Agrafil du 31 juillet 2024

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Restauration de la nature: le texte publié, place à l'élaboration des plans nationaux

La loi européenne sur la restauration de la nature a été publiée, le 29 juillet, au Journal officiel de l’UE et entrera en vigueur le 18 août. Ce texte qui a fait l’objet d’intenses discussions prévoit la restauration d’au moins 20 % des zones terrestres et tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici 2050, y compris les écosystèmes agricoles. Les États membres devront présenter des plans nationaux de restauration d’ici deux ans à la Commission européenne. Pour les écosystèmes agricoles, il faudra obtenir des tendances à la hausse pour des indicateurs comme les papillons des prairies, la part des terres agricoles présentant des caractéristiques paysagères à forte diversité, les stocks de carbone organique dans les sols, les pollinisateurs ou les oiseaux des milieux agricoles. Les texte impose aussi la restauration des tourbières mais avec des dérogations pour les agriculteurs. Une question reste en suspens: le financement qui inquiète particulièrement les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). «L’élaboration des plans nationaux de restauration ne devrait pas entraîner d’obligation pour les États membres de reprogrammer un financement au titre de la Pac», précise toutefois le règlement.

Négoce : Ternoveo crée une direction opérationnelle et rejoint Ceremis

Ternoveo, le deuxième négoce agricole français (557 M€ de CA, 1 Mt de collecte) crée une direction opérationnelle, pilotée par Frédéric Boynard. Ce dernier était auparavant directeur approvisionnement du négoce. Sa nouvelle mission consistera à apporter des solutions aux agriculteurs pour faire face à des marchés de plus en plus volatils, tout en accompagnant les transitions agricoles, au travers notamment de leur gamme de biosolutions. Dans le même temps, Ternoveo a fait le choix de rejoindre l’union de commercialisation Ceremis (4 Mt de céréales commercialisées par an) à laquelle adhèrent déjà les coopératives Agora, Sana Terra, Unéal et Valfrance. Pour encadrer cette évolution, François Rayé est nommé directeur céréales : il occupait le poste de chef marché semences depuis plus de 15 ans chez Ternoveo. Cette nouvelle organisation s’inscrit dans le cadre du projet d’entreprise du groupe Advitam auquel appartient le négoce des Hauts-de-France, implanté à Saint-Quentin dans l’Aisne. L’enjeu: «Poursuivre son développement tout en assurant à ses clients une chaîne de valeur optimisée de l’approvisionnement à la commercialisation de leurs productions.» Le remplacement des postes qu’occupaient Frédéric Boynard et de François Rayé est en cours de finalisation.

Phytos : le comité de déontologie de l’Anses défend les mandats successifs chez ses experts

En l’absence de règles sur le nombre de mandats successifs chez ses experts, l’Anses s’était auto-saisie de la question il y a plus d’un an. L’agence a publié le 4 juin l’avis de son comité de déontologie et de prévention des conflits d’intérêts. Conclusion : les avantages et inconvénients d’une limitation des mandats se compensent. Le comité invite à «ne pas sous-estimer les risques d’installation insidieuse de prises de pouvoir ou d’affirmation “non contestable“ d’autorités intellectuelles dans les collectifs» d’experts. Un renouvellement des membres permet de l’endiguer. En même temps, le comité estime qu'«une certaine continuité dans les mandats serait à encourager, pour autant qu’elle soit bigarrée, dans des proportions équilibrées, par la présence d’experts moins expérimentés». Le cas des compétences rares est mis en avant. «La rareté de certaines compétences indispensables à la réalisation d’expertises constitue un obstacle à l’édiction de règles précises en matière de nombre de mandats», selon l’avis. Le rapport propose aussi de consolider la présence d’experts relevant des sciences humaines et sociales. Au total, sept recommandations et six points d’attention sont avancés.

