Agrafil du 2 octobre 2024

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Eau: Michel Barnier veut organiser une «grande conférence nationale»

À l'occasion de son discours de politique générale, le 1er octobre, le nouveau Premier ministre a annoncé l'organisation d'une «grande conférence nationale, pour agir» sur l'eau. Elle devrait concerner tout à la fois la gestion quantitative et qualitative de l'eau, puisque Michel Barnier a fait son annonce après avoir évoqué les problèmes suivants: «sécheresses ou inondations, conflits des usages, pollution des nappes phréatiques, envolée des prix». Les précédents gouvernements avaient organisé un Varenne de l'eau en 2021, puis un Plan eau en 2023. En matière d'écologie, le Premier ministre est très succinctement revenu sur les chantiers Ecophyto (qu'il avait initié en 2008 et qu'il souhaite «poursuivre») et de la Planification écologique, pour laquelle il a appelé à reprendre les travaux de consultations en cours. Quant à la «simplification», pour laquelle une loi avait été déposée par le précédent gouvernement, il a appelé à «reprendre le chantier», à «mieux détecter les cas de surtransposition qui pénalisent la compétitivité de nos entreprises et de nos exploitations agricoles» et à «limiter au strict minimum les nouvelles normes».

Curage des canaux : deux sénateurs proposent de clarifier le «maquis réglementaire»

Après huit mois de travaux, le rapport de la mission conjointe de contrôle relative aux inondations survenues en 2023 et au début de l’année 2024 a été présenté à la presse le 25 septembre. Ses auteurs, Jean-François Rapin (Pas-de-Calais, LR) et Jean-Yves Roux (Alpes de Haute-Provence, PRG), émettent vingt recommandations visant à mieux armer les territoires face aux inondations. Concernant plus spécifiquement l’entretien des cours d’eau, les rapporteurs notent que les règles «s’avèrent particulièrement difficiles à appréhender, compte tenu de la diversité des procédures applicables». Un «maquis réglementaire» qui conduirait certains élus locaux à «l’inaction». Par ailleurs, les rapporteurs de la mission notent que la longueur des procédures administratives préalables nuit souvent à une intervention rapide dans les cours d’eau. Aussi, ils préconisent de clarifier auprès des acteurs locaux la distinction entre les régimes juridiques applicables aux interventions dans les cours d’eau, et d’instaurer une procédure accélérée d’instruction des demandes d’intervention. Nuançant, comme une mission du CGAAER avant eux, les effets bénéfiques du curage des cours d’eau, les rapporteurs soulignent par ailleurs la nécessité de mener un travail de pédagogie auprès des acteurs locaux, parmi lesquels les agriculteurs, pour expliquer notamment les conséquences du curage sur les milieux et les risques de crue et d'érosion des sols. 

Installation/foncier: vers une reprise rapide de la LOA et une «évolution» du ZAN

À l'occasion de son discours de politique générale, le 1er octobre, le nouveau Premier ministre Michel Barnier a annoncé que son gouvernement «reprendra sans délai» la loi d'orientation agricole (LOA), sans préciser ses intentions sur son contenu. Dans son discours, il a évoqué cette loi comme permettant de relever plusieurs «défis», après avoir notamment évoqué les lois Egalim, ou le plan Ecophyto. Cela ne signifie pas pour autant que ces thèmes seront repris dans la LOA, précise Matignon; le texte devrait être repris «en l'état». Lors de la passation de pouvoirs avec Marc Fesneau, la nouvelle ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait déjà annoncé son intention de reprendre la LOA. «J'espère que nous mènerons à son terme», avait-elle déclaré sans préciser de calendrier, ni de méthode. Deux parlementaires LR ont travaillé cet été sur ce sujet, et abouti à des stratégies différentes. Le député Julien Dive propose de réécrire un texte de loi, incluant notamment de nouveaux sujets comme la séparation de la vente et du conseil des pesticides, ou les relations commerciales - une stratégie a priori écartée. De son côté, le sénateur Laurent Duplomb propose de reprendre la LOA, et de faire adopter au préalable une proposition de loi dédiée aux «entraves», qu’il prévoit d’écrire d’ici octobre-novembre. Concernant l'objectif Zéro artificialisation nette, Michel Barnier souhaite le «faire évoluer de manière pragmatique», afin de «répondre aux besoins de l'industrie et du logement».

