Agrafil du 2 janvier 2025

hero

Budget: le gouvernement donne des gages réglementaires pour l'adoption des mesures agricoles

A la veille du Nouvel An, le gouvernement a réaffirmé son intention de «faire aboutir l'ensemble des mesures agricoles» figurant dans les textes financiers examinés cet automne, une déclaration publique qui permettra l'application rétroactive des allègements fiscaux du budget 2025. «Le gouvernement souhaite l'adoption définitive, dans les lois financières pour 2025, de tous les engagements en faveur du monde agricole figurant dans les textes financiers examinés cet automne», affirment dans un communiqué les ministres Annie Genevard (Agriculture), Eric Lombard (Economie et Finances) et Amélie de Montchalin (Comptes publics). «En rappelant son intention avant le 31 décembre, le gouvernement entend rendre ainsi possible l'application de ces mesures sur l'exercice 2025 dès l'adoption du budget, sans repousser d'une année l'entrée en vigueur de celles-ci», expliquent-t-ils. Et de citer les mesures fiscales concernant le cheptel bovin, la déduction pour épargne de précaution, la fiscalité de la transmission (exonération de plus-value au profit d'un JA, échelonnement de cessions), la prorogation des crédits d'impôt congés remplacement et HVE, TFPNB, le maintien du tarif du GNR, la réforme du calcul des retraites, pérennisation et améliorations du TO-DE, le cumul d'exonérations dédiées aux JA avec d'autres réductions de cotisations 

Climat : les émissions agricoles de GES stagnent début 2024, les ventes d'engrais rebondissent

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2024, les émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 2,4 % tous secteurs d'actifs (hors puits de carbone) par rapport à la même période en 2023, indique le Citepa (pollution climatique) dans un baromètre publié le 24 décembre. En détail, les émissions de GES ont enregistré une baisse, respectivement de 5 % et de 2,2 % aux deux premiers trimestres, avant de connaître une légère hausse de 0,5 % au troisième trimestre. Pour l’heure, la tendance sur douze mois glissants est donc à la baisse (-3,1 %). La baisse était déjà de 6% au cours des neuf premiers mois de 2023 par rapport à ceux de 2022. «Nous devrions respecter l’objectif de (…) 2024, de l’ordre de 363 millions de tonnes de CO2», commente Antoine Pellion, secrétaire général à la planification écologique (SGPE), sur le réseau social Linkedin. Et de constater toutefois que «si nous respectons l’objectif 2024, c’est que nous avions pris de l’avance en 2022 et 2023». Côté agriculture, le baromètre ne donne qu’un aperçu des émissions agricoles, avec une stagnation estimée des émissions (+0,3 %) au cours des neuf premiers mois, après une baisse en 2023 notamment due à la chute des ventes d'engrais. Dans une note publiée en octobre, le ministère de l’Agriculture observe un rebond de 6,8 % des livraisons d’engrais azotés entre juillet 2023 et mars 2024, par rapport à la même période lors de la précédente campagne. 

Pesticides: les usages corrélés géographiquement au risque de cancer du pancréas (étude)

Repéré par le quotidien Le Monde, un article publié dans la revue European Journal of Epidemiology fin novembre a établi pour la première fois, en France, un lien entre la répartition géographique du risque de contracter le cancer du pancréas et l’utilisation locale des pesticides. À noter que l’Hexagone est l’un des pays où l’incidence du cancer du pancréas progresse deux à trois fois plus rapidement que dans la plupart des pays européens, et le quatrième pays le plus touché au monde en valeur absolue. Alors que l’usage des pesticides y est «l’un des plus intenses au monde», l’équipe a voulu «tester l’hypothèse d’un lien entre l’usage de ces produits et l’incidence locale de la maladie», souligne le gastroentérologue et épidémiologiste Mathias Brugel, coauteur des travaux, au quotidien Le Monde. L’article constate un risque plus élevé autour du bassin parisien, en Bourgogne, dans le centre de la France et sur l’arc méditerranéen, avec des zones de sur-risque dans le Sud-Ouest. En outre, il note une association statistiquement significative entre la quantité de substances appliquées par unité de surface et le risque de contracter un cancer du pancréas. L'ampleur de l’effet mis en évidence est «faible, mais statistiquement robuste», précise l’article. Pour une augmentation de 2,6 kg de pesticides utilisés à l’hectare, le risque relatif de cancer pancréatique augmente ainsi en moyenne de 1,3 %. 

