Agrafil du 29 janvier 2026

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UE-Mercosur : le Paraguay et l’Argentine veulent aller vite sur la ratification de l’accord

Alors que la mise en œuvre provisoire de l’accord UE-Mercosur pourrait intervenir en cas de ratification par un des pays du bloc sudaméricain, certains de ses membres veulent aller vite sur le sujet. Lors d’une conférence de presse tenue le 23 janvier, le ministre paraguayen du Commerce, Javier Giménez, a annoncé l’intention du gouvernement « d’aller vite et d’être les premiers » à ratifier l’accord parmi les pays du Mercosur. L’examen du texte devrait d’ailleurs débuter à la rentrée parlementaire, à partir du 2 mars, mais il n’est pas exclu qu’une session d’urgence soit convoquée. En Argentine aussi, l’intention du gouvernement de Javier Milei est d’accélérer le processus de ratification. Le président argentin a exprimé sa volonté d’en soumettre le texte au Parlement, où un soutien unanime semble se dessiner, lors de sessions législatives extraordinaires tenues au mois de février. Au Brésil, la situation est différente et la question de la clause de sauvegarde agricole apparaît centrale. « Cette décision unilatérale de la part de l’UE pourrait entraver notre commerce agricole et doit être examinée par les parlementaires brésiliens », a indiqué à Agra Presse, le sénateur de l’État du Pará, Zequinha Marinho. (Marc-Henry André)

Pac : les Etats valident le transfert d'articles depuis le budget vers la réforme de la Pac

Les ambassadeurs de l'UE, lors de leur réunion (Coreper) du 28 janvier, ont validé le transfert des onze articles et quelques paragraphes d’articles actuellement inclus dans le règlement budgétaire vers le règlement sur la réforme de la Pac, tel que proposé par la Commission européenne au mois de novembre pour répondre aux critiques du Parlement européen. Il s’agit, notamment, des dispositions concernant les définitions, les paiements de crise ou les obligations vis-à-vis de l’OMC. Mais les Etats membres sont allés un peu plus loin en décidant de transférer aussi l'article 35 du Cadre financier pluriannuel (CFP) vers la Pac qui concerne les types d'intervention. Il s'agit de l'article qui définit les notions de paiement dégressif à l'hectare, de paiement couplé, d'aides aux petits agriculteurs... Toutefois, précise une source européenne, ces derniers points continueront à être abordés séparément dans le cadre du groupe horizontal du Conseil sur le CFP et donc pas par les experts agricole du CSA.

NGT : feu vert des eurodéputés de la commission de l'Environnement

Les eurodéputés de la commission de l’Environnement ont donné (par 59 voix contre 24 et 2 abstentions), le 28 janvier, un premier feu vert au compromis trouvé début décembre sur les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT). Le texte devant encore suivre quelques procédures institutionnelles et notamment retourner au Conseil de l’UE, il ne devrait pas être examiné en plénière avant le mois d’avril. Ses opposants y promettent un vote serré compte tenu des divisions au sein même des groupes politiques en fonction des nationalités. L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau, en charge du dossier pour son groupe politique, estime que ce vote en comité « ne marque pas la fin de nos combats mais le coup d’envoi de la préparation de la plénière ». Il considère notamment que «l’absence de restrictions claires sur les brevets ouvre la voie à une appropriation du vivant par quelques grands groupes et à une insécurité juridique accrue pour les agriculteurs et les sélectionneurs». Un temps très inquiètes elles aussi à ce sujet, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) considèrent désormais que «l'accord provisoire est équilibré et applicable, et représente le meilleur résultat possible à ce stade pour renforcer les outils des agriculteurs». Les experts des Etats membres avaient déjà, eux, confirmé (à une faible majorité) ce compromis fin décembre.