Sommet de l'élevage: attendu vendredi, Barnier promet du soutien et pointe les GMS

À l'occasion de son discours de politique générale, le 1er octobre, le nouveau Premier ministre Michel Barnier a expliqué vouloir «soutenir» les agriculteurs «lorsqu'ils sont frappés par les crises». La ministre de l'Agriculture Annie Genevard est attendue ce jeudi au Sommet de l'élevage pour y faire des annonces d'aides aux éleveurs, et Michel Barnier le lendemain, apprend-on de Matignon, confirmant une information de Contexte. Toutefois l'agenda du Premier ministre reste encore fluctuant, précise-t-on. Dans son discours, Michel Barnier a également plaidé, sans préciser la méthode, pour «renforcer la transparence sur les marges pratiquées dans la grande distribution (...) et encourager les contrats tripartites entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs». Plus tôt dans son discours, le Premier ministre a plaidé pour que la baisse de l'inflation soit «répercutée» dans les caisses des supermarchés. La FCD (distributeurs) a déploré une «stigmatisation insupportable» sur le réseau social LinkedIn. «Cette stigmatisation de notre secteur est insupportable alors que les enseignes de la grande distribution publient déjà chaque année leurs marges sur l'ensemble des rayons frais traditionnels, rayon par rayon, dans le cadre de l'Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM)», a réagi sur son compte LinkedIn la déléguée générale de la FCD, principale organisation représentant la grande distribution, Layla Rahhou. 

Crise agricole: actions FDSEA/JA dans le sud-ouest pour réclamer des «actions rapides»

Ces derniers jours, les FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont mené des actions dans deux départements de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie, la région d’où était partie le mouvement de colère agricole de l’hiver 2023-2024. En début de semaine, les JA des Pyrénées-Atlantiques ont mené des «actions nocturnes», recouvrant des panneaux de signalisation avec des messages comme «Où va-t-on sans paysans?» ou «L’État tue l’agriculture». «Nous mettons en garde l’État, nous attendons des actions rapides», explique le syndicat dans un message envoyé à la presse le 1er octobre, alors que le Premier ministre Michel Barnier faisait sa déclaration de politique générale le même jour. Les JA appellent la nouvelle ministre de l’Agriculture Annie Genevard, attendue jeudi au Sommet de l‘élevage, à «prendre des décisions fortes, sur des sujets brûlants comme le sanitaire, le revenu, et bien d’autres». Leurs revendications portent aussi sur la «simplification administrative» et sur des «mesures pour structurer l’agriculture» («projet de loi pour entreprendre en agriculture» porté par la FNSEA). Durant le week-end, la FDSEA et les JA du Gers avaient mené une action similaire, rapporte La Dépêche. Le 11 septembre, c’est dans le Tarn que les agriculteurs s’étaient mobilisés pour réclamer des vaccins contre la maladie hémorragique épizootique (MHE).

Cotisations: la MSA demande plus de moyens face à la forte demande d’allégements

A l'occasion de sa conférence de presse de rentrée, le 1er octobre, la MSA a tiré la sonnette d’alarme concernant la forte augmentation chez les agriculteurs des demandes d’allégements de cotisation et de mise en place d’échéanciers de paiement au second trimestre. «L'enquête que nous avons menée fait état d'un besoin de prise en charge de près de 90 millions d'euros», a expliqué Jean-François Fruttero, président. Pratiquement toutes les filières sont concernées, mais particulièrement l’élevage, la viticulture et les grandes cultures, ce qui est un phénomène inédit selon la MSA. Pour mémoire, l’organisme dispose d’une enveloppe annuelle de l’Etat de 30 millions d’euros (15 millions par semestre) pour l’allégement des cotisations. Dans ces conditions, Jean-François Fruttero a convenu que les 15 millions prévus seront «loin de couvrir la demande». Un rendez-vous avait eu lieu avec Marc Fesneau, ministre démissionnaire de l’Agriculture pour le «sensibiliser sur la justesse de l'enveloppe et le besoin de l'abonder significativement» a-t-il précisé. Le président de la MSA espère un rendez-vous rapide, «dans les prochains jours», avec Annie Genevard, nouvelle ministre de l’Agriculture. La MSA rappelle que depuis le printemps 2024, elle a mené des actions de prévention auprès 8 800 «primo-débiteurs», exploitants pour la première fois dans l’incapacité de régler leur cotisation. 