Viande bovine : la Chine annonce lancer une enquête globale sur les importations

A la demande de son industrie de l’élevage, le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 27 décembre, le lancement d’une enquête sur les mesures de sauvegarde visant les importations de viande bovine. Les associations professionnelles justifient cette demande par le fait que «les importations de viande bovine en Chine ont augmenté de 65% entre 2019 et 2023», et que «le volume des importations au premier semestre 2024 a plus que doublé par rapport au premier semestre 2019», lui causant « de graves dommages». L’Empire du milieu précise que l’enquête ne cible pas de pays ou de région spécifiques, ne distingue pas l'origine des produits et n'affectera pas les échanges commerciaux. Cette enquête, qui concerne la période entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2024, doit durer huit mois mais que ce délai pourra être prorogé «de manière appropriée dans des circonstances particulières». Le porte-parole du ministère chinois du Commerce ajoute que son pays est disposé «à maintenir la communication avec toutes les parties, à mener des consultations amicales, à prendre en compte les préoccupations de chacun et à œuvrer ensemble pour maintenir un environnement commercial international sain et stable».

Influenza aviaire : deux élevages français atteints, «en lien épidémiologique» (GDS)

Deux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés consécutivement, le 27 décembre dans l’Eure, et le 28 décembre dans le Calvados, annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. L’élevage normand est «en lien épidémiologique» avec le premier, affirme le directeur du GDS (Groupements de défense sanitaire) du Calvados, Etienne Gavart. Il rapporte que cet éleveur s’était approvisionné en volailles auprès de l’élevage de l’Eure et qu’il avait appris la contamination de celui-ci au moment où il constatait des cas cliniques dans son propre élevage. Cet élevage, situé près de Honfleur, comprenait environ 500 poules, pintades et chapons élevés en bâtiment, qui sont sacrifiées ce 31décembre». Alors que le niveau de risque «élevé» reste en vigueur, le ministère rappelle les «piliers complémentaires de la prévention contre l’IAHP» : la surveillance, la biosécurité et la vaccination des élevages de canards. La campagne de vaccination a débuté le 1er octobre et sera prise en charge à 70% par l’Etat en 2025, jusqu’au 30 septembre. En conséquence de ces détections, «la France perd son statut d’indemne d’IAHP qu’elle venait de recouvrer depuis le 15 décembre», confirme le ministère.

Influenza aviaire : état d’urgence en Californie relatif à l’infection des troupeaux laitiers

Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a déclaré la semaine passée l’état d’urgence à l’encontre de l’épidémie d’influenza aviaire dans les élevages laitiers de l’Etat. La presse américaine se fait l’écho de cette décision et de la dégradation de la situation sanitaire des États américains. Depuis le premier cas dans un troupeau à la fin août, le ministère de l’Agriculture californien avait détecté, à la date du 25 décembre, le virus aviaire dans 645 fermes sur un total de 865 troupeaux atteints au niveau national. La moitié des cas californiens se sont révélés dans les trente derniers jours. «Cette proclamation vise à assurer que les agences gouvernementales disposent des ressources et de la souplesse nécessaires pour répondre rapidement à cette épidémie», a déclaré le gouverneur, cité dans un communiqué de presse. La décision intervient après l’hospitalisation d’un résident de Louisiane atteint de la grippe aviaire (H5N1), le premier cas grave confirmé aux États-Unis. «Même si le risque pour le public demeure faible, nous allons continuer de prendre les mesures nécessaires pour prévenir la diffusion de ce virus», dit Gavin Newsom dans le communiqué.