Mais doux : la sole française au plus bas depuis 2010, selon l'AGPM

Dans un communiqué du 28 janvier faisant le bilan de la journée filière maïs doux organisée à Bordeaux le 27 janvier, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a alerté sur la faiblesse des surfaces hexagonales en 2025, au plus bas depuis 2010, et en baisse de 18 % par rapport à 2024, à 17 750 ha. L'association spécialisée avait déjà alerté sur une potentielle chute de la sole hexagonale en mars 2025. La baisse des assolements est due à la forte concurrence chinoise, qui a exporté massivement sur l’UE ces dernières années. Les autorités européennes ont d’ailleurs réagi en août 2025, imposant des droits antidumping provisoires. Si l’AGPM a de nouveau salué cette décision, elle déplore que « ses effets sur les programmes de production pourraient ne pas être immédiats ». Pour enrayer le repli des surfaces, également pénalisées par la baisse de la consommation, la filière prône un rebond de la compétitivité : accès à l’eau, renforcement des liens entre l’amont et l’industrie, accélérer la transition écologique pour faire face aux aléas climatiques, et réformer le système actuel d’assurance récolte. À ce sujet, l’AGPM soutient la récente proposition d’Annie Genevard de modification de la méthode de calcul du rendement assuré, et de raisonner à partir d’une moyenne établie sur 8 ans, comme le prévoit la réglementation européenne.

Céréales : les prix devraient rester bas en 2026 selon le Cercle Cyclope

Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 28 janvier, Philippe Chalmin, fondateur de la société d’étude Cercle Cyclope, a indiqué que les marchés des grains allaient probablement se « maintenir dans un certain marasme » en 2026, à moins d’un incident majeur. La raison est simple : les récoltes mondiales sont abondantes, frôlant les 3 milliards de tonnes en 2025-2026, ce qui devrait maintenir une certaine pression sur les valeurs internationales tout au long de la campagne. Mention spéciale pour le riz, dont le marché mondial devrait être inondé par les marchandises en provenance d’Inde, qui détient des stocks deux fois plus élevés que la normale. En blé, les récoltes dans l’hémisphère sud sont particulièrement bonnes, rappelle Philippe Chalmin, se référant à l’Argentine et à l’Australie. En maïs, un léger rebond des cours internationaux pourrait survenir, le bilan mondial étant légèrement déficitaire (problèmes en Ukraine, forte demande chinoise etc.). En soja, la Chine a certes tenu sa promesse d’achat de 12 Mt de marchandises états-uniennes, mais les disponibilités planétaires restent élevées, spécialement au Brésil. L’offre brésilienne, en plus d’être volumineuse, est bien plus attractive que celle américaine actuellement, laissant peu d’espoir quant à de nouveaux achats chinois de soja US à court terme. 

Huiles/hexane : une mission flash de l’Assemblée étrille Avril et demande l’étiquetage

Les députés de la mission d’information flash sur l’hexane, Richard Ramos (Modem, Loiret) et Julien Gabarron (RN, Hérault) ont présenté leurs conclusions, le 28 janvier, en commission des affaires économiques. Dans leur synthèse, ils ne demandent pas l’interdiction de l’hexane dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, contrairement à la proposition de loi (PPL) déposée par Richard Ramos en mars. Mais, ils s’en remettent aux travaux en cours de l’Efsa sur la réévaluation des risques pour la santé humaine, dont les conclusions sont attendues d’ici fin novembre 2027 selon la Fediol (association européenne des industries d’huiles végétales). Pour autant, la mission flash estime qu’« anticiper » l’interdiction de l’hexane est une opportunité que la filière des huiles alimentaires devrait saisir. Elle étrille au passage le groupe Avril qui « semble aujourd’hui arc-bouté sur la défense de l’hexane », malgré l’existence d’alternatives plus ou moins adaptées à la filière huiles (2-méthyloxolane, CO2 supercritique). En outre, la mission appelle à poursuivre les « études comparatives sur animaux » et, comme dans la PPL, elle demande des mesures d’étiquetage. Réagissant à la présentation de la mission, dans un communiqué, la Fédération des industries des corps gras estime que le rapport « confirme qu’il n’y a aucune alerte sanitaire » et qu’il « tire des conclusions inutilement anxiogènes ».