Sécurité sociale : retraite, affiliation et délégation, les trois mesures de la MSA pour le PLFSS

A l’occasion de sa conférence de presse de rentée le 1er octobre, la MSA a détaillé les mesures qu’elle entend mettre en avant dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025. Le sujet de la retraite agricole et de son calcul sur les 25 meilleures années est bien en tête de liste, alors que le gouvernement Attal envisageait un report à 2028 de sa mise en œuvre. «Aujourd’hui comme demain, la MSA est prête pour une mise en œuvre en 2026 », a expliqué son président Jean-François Fruttero à Agra presse. «C’est l’esprit de la loi. Et la parole publique compte». Et de souligner le besoin d’un texte clair et d’éléments précis pour s’assurer «que personne ne soit perdant». La MSA entend par ailleurs porter deux autres mesures. Il s’agit d’une part, de faciliter l’affiliation des entrepreneurs agricoles engagés dans de nouvelles activités (photovoltaïque, activités pédagogiques ou sociales au sein de l’exploitation…). L’autre dossier concerne l'activité de contrôle médical de la MSA, qui demande la généralisation de la délégation de tâches à des infirmières, après plusieurs années d'une expérimentation jugée probante.

Economies d’énergie: premier programme d'accompagnement des CEE en agriculture

À l’occasion du Sommet de l’élevage le 1er octobre, l’entreprise Fermes en vie (Feve) a annoncé le lancement d’un appel à candidatures dédié aux exploitants agricoles souhaitant réduire leurs consommations énergétiques, dans le cadre de son programme Fabacée. Doté d’un budget de 17 millions d’euros, il s’inscrit dans le cadre des certificats d’économie d’énergies (CEE) du ministère de la Transition énergétique. Une première dans le secteur agricole. « Au-delà de la dimension écologique qui nous anime, les agriculteurs ont tout intérêt à réduire leur consommation d’énergie qui représente la majorité de leurs charges », souligne explique Romain Behaghel, coordinateur du programme. Concrètement, le programme s’adresse aux structures d’accompagnement, telles les Chambres d’agricultures ou encore les Cuma, et permet à leurs adhérents de mettre en place des actions collectives pour réduire leur consommation d’énergie de 15 %. Parmi les dépenses consacrées au programme figure par exemple le financement de postes d’animateurs des groupes d’agriculteurs, pour un montant de 7 M€, mais également la mise en place d’un fonds de garantie visant à faciliter l’accès au crédit bancaire et l’expérimentation d’une assurance transition pour prendre en charge une partie du risque supporté par les agriculteurs (1,6 M€). 

Grandes cultures/pesticides: stagnation des IFT entre 2017 et 2021 (ministère)

Quatre ans après la dernière édition, le ministère de l'Agriculture a fait paraître, le 1er octobre, les résultats de sa nouvelle enquête nationale sur les pratiques culturales en grandes cultures, qui montre une relative stagnation des indices de fréquence de traitement (IFT) aux pesticides. L'enquête a été réalisée en 2021 (la dernière datait de 2017), au travers d'entretiens en face-à-face, pour plus de 30 000 parcelles. En blé tendre, le nombre moyen de doses de référence déclaré est de 5,1, le même qu'en 2017 (4,9 en 2014). On observe une même stagnation sur d'autres céréales à paille: 4,4 en blé dur (4,2 en 2017); 2,7 en triticale (2,6 en 2017). L'IFT du colza est également stable (6,4), tout comme ceux des maïs fourrage (2,4) et grain (2,9). Du côté des cultures industrielles, les plus gourmandes en pesticides, des hausses sont observées: 6,7 en betterave sucrière (contre 5,5 en 2017 et 5,3 en 2014); 19,8 en pomme de terre (contre 16,5 en 2017 et 18,9 en 2014). Parmi les cultures dont l'IFT recule, on peut citer le tournesol (2,4 contre 2,7 en 2017 et 2,8 en 2014) ou le pois protéagineux (4,3 contre 4,6 en 2017 et 2024). Le ministère de l'Agriculture ne commente pas l'évolution de ces chiffres; rappelons que sur cette même période, les surfaces de grandes cultures bio ont presque doublé, passant de 390 000 ha à 640 000 ha.

