu l’Italien Massimiliano Giansanti au poste de président. Il remplace l’ancienne dirigeante de la FNSEA Christiane Lambert qui était à la tête du Copa depuis septembre 2020. Massimiliano Giansanti est président de Confagricoltura depuis 2017 et vice-président du Copa depuis 2020. Entrepreneur agricole, il gère des exploitations agricoles produisant principalement des cultures céréalières, des kiwis, des produits laitiers et de l'énergie solaire et est également producteur de Parmigiano Reggiano. L’Autrichien Nikolaus Berlakovich (LKO), le Danois Soren Sondergaard (DAFC), le Français Franck Sander (FNSEA), l’Espagnol Pedro Barato (Asaja), le Tchèque Jan Dolezal (AKCR) et l’Irlandais Francie Gorman (IFA) ont été choisis comme vice-présidents. Aucune femme ne figure cette fois dans l’équipe d’élus. « Les prochains mois à Bruxelles seront cruciaux sur de nombreux fronts, à commencer par la présentation de la vision pour l'agriculture et l'alimentation exposée par Ursula von der Leyen. Nous suivrons également de près toute annonce potentielle de la Commission concernant des avancées sur les accords commerciaux tels que le Mercosur » a déclaré le président après son élection.
Bio: le nombre d’arrêts augmente de 30% au premier semestre 2024
Pour la première fois le 25 septembre, l’Agence bio a présenté ses chiffres pour le secteur de l’agriculture biologique «à mi-année», ses résultats définitifs étant traditionnellement dévoilés à la mi-juin. Si l’on compare le premier semestre 2024 au premier semestre 2023 (de janvier à juin), le nombre de producteurs engagés en bio a augmenté de 3%, s’établissant à 61 839 agriculteurs. L’agriculture bio française compte 3 104 nouveau entrants, soit une hausse de 14%. Le nombre d’arrêts flambe à 1 937 sorties de la bio, soit une hausse de 30% par rapport au premier semestre 2023. Au global, «le solde [entre les entrées et les sorties] reste positif, même s’il diminue une nouvelle fois», souligne l’Agence bio dans un communiqué. L’instance n’a pas communiqué sur l’évolution des surfaces. En juin, elle avait annoncé un recul inédit des surfaces de 2% en 2023. Ce repli concernait en particulier les cultures fourragères, les grandes cultures, et l’élevage.
Bio/climat: la Fnab commence à déployer ses propres diagnostics carbone d'exploitations
Lors du salon La Terre est notre métier à Retiers le 26 septembre, la Fnab a présenté son outil de diagnostic carbone ACCT-Fnab pour exploitations. L’organisme estime qu’entre 100 et 150 diagnostics devraient être réalisés pour fin 2024. Cet outil a pour but d’aider les producteurs bio à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en activant les bons leviers. La Fnab espère également remonter des données dans le cadre d’un «projet d’ampleur d’acquisition de connaissances sur l’impact climat de la bio». Elaboré avec l’aide de Solagro, ACCT-Fnab se veut en phase avec la réalité des producteurs bio. Ainsi certaines lacunes constatées dans d’autres outils de diagnostics, telles que la liste des cultures incomplètes, mais aussi des pratiques de gestion des intrants, de déshydratation ou de toastage non prises en compte ou encore le fait que la filière maraîchage ne soit pas abordée, ont été comblées. Grâce à des aides de la région et de l’Ademe, le Grab de la région Centre a déjà pu multiplier les diagnostics sur son territoire. Les résultats obtenus mettent à mal certaines idées reçues. «Dans les exploitations en grande culture, il n’y a pas de lien entre consommation de fioul et part des surfaces labourées. Réduire le labour n’est donc pas un levier actionnable pour réduire les émissions de CO2 de ces fermes», souligne Jean Belliard, conseiller au sein du Gabar 45 (Tanguy Dhelin).