Grandes cultures: Générations futures alerte sur une pollution au fluopyram en Hauts-de-France

Générations Futures alerte, le 28 janvier, sur les taux de concentration dans l'eau potable de plusieurs dizaines de milliers d'habitants des Hauts-de-France d'un fongicide utilisé en agriculture, les considérant comme trop élevés, d'après des mesures réalisées depuis plus d'un an, rapporte l’AFP. Au total, 17 unités de distribution de l'eau potable (UDI) alimentant 46 communes du Pas-de-Calais, de la Somme et du Nord seraient concernées. Ce qui représente « plus de 83.000 personnes (…) alimentées par une eau non conforme au fluopyram depuis plusieurs mois, voire depuis une année », selon l’ONG. D’après l'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, ce serait plutôt « 30 communes » du Nord et du Pas-de-Calais qui seraient concernées, car l’une des UDI pointées du doigt n’alimente pas l’eau du robinet. La teneur en fongicide y dépasse 0,1 µg/L, selon des mesures officielles compilées et diffusées par Générations Futures sur un site en libre accès, dansmoneau.fr. Ce taux dépasse la « limite de qualité réglementaire », souligne l'ONG, et dans deux communes, les quantités mesurées atteignent même « plus de 10 fois la limite de qualité réglementaire ». Cela ne signifie pas forcément que cette contamination présente un risque sanitaire, rappelle l'ARS, car l'impact sur la santé du fluopyram, "polluant émergent", « n'est pas établi ».

Vin : le négoce agricole Perret en passe de reprendre Soufflet Vigne Sud Est

Le négoce agricole Perret est entré en négociation exclusive pour la reprise les activités de Soufflet Vigne dans les régions Côtes du Rhône, Provence et Languedoc, ont-ils annoncé le 28 janvier. Ce projet s’inscrit dans « une volonté commune de pérennisation des activités viti-vinicoles, de valorisation des savoir-faire et de maintien d’un ancrage territorial fort », selon un communiqué commun. Il vise à « assurer la continuité des équipes, des sites, et des relations commerciales, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de développement ». Le négoce Soufflet Agriculture avait annoncé le 4 septembre vouloir se séparer des activités de Soufflet Vigne dans le sud de la France (Vallée du Rhône, Languedoc, Bordelais), en conservant celles du Beaujolais, de Bourgogne, Loire, Champagne et Cognac. Il s’agit d’un « recentrage sur les régions communes » aux deux entités d’InVivo, précise le communiqué. Soufflet Vigne distribue des intrants, du conseil et du matériel à destination des viticulteurs et des caves, pour un chiffre d'affaires de 101 millions d'euros, au travers de trente points de vente. Perret (chiffre d’affaires : 246 M€), implanté dans le grand quart sud-est, exerce dans l’agrofourniture, la collecte de céréales et oléagineux, le matériel agricole, l’irrigation et le process vinicole.

Champagne/saisonniers : prison ferme pour l'hébergement indigne d'Ukrainiens

Le gérant d’une entreprise de prestation de services viticoles a été condamné le 28 janvier à trois ans de prison, dont deux ferme, pour avoir hébergé dans des conditions indignes une quarantaine de vendangeurs ukrainiens en Champagne en 2023. Il a aussi écopé d’une interdiction définitive de gérer des sociétés, et une amende de 350 000 euros a été infligée à son entreprise. Le 8 septembre 2023, s’appuyant sur un rapport de l’inspection du travail éloquent, la préfecture de la Marne avait pris un arrêté ordonnant la fermeture de d’un hébergement collectif situé à Mourmelon-le-Petit, commune située entre Reims et Châlons-en-Champagne. L’avocat du mis en cause a regretté une « peine totalement disproportionnée ». Le mis en cause a reconnu avoir fait preuve de négligence : il aurait découvert que les conditions de logement étaient «contraires à la dignité humaine» en allant sur place le jour de l’arrêté préfectoral. «Pour pas que ces gens-là recommencent, ceux sont les donneurs d’ordres qu’il faut surtout sensibiliser et condamner conjointement», a réagi José Blanco, secrétaire général de l’intersyndicat CGT Champagne qui pointe aussi la responsabilité des grandes maisons de champagne qui «ont toutes connaissance des coulisses».