Grandes cultures: forte baisse des sols nus en hiver entre 2017 et 2021 (ministère)

Autre résultat de la nouvelle enquête nationale sur les pratiques culturales parue le 1er octobre, les surfaces de sols laissés nus en hiver avant des cultures de printemps ont fortement diminué en grandes cultures entre 2017 et 2021. Seulement 25% des surfaces françaises de tournesol étaient précédées d'un sol nul durant l'hiver 2020-2021, contre 48% sur 2016-2017. Mêmes tendances pour les maïs fourrage et grain avant lesquels la part des sols nus tombe respectivement à 24% et 35%, contre 32% et 65%. Cette évolution a des effets sur le climat. Dans une étude parue dans la revue scientifique Plos One le 8 mai, des chercheurs allemands avaient intégré l'effet du changement d'affectation des sols dans le calcul des effets climatiques des couverts semés avant une culture de maïs. Grâce aux effets positifs des couverts sur les rendements des cultures de maïs, et ainsi sur la réduction de leur emprise théorique au sol, ils estiment ainsi que passer de zéro à 100% des surfaces européennes de maïs précédées d'un couvert équivaut à diminuer les émissions agricoles de 13% sur ce territoire. 33% des bénéfices climatiques proviennent des gains de rendements attendus sur le maïs (+8,8%) - même si cette approche est controversée. L'enquête du ministère de l'Agriculture a été réalisée en 2021 (la dernière datait de 2017), au travers d'entretiens en face-à-face, pour plus de 30 000 parcelles.

Moissons: Cavac débloque de nouveau 2 M€ pour soutenir ses adhérents

Le conseil d’administration de Cavac a validé une nouvelle enveloppe de 2 M€ d’aides directes aux «1200 sociétaires les plus engagés avec la coopérative», soit jusqu’à 10 000 € par exploitation, pour une moyenne de 2 000 €, indique Nelly Lemasson, directrice communication du groupe vendéen (1,2 Md€ de CA, 716 000 t, 4700 adhérents), à Agra business. «Cette prime sera versée en rapprochant le tonnage récolté en 2024 pour les cultures de printemps (maïs et tournesol) de celui de 2023 qui était, rappelons-le, une très bonne année: une franchise de 25% sera appliquée», précise-t-elle. En Vendée, les conditions météorologiques sont catastrophiques depuis un an: déjà, la récolte 2024 de céréales était en recul de 50%. Alors qu’au 1er octobre, la pluie continue de tomber, les maïs et les tournesols sont encore sur pied, pas mûrs, dans des parcelles gorgées d’eau. «Aucun chantier de récolte et d’ensilage ne peut être programmé, poursuit-elle. L’inquiétude est vive, y compris pour les prochains semis de céréales.» Au printemps, la coopérative avait déjà validé une aide de 2 M€ assortie de reports d’échéances pour les semences de céréales à paille non utilisées et pour aider les semis de chanvre. «C’est donc au global plus de 4 M€ qui sont pris sur le résultat de la coopérative pour ces actions de solidarité», poursuit-elle. (Anne Gilet)