Pesticides: un nouveau cas de fichage de personnalités épinglé par les médias
Une plateforme en ligne américaine baptisée Bonus Eventus a constitué un «fichage à grande échelle» de personnalités considérées «critiques» de l’agriculture intensive, révèle une enquête du Monde menée avec plusieurs médias internationaux (article payant). Bonus Eventus compile des informations personnelles, «trompeuses et malveillantes» sur «plus de 500 scientifiques, militants écologistes, journalistes ou encore experts des Nations Unies». Y figure par exemple le biologiste français Gilles-Eric Séralini. «Environ un millier de personnes» ont accès à la base de données opérée par le cabinet de relations publiques V-fluence. «Il s’agit principalement de cadres de l’industrie agrochimique et semencière, de consultants en communication, de blogueurs, de lobbyistes, de responsables de l’administration américaine, et d’experts ou de scientifiques, souvent en lien avec des industriels», affirme le quotidien français. «Plusieurs avocats» consultés par le collectif estiment que Bonus Eventus enfreint des législations nationales «et en particulier le règlement général de protection des données européen», affirme Le Monde. Ce type de fichage pour l’agro-industrie a un précédent en France. En 2021, la Cnil avait condamné Monsanto à 400 000€ d’amende pour défaut d’information des personnalités fichées par l’agrochimiste.
Céréales: au Canada, fin de la grève dans le port de Vancouver
Les travailleurs des terminaux céréaliers du port canadien de Vancouver ont mis fin le 28 septembre à une grève de quatre jours qui perturbait la moitié des exportations de céréales du Canada, en pleine période des récoltes. La Grain Worker Union, qui représente 650 employés - dont notamment ceux des entreprises Cargill, Richardson International et Veterra - a annoncé le 28 septembre au soir le retour des travailleurs samedi après la conclusion d'un accord avec leur employeur, la Vancouver Terminal Elevator Association. Les négociations pour une nouvelle convention collective avaient été rompues et l'association des producteurs de grains du Canada, qui compte 65.000 agriculteurs, avait demandé au gouvernement d'intervenir pour mettre un terme à la grève déclenchée le 24 septembre. L'année dernière, 52% de toute la production de grain au Canada a transité par ce port de la côte Pacifique. Près de 100.0000 tonnes de céréales canadiennes arrivent quotidiennement à ces terminaux, a affirmé l'association, qui craignait comme d'autres l'impact prolongé d'un arrêt des opérations sur les exportations du pays, le premier exportateur mondial de canola et le troisième de blé. Les travailleurs se prononceront sur l'accord le 4 octobre.
Alimentation animale: feu vert à la reprise d'Axéréal Elevage par Avril
L'Autorité de la concurrence a autorisé le 27 septembre le rachat de l'ensemble des activités de nutrition animale du groupe coopératif Axéréal par le géant agroalimentaire Avril, poids lourd français des huiles et des protéines végétales. L'Autorité «a écarté tout risque d'atteinte à la concurrence» et «autorisé ce jour l'opération sans conditions», selon un communiqué. Avril et Axéréal avaient annoncé en mai être entrés en négociation exclusive. Les activités liées à l'alimentation animale d'Axéréal pèsent 234 millions d'euros de chiffre d'affaires et seront rachetées par Sanders, la filiale d'Avril dédiée aux aliments pour animaux d'élevage, avait alors indiqué la coopérative. Sanders, leader français de la nutrition animale et filiale d'Avril, produit 3,4 millions de tonnes d'aliments dans 28 usines à destination de 26.000 clients. Avril avait présenté le rachat d'Axéréal Elevage comme s'inscrivant pleinement dans sa «dynamique de croissance» et propre à «consolider ses positions sur le marché des produits et services pour l'agriculture», au «carrefour des activités animales et végétales».
Bovins lait: Danone et Zoetis vont déployer des tests génomiques «à l’échelle mondiale»
L’industriel laitier Danone et le groupe de santé animale Zoetis ont annoncé le 26 septembre un partenariat portant sur le déploiement «à l’échelle mondiale» de tests génomiques permettant de prédire «la sensibilité d’un animal aux maladies coûteuses et son potentiel pour rester sain et productif tout au long de sa vie». Il s’agit de l’index de sélection multi-traits DWP$ (pour «Dairy Wellness Profit Index»), qui permet de classer les animaux selon de nombreux critères: bien-être de la vache et du veau, production, fertilité, type fonctionnel, longévité, vivabilité, aptitude au vêlage, qualité du lait. Cet outil est «uniquement disponible à travers [les tests génomiques] Clarifide plus» du groupe américain Zoetis, d’après un communiqué. Pour Jean-Yves Krummenacher, directeur des achats chez Danone, les tests génomiques constituent «un outil important pour intégrer la durabilité au cœur de nos activités». D’après les partenaires, l’utilisation de cette technologie peut être porteuse de «gains potentiels pour la durabilité, la réduction des émissions de méthane, la rentabilité des fermes et le bien-être animal». Pour M. Krummenacher, ce partenariat avec Zoetis «s'inscrit dans notre vision de créer un changement positif tout au long de la chaîne de valeur des produits laitiers».