Vin/syndicalisme : naissance des Vignerons indépendants Hauts-de-France

Les Vignerons indépendants de France ont annoncé le 28 janvier l’adhésion d’une nouvelle fédération régionale, celle des Hauts-de-France. Antoine Bouin, exploitant de la Ferme du Nortbert à Mentque-Nortbécourt (Pas-de-Calais), en est le président. « Classé à ce jour en Vin de France, le vignoble des Hauts-de-France représente près de 150 hectares, selon le communiqué. La nouvelle fédération réunit 13 vignerons, qui pèsent près de la moitié de la surface plantée. » Leur profil : « Des agriculteurs en polyculture (qui) avaient à coeur d’apporter une valeur ajoutée à leur exploitation », souligne le président des Vignerons des Hauts-de-France Antoine Bouin. De Saint-Omer à Senlis, le vignoble régional s’étend sur cinq départements. Son encépagement est principalement en blanc. La production est composée de vins tranquilles et effervescents, avec une base de chardonnay majoritaire, mais aussi de pinot noir, pinot meunier, auxerrois, chenin, et quelques plantations de cépages résistants comme le voltis.

Fruits rouges: l’Andalousie exporte plus de myrtilles qu’elle n’en produit

L’Andalousie exporte plus de myrtilles qu’elle n’en produit en complétant sa production locale par des importations en provenance du Maroc, souligne les dernières données de l’Observatoire des prix et des marchés du gouvernement régional d’Andalousie. Pour la saison 2024/2025, la région a importé 19 947 tonnes de myrtilles, venant à 65% du Royaume chérifien. L’Andalousie a exporté 74 800 tonnes de myrtille, alors que sa production s’est élevée à 66 600 tonnes, soit une hausse de 16,3 % par rapport à l'année précédente. En haute saison, elle contribue à hauteur d’environ 11 % aux exportations mondiales de myrtilles. L’Allemagne demeure la première destination de l’origine andalouse (29,5%), suivie par les Pays-Bas (23,4%). La France a représenté 5,3% des exportations. Nonobstant, l’Andalousie représente environ 32 % de la production totale de l'Union européenne, se classant deuxième juste derrière la Pologne (33,7 %). Selon l’Observatoire, cette croissance s'explique par l'expansion des surfaces cultivées, qui ont atteint 4 700 hectares en 2024/2025, contre 3900 hectares en 2020/2021 (+11,9%), concentrés à Huelva. L'amélioration des rendements (14,8 tonnes par hectare), y a aussi participé. 

FCO : Bruxelles reclasse la maladie et abandonne les opérations d’éradication

La Commission européenne a publié, le 28 janvier, au journal officiel de l’UE un règlement d’exécution reclassant la fièvre catarrhale ovine (FCO) en maladie de catégorie D + E (et non plus C + D + E). Une décision motivée par le fait que ce virus est désormais beaucoup plus persistant en Europe. Les différents sérotypes de la maladie sont tellement présents sur le territoire de l’UE que les services vétérinaires bruxellois estiment qu’il est devenu impossible de mener des opérations d’éradication et préfèrent se concentrer sur la gestion et l’atténuation des risques. Ainsi l’accent sera mis sur la gestion des risques «au moyen de mesures d’atténuation appliquées, par les autorités nationales, aux mouvements entre États membres de ruminants vivants et de leurs produits germinaux». Toutefois, cette modification de la classification de la FCO ne devrait pas s’appliquer immédiatement, plusieurs modifications de la législation secondaire de l'UE étant encore nécessaire avant celle-ci entre pleinement en vigueur.