Pommes de terre: l’industrie devrait continuer à porter la hausse des surfaces

«L’industrie est actuellement le seul créneau porteur en France pour la pomme de terre», confie Bertrand Ouillon, délégué du GIPT (Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre), interrogé par Agra Business le 30 septembre. L’an passé, les surfaces avaient augmenté de 7000 à 10 000 ha. «Certains parlent de 40 000 ha en plus pour les années à venir. Si ces chiffres sont plausibles, cette dynamique devrait s’étaler sur les cinq à six ans à venir... à condition de disposer de plants et de contrats! Pour le printemps prochain, il n’est pas prévu de nouvelles ouvertures de lignes de production chez les industriels, ni en France ni chez nos voisins belges. Toutefois, les surfaces devraient de nouveau augmenter de 3000 à 4000 ha, portée notamment par la montée en puissance de l’usine de Clarebout Potatoes», dans le Nord. En France, deux usines sont en projet. Concernant celle d’Ecofrots à Péronne (Somme), la pose de la première pierre a eu lieu en février 2024. L’industriel belge, spécialiste de la frite surgelée, annonce un approvisionnement de 200 000 t pour la rentrée 2026 et de 400 000 t d’ici à 2030. Un potentiel qui devrait s’accompagner d’une hausse des hectares. Autre projet: celui du belge Agristo d’implanter une usine (300 000 t par an de produits surgelés à base de pommes de terre) à Escaudoeuvres (Nord), sur l’ancienne sucrerie de Tereos. Une concertation a eu lieu cet été. (Anne Gilet)

Pistache : fort développement des surfaces en Espagne, à la faveur des sécheresses

Confrontées à un manque d’eau croissant, dans un pays lui-même en première ligne face au changement climatique, nombreuses sont les régions espagnoles à s’être lancées dans la pistache, principalement en Castille-la-Manche, en Andalousie et en Estrémadure. Chaque année, entre 5 000 et 10 000 hectares supplémentaires sont convertis à cette culture originaire «de régions désertiques», indique Mario González-Mohino, ingénieur agronome et directeur du site spécialisé Pistacho Pro. Ce fruit est donc «beaucoup mieux adapté» à la nouvelle donne climatique, ajoute-t-il. Selon le ministère de l’Agriculture espagnol, les terres qui lui sont consacrées ont été multipliées par cinq en sept ans, à 80 000 hectares. Cela fait de l’Espagne le premier pays pistachier d’Europe en matière de surface, et le quatrième au monde derrière les États-Unis, l’Iran et la Turquie. La production pour sa part «est encore limitée», proche de 9 000 tonnes par an, «mais elle va augmenter rapidement car la grande majorité des parcelles ne sont pas encore entrées en production», les arbres étant en général exploitables au bout de sept ans, précise l’ingénieur agronome. «Il y a une forte demande, c’est un secteur dynamique», abonde Joaquín Cayuela Vergés, secrétaire général de la coopérative Pistamancha, qui commercialise 90% de sa production en Europe, entre 10 et 11 euros le kilo.

Lactalis: la Conf’ saisit le médiateur, la FNPL veut un «accompagnement»

Réagissant à l’annonce de Lactalis de réduire sa collecte de lait, la Confédération paysanne annonce, dans un communiqué du 26 septembre, qu’elle compte «saisir le médiateur des relations commerciales» et «examiner les suites juridiques à donner à cette décision». Le syndicat dénonce une «rupture unilatérale de contrats» de la part du n°1 mondial du lait, réalisée «dans une totale opacité». «Lactalis, on ne va pas le lâcher», a déclaré de son côté Yohann Barbe, président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), lors d’une conférence de presse le 1er octobre au Sommet de l’élevage, où une banderole a été déployée près du ring des vaches laitières. «Il faut que Lactalis comprenne qu'il est en train de faire un plan social» et que cela suppose d'«accompagner» les producteurs, a-t-il affirmé. Et d’illustrer: dans les fermes, «tous les tanks à lait appartiennent à Lactalis, ils ne doivent pas être enlevés» tant que l'éleveur n'a pas trouvé de nouvel acheteur. Quant à la Coordination rurale, elle demande sur X «le retrait immédiat» du projet de Lactalis. Enfin, dans un communiqué du 1er octobre, France OP Lait (organisations de producteurs) réclame «des mesures structurelles pour corriger [les] déséquilibres» entre laiteries et éleveurs, ainsi que des «contrôles rigoureux et, le cas échéant, des sanctions effectives pour les industriels ne respectant pas la loi».