Machinisme: un homme arrêté pour le vol de GPS agricoles en région parisienne
Un homme a été arrêté pour avoir participé au vol de dizaines de GPS agricoles en Ile-de-France et dans l'Aisne, a indiqué le 27 septembre la gendarmerie dans un communiqué. Cet homme de nationalité roumaine est soupçonné de faire partie d'un groupe de malfaiteurs ayant dérobé des consoles ou des antennes GPS de tracteurs en vue de les exporter, de manière clandestine, vers l'Europe de l'Est. Plusieurs vols ont été constatés dans des exploitations agricoles du sud des Yvelines à partir de juin, a décrit la gendarmerie. L'enquête, menée par la Section de recherches de Versailles et le groupement de gendarmerie des Yvelines, a permis d'identifier 19 faits similaires dans les Yvelines, l'Essonne, la Seine-et-Marne et l'Aisne. Le mode opératoire est à chaque fois le même: les malfaiteurs agissent la nuit, n'hésitant pas à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour viser des exploitations susceptibles d'abriter des engins équipés de GPS. Le préjudice est estimé à 430.000 euros. Cet homme, majeur, est «défavorablement connu sous différents alias de la documentation judiciaire» pour des infractions relatives aux stupéfiants, a précisé la gendarmerie, qui indique que sa situation administrative est en cours de vérification. Jugé en comparution immédiate ce vendredi par le tribunal correctionnel de Versailles, son dossier a été renvoyé au 25 octobre. Il a été placé en détention provisoire dans l'attente de son procès.
Vin : dans le Bordelais, la pluie hâte les vendanges, prévues «historiquement faibles»
Pluies abondantes, arrachage de vignes, maladies... le vignoble du Bordelais, en période de vendanges, s'attend à une récolte «historiquement faible», a appris l’AFP le 27 septembre auprès de la profession. Dans le premier vignoble AOC de France en superficie, le calendrier de récolte pour les rouges est accéléré par les fortes précipitations. Selon CIVB (interprofession), la production sera «historiquement faible» cette année et inférieure aux 3,8 Mhl de l'an dernier. Conséquence des dégâts causés par les maladies et d'une baisse volontaire de la surface cultivée. Pour le directeur de communication Christophe Chateau, la cuvée de rouge 2024 «ne sera pas le millésime du siècle mais un millésime moins alcoolisé, plus sur le fruit, à consommer rapidement, finalement conforme à ce qu'attend le marché aujourd'hui». La récolte des blancs et des crémants, désormais achevée, présente en revanche de «jolis volumes, très qualitatifs», a-t-il dit. En crise de surproduction depuis des années, le Bordelais s'est résigné à arracher une partie de ses vignes. Selon les estimations du CIVB, «entre 10 000 et 12 000 ha», dont 9 000 dans le cadre d'un programme subventionné, soit environ 10% du vignoble, devraient être supprimés d'ici la fin de l'année.
Fruits/distribution: la CJUE condamne de fausses promos de fruits chez Aldi Süd
Une réduction de prix annoncée dans une publicité doit être calculée sur la base du prix le plus bas au cours des 30 derniers jours, rappelle la Cour de justice de l'UE (CJUE) dans un arrêt rendu le 26 septembre. Un jugement qui fait suite à une plainte, en Allemagne, d’une association de consommateurs contre la publicité faite par Aldi Süd dans ses prospectus hebdomadaires au moyen de réductions de prix ou de « prix-chocs » pour des fruits notamment. Le supermarché fait valoir une réduction de 23% sur le prix pratiqué alors qu’en réalité le prix réduit équivaut au prix le plus bas pratiqué sur la période précédente de 30 jours. C’est illégal, selon la CJUE, qui s’appuie sur la directive européenne relative à la protection des consommateurs en matière d’indication des prix des produits offerts. Les professionnels ne peuvent donc pas induire en erreur le consommateur en augmentant le prix pratiqué avant d’annoncer une réduction de prix et en affichant ainsi de fausses réductions, indique-t-elle.
Addendum à l'agenda de la semaine
Mardi 1er octobre
Conférence de presse de rentrée de la CCMSA à Paris
Premier forum de l'emballage durable pour l’agriculture à Méaulte (Somme)
Conférence de presse de la FNSEA, au Sommet de l'élevage
Conférence de presse de la Confédération paysanne, au Sommet de l'élevage