Loup : les demandes du syndicalisme majoritaire pour assouplir le cadre

Alors qu’Annie Genevard a annoncé des assouplissements supplémentaires à venir en matière de gestion du loup, les membres du Caf loup* ont rencontré le conseiller agricole du Premier ministre le 13 janvier pour lui présenter leurs propositions, a appris Agra Presse auprès de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA). « Le Premier ministre a demandé aux deux ministres concernés (Agriculture et Transition écologique, NDLR) d’assouplir toutes les règles régissant les modalités possibles d’intervention, c’est-à-dire concrètement de prélèvements de loups », résume Claude Font, élu FNO en charge du dossier. L’ensemble des sujets semblent donc sur la table, et les demandes des professionnels dépassent le seul cadre de l’accès aux tirs de défense. Parmi les requêtes qui pourraient aboutir, selon la FNO : la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. L’arrêté mis en consultation fin 2025 réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Par ailleurs, les pouvoirs publics et les professionnels s’accorderaient pour accorder le même régime d’accès aux tirs à toutes les espèces, alors que les bovins et équins sont actuellement soumis à un cadre différent, plus strict. Une mesure qui pourrait être incluse dans la future loi d’urgence agricole. * FNSEA, JA, FNO, Chambres d’agriculture France

Lait infantile: le recours d'une association contre l'Etat rejeté, l'Efsa saisie sur la céréulide

Le tribunal administratif de Paris a rejeté le recours déposé par une association de défense de la santé des enfants pour «carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés», tandis que le gouvernement s’est défendu devant les parlementaires. «Au vu des déclarations publiques de la ministre de la santé du 23 janvier 2026, affirmant que +l’ensemble des laits infantiles concernés par la contamination à la céréulide ont été retirés de la circulation+ et que +la situation est maîtrisée+, les éléments de la requête ne révèlent (...) aucune carence caractérisée de l’Etat», relève le juge des référés dans son ordonnance consultée le 28 janvier par l’AFP. Le juge administratif estime par ailleurs que les demandes de l’association de «mesures de communication publique, de diligence d’enquête, de surveillance microbiologique renforcée (...) ne sont pas au nombre des mesures d’urgence» que peut prendre le juge des référés. Le gouvernement a été interrogé à deux reprises le 28 janvier devant l’Assemblée puis au Sénat: la ministre de l’Agriculture et de l’agroalimentaire Annie Genevard a affirmé que les procédures avaient été «très très bien respectées». L’autorité sanitaire européenne (Efsa) a par ailleurs indiqué le 29 janvier avoir été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la céréulide dans les produits pour enfants. Elle rendra son avis le 2 février.

Lait : les prix des produits industriels poursuivent leur baisse

La dernière note de conjoncture laitière publiée le 28 janvier par le Cniel atteste d’une hausse des volumes collectés dans les grands bassins exportateurs laitiers que sont la Nouvelle-Zélande (+1,7% sur un an), les Etats-Unis (+2,3%) et l’UE (+1,3%). « En France, la collecte s’est nettement redressée depuis l’été 2025. Elle affiche une croissance de 1,3% en rythme journalier sur l’ensemble de l’année 2025 comparativement à 2024. Sur les deux premières semaines de 2026, la collecte apparaît également en hausse par rapport à l’année précédente, mais la dynamique de croissance s’avère moins nette que précédemment », note le Cniel. Résultat attendu, les cours des produits laitiers industriels poursuivent leur baisse, surtout le beurre à -2500 euros la tonne depuis l’été dernier, passant désormais au-dessous de 5000 euros. La poudre de lait écrémé continue de reculer depuis le début 2025 pour atteindre 2000 euros la tonne. Selon FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était de 460 euros les 1000 litres en novembre 2025, orienté à la baisse depuis les mois précédents. L’indice général Ipampa Lait de vache de l’Idele (prix unitaire des charges dans les élevages) est en recul de 1% par rapport à novembre 2024.