Alimentation animale: Axéréal Elevage devient Tellus, et déploiera l'aide de Sanders aux éleveurs

Trois jours après que l'Autorité de la concurrence a autorisé le rachat d'Axéréal Elevage, le groupe Avril précise que cette entreprise sera rebaptisée Tellus (du nom de sa marque historique) selon un communiqué paru le 1er octobre, et qu'elle déploiera l'aide de sa filiale Sanders aux éleveurs, a-t-on appris auprès de la direction. Le groupe fera cohabiter les marques Tellus et Sanders afin de «maintenir une diversité d’offres de services et produits aux éleveurs, répondant à chacun de leurs besoins», indique par ailleurs le communiqué. Interrogé par Agra business, le DG de Sanders, Philippe Manry prévoit que «que Tellus puisse bénéficier du plan d’aides Sanders» et qu'elle «puisse participer dans le Massif Central aux actions de Sanders pour recapitaliser l’élevage et les cheptels de toutes espèces». De fait, Tellus apporte à Sanders 400 000 tonnes d’aliments composés fabriquées sur 9 sites, et vient renforcer l'implantation d'Avril dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire. «Le plus important est de pouvoir répondre à la diversité des élevages et filières de la région, beaucoup étant sous signes de qualité», commente Philippe Manry.

Volaille : le Poulet AOP du Bourbonnais recrute des éleveurs

La filière du Poulet du Bourbonnais, forte de son AOP obtenue en novembre 2023, propose d’aider à s’installer au moins cinq éleveurs en 2025. Elle en compte aujourd’hui huit, qui mettent en place 500 poulets par semaine. Son communiqué met en avant sa rentabilité, les subventions de la Région Auvergne Rhône-Alpes et du département de l’Allier ainsi que le prix de «la fourniture des poulaillers, négocié par la filière». Les éleveurs (propriétaires des volailles selon la précision demandée) bénéficient de la coordination entre le fabricant d’aliments Tellus (ex-Axéréal Elevage, appartenant désormais à Sanders), l’abattoir Allier Volailles et le couvoir Auvergne Poussin (également repris par le groupe Avril), d’un conseil technique et des échanges sur les prix de reprise avec l’abattoir. Les futurs éleveurs de Poulet du Bourbonnais installeront idéalement au moins deux deux poulaillers d’une dimension maximale de 70m² et s’ouvrant un parcours de 3000m², selon le communiqué. Les poulaillers en bois hébergent au maximum 500 poulets, contre 4 400 par bâtiment pour le poulet fermier d’Auvergne, qui est la spécialité d’Allier Volailles.

Bio/bien-être animal: la Cour des comptes européenne pointe les écarts de trois pays

Dans son rapport sur l’agriculture biologique dévoilé le 23 septembre, la Cour des comptes européenne (CCE) pointe le non-respect des normes «élevées» de bien-être animal dans trois des quatre pays audités – l’Autriche, la Pologne et l’Italie – pendant la période 2014-2022. La CCE explique que les Etats membres peuvent accorder des dérogations aux éleveurs, notamment en matière de prévention de la souffrance animale, du moment qu’elles sont «limitées au minimum, et le cas échéant, limitées dans le temps». Or les trois Etats pointés du doigts ont accordé des autorisations «générales» pendant «de nombreuses années consécutives». Cela a conduit les éleveurs bio autrichiens à devoir rembourser à la Commission européenne «16,4 millions d’euros de paiements indus au titre de la PAC pour non-respect des règles en matière de bien-être animal». L’Autriche s’est mise au diapason «en 2021», et la Pologne «en 2022». Ce n’est pas le cas de l’Italie qui «continue» d’accorder «une autorisation générale (…) pour l’attache des animaux dans les petites exploitations», déplore la Cour.  

Bio: Aude Sivel élue présidente de Natexbio (transformateurs et distributeurs)

Aude Sivel est la nouvelle présidente de Natexbio, la fédération des transformateurs et distributeurs bio. Elle a été élue lors du salon Natexpo qui s’est tenu à Lyon fin septembre, selon un article du magazine Bio Linéaire. L’intéressée a confirmé cette information sur son profil LinkedIn. Elle prend la suite de Pierrick de Ronne, ancien président de Biocoop et qui assurait cette fonction depuis 2020 selon sa page sur le réseau de professionnels. Aude Sivel est par ailleurs vice-présidente du Synadis bio, le syndicat des distributeurs spécialisés bio. Elle est aussi vice-présidente d’Accor bio, une association de 200 magasins bio indépendants où elle est responsable de la région Centre.