Lait : la FNPL prévoit des actions syndicales pour défendre le prix du lait

La FNPL (éleveurs, FNSEA) a annoncé le 28 janvier à l’issue de son conseil d’administration une mobilisation nationale soutenue dans le but de défendre le prix du lait payé aux producteurs. Il s’agit d’« interpeller les industriels, les distributeurs et les opérateurs de la restauration hors domicile, grossistes, restauration collective, rapide et commerciale, afin d’obtenir des engagements concrets pour sécuriser les approvisionnements français et le revenu des producteurs », détaille Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. Les actions vont se multiplier à l’échelle de toute la France jusqu’au Salon international de l’agriculture qui s’ouvrira le 21 février. La première action aura lieu vendredi 30 janvier au siège d’Agrial à Caen, où une délégation de la section lait de la coopérative sera reçue, indique Ludovic Blain, membre du conseil d’administration de la FNPL. Les éleveurs s’inquiètent d’une baisse du prix du lait payé par la coopérative début 2026. Cette mobilisation est organisée alors que les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs battent leur plein, dans un contexte de baisse généralisée du prix du lait payé aux producteurs.

Bio : les exportations espagnoles ont atteint « un niveau record » en 2024 (presse)

Les exportations espagnoles de produits biologiques ont augmenté de 27,5% en 2024, par rapport à 2023, rapportent nos confrères de Bio Linéaires dans un article le 26 janvier. Les exportations bio de la péninsule ibérique ont ainsi atteint 3 884 milliards d’euros (Mrd€) en 2024. Autre bonne nouvelle pour le bio espagnol : les importations espagnoles ont baissé de moitié, à 782 M€. Cela a permis à la balance commerciale bio de la péninsule d’atteindre « un niveau record », de 3 102 Mrd€. Les principales destinations des produits exportés étaient l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. En dehors de l’UE, l’Espagne a exporté notamment aux Etats-Unis, en Corée du Sud, aux Royaume-Uni, en Suisse et au Japon. L’Espagne est ainsi le troisième exportateur mondial de produits biologiques, avec 7,4 % du total d’exports. Elle est par ailleurs le cinquième importateur, avec 5,7% du total d’imports. Côté production, le pays demeure le leader européen en termes de surfaces, avec 2,95 Mha, soit 12,31 % de sa SAU. En 2024, la production a reculé de 24% sur un an « en raison de facteurs conjoncturels » , pour atteindre 3,75 Mt.  En valeur, elle a atteint 4 796 milliards d’euros, « ce qui représente une augmentation cumulée de près de 350 % depuis 2012 ». 

Biodiversité/polluants : les recommandations du Cese pour réduire les transferts

Le Cese a adopté un avis pour lutter contre les pollutions diffuses afin de préserver la biodiversité, en séance plénière le 28 janvier. Cet avis concerne toutes les pollutions diffuses (nitrates, pesticides, PFAS, PCBs, microplastiques, métaux lourds, particules fines) émises par tous les secteurs, dont l’agriculture. Pour réduire le transfert et le ruissellement des pollutions diffuses, le Cese appelle à recourir aux « solutions fondées sur la nature » : couverts végétaux, surfaces enherbées haies, création et entretien des zones humides, fossés, talus. Sur le plan réglementaire et scientifique, il préconise d’améliorer l’évaluation des risques « sur la biodiversité et les chaînes trophiques » et d’améliorer la prise en compte des effets « cocktails » à niveau européen. Il appelle à créer un « pilier Pollution diffuses » copiloté par l’Anses avec d’autres agences (OFB, SPF, Ademe). Ce pilier serait doté d’une « feuille de route pluriannuelle » afin de « hiérarchiser les priorités en matière de recherche, de surveillance et de contrôle ». Enfin, le Cese appelle l’Etat à soutenir davantage les associations qui oeuvrent pour la connaissance des pollutions diffuses ou qui sont « lanceuses d’alerte » car elles rendent un « service d’intérêt général ». 

Biodiversité/polluants : le Cese veut renforcer les contrôles et d’élargir la RPD

Dans un avis adopté en séance plénière le 28 janvier, le Cese fait une série de recommandations pour « prévenir, réduire et réparer » les effets des pollutions diffuses (nitrates, pesticides, PFAS, PCBs, microplastiques, métaux lourds, particules fines) sur la biodiversité. Il recommande de « renforcer les contrôles » des pollutions diffuses d’une triple manière : en augmentant les effectifs de contrôleurs en fonction des objectifs de l’Etat ; en permettant les vérifications « à l’occasion d’autres contrôles (ICPE, aides Pac…) ; et en prononçant des sanctions « effectives » qui « pourront être progressives ». D’autre part, vu le coût « très élevé » de la dépollution, il faut la cibler sur les zones prioritaires (aires de captage, milieux sensibles, friches industrielles...) et en parallèle « renforcer le principe « pollueur-payeur » », souligne le Cese. Pour cela il propose d’élargir l’assiette de la redevance pour pollutions diffuses (RPD) « aux PFAS et aux autres pollutions émergentes ». « Une trajectoire pluriannuelle d’augmentation et d’harmonisation des taux entre usagers pourrait débuter dès l’exercice 2027 et être inscrite dans les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) 2028-2033 », précise l’instance. Le 13 janvier, le Premier ministre a promis l'absence d'augmentation de la RPD en 2027.

Traçabilité/satellites : le toulousain CLS se renforce en agriculture en rachetant NGIS

Dans un communiqué paru le 28 janvier, le toulousain CLS, spécialiste de l'observation de l'environnement par satellite, filiale du Cnes (recherche spatiale) et du CNP (fonds public belge), annonce avoir intégré son homologue australien NGIS, ce qui lui permet notamment de se renforcer dans le secteur agricole. « Le rachat de NGIS nous apporte une activité de traçabilité des matières premières agricoles que nous ne faisions pas, hormis des études sur la déforestation », explique Stéphanie Limouzin, présidente de CLS, à nos confrères des Echos. En effet, NGIS propose notamment un service qui permet de tracer le parcours du bois, du cacao ou du café, du producteur jusqu’au consommateur, et de vérifier sa conformité à plusieurs réglementations européennes (CSRD, CSDDD, EUDR). En Australie, NGIS propose aussi des « solutions géospatiales avancées » pour aider les services publics à anticiper, gérer et répondre aux feux de brousse. Fondée il y a plus de 30 ans, NGIS emploie 110 collaborateurs, principalement basés en Australie, et dispose également de présences au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis. Elle réalise un chiffre d’affaires de 24 M€ (42,6 M$AUD), dont 25 % à l’international. Il s’agit de la 19e opération de croissance externe de CLS depuis 2008, qui compte désormais 41 implantations dans le monde, et franchit le cap des 1 200 collaborateurs.

Distribution: aux Etats-Unis, Amazon ferme ses magasins de proximité et renforce Whole Foods

Amazon a annoncé le 27 janvier la fermeture aux Etats-Unis des magasins d'alimentation de proximité portant son nom. « Nous avons pris la décision difficile de fermer nos magasins physiques Amazon Go et Amazon Fresh, en convertissant plusieurs adresses en supermarchés Whole Foods », a annoncé Amazon. Les fermetures annoncées concernent un réseau de 72 commerces de proximité, dont une quinzaine de magasins sans caisse Amazon Go dont le concept n'a pas rencontré le succès. Le groupe affirme vouloir en ouvrir une centaine de Whole Foods dans l'année ainsi que des épiceries de proximité sous cette marque haut de gamme. Whole Foods, rachetée en 2017 par Amazon, est en croissance et compte 550 supermarchés à travers les Etats-Unis, selon le groupe, contre 460 au moment de son acquisition (+20%). Ce n'est pas la première fois qu'Amazon fait marche arrière dans le commerce physique. En 2022, le groupe avait déjà fermé ses librairies Amazon Books. En septembre, Amazon a annoncé fermer ses magasins de proximité ouverts sous son nom. Premier acteur, de loin, du e-commerce aux Etats-Unis, Amazon tente depuis plusieurs années de pénétrer le monde du commerce physique, qui représente toujours plus de 80% de la vente au détail, selon le Bureau du recensement des États-Unis.