Foncier : l’indice des fermages à nouveau en hausse, de 5,23 % pour 2024 (JO)

L’indice national des fermages s'établit à 122,55 pour l’année 2024, selon un arrêté du ministère de l’Agriculture publié le 30 juillet au Journal officiel. Cela marque une augmentation de 5,23 % par rapport à l’an dernier. Utilisé pour le calcul du loyer des terres nues et bâtiments d’exploitation, il tient compte de l'indice du revenu brut d'entreprise agricole national à l'hectare de 122 en 2024 (indice base 100 en 2009) et de l’indice du prix du produit intérieur brut de 123,38 en 2024 (indice base 100 en 2009). L’indice avait déjà progressé de 5,63% en 2023 et de 3,55% en 2022. Depuis 1997, «le prix des fonds loués a augmenté de 36,7 % quand celui des fonds libres a augmenté de 39,5 % en valeur constante», rappelait la Safer dans son dernier rapport annuel. Et de constater que la surface agricole utile (SAU) en fermage «ne cesse de progresser en France, même en excluant le «faux fermage» (lorsqu’un des membres agriculteurs met un bien à disposition de sa société d’exploitation)».

Bassines: plaintes du réseau FNSEA/JA contre le maire de Melle pour l'accueil des manifestants

Quelques jours après la clôture du Village de l'eau et des manifestations interdites sur la commune de Melle et de ses alentours, dans les Deux-Sèvres, seize syndicats des réseaux FNSEA et JA ont déposé plainte le 30 juillet contre le maire Sylvain Griffaut, pour avoir «mis à disposition des commandos anti-réserves un terrain qui leur a servi de camp de base». Pour les syndicats, les manifestants ont lancé des «menaces particulièrement claires et explicites contre les outils de travail des exploitants irrigants», créant «un préjudice moral avéré, accompagnées d’un harcèlement psychologique et de menaces quotidiennes subis pendant plusieurs jours». Ils ajoutent que les rassemblements et feux de champs ont généré des préjudices matériels: «impossibilité de moissonner (la préfecture ayant par ailleurs expressément décidé de placer le territoire sous haute surveillance en raison des risques forts d’atteinte aux biens et aux personnes), d’ouvrir les magasins, de livrer les récoltes aux silos, le paiement de frais de gardiennage».

Volailles: L214 dépose un recours contre l’extension d’un élevage de l’Orne

Dans un communiqué du 30 juillet, l’association de défense des animaux L214 annonce déposer un recours, avec trois autres associations (FNE Normandie, Bien vivre dans le Perche, Perche avenir environnement), auprès du tribunal administratif de Caen contre l’extension d’un élevage de volailles situé à Belforêt-en-Perche dans l’Orne. Les associations contestent la décision de la préfecture de l’Orne qui autorise, dans un arrêté publié le 29 juillet, l’extension de l’exploitation pour accueillir 58 000 poulets dans deux poulaillers. En mai, L214 avait dénoncé la situation dans cet élevage, diffusant des images montrant des animaux «entassés», vivant parmi des «cadavres» sur une litière «souillée de déjections et d’urine». L’éleveur livre ses animaux au groupe LDC (Le Gaulois, Maître coq), régulièrement mis en cause par L214. «Avant même d’en avoir l’autorisation, (…) l’éleveur avait déjà rempli ses deux bâtiments de dindes et de poulets à des seuils qui dépassent l’autorisation actuelle» (30 000 poulets), affirmait l’association qui demandait au préfet de refuser l’extension de l’élevage. 

Consommation: recul au mois de juin, notamment sur l’alimentaire, d’après l’Insee

La consommation des ménages a reculé en juin, diminuant de 0,5% en volume par rapport au mois de mai, avec un repli notamment de la consommation d'énergie et alimentaire, indique le 30 juillet l'Insee dans un communiqué. Cette baisse fait suite à un rebond de 0,8% en mai, un chiffre revu «fortement à la baisse de 0,7 point» par rapport à la première estimation de l'Insee, en raison «d'un mois de mai très particulier en termes de normales saisonnières», entraînant «une révision des données brutes sur l'énergie». En juin, la consommation alimentaire s'affiche en baisse de 0,7% sur un mois. «Ce repli provient d'une baisse généralisée des achats sur la quasi-totalité des postes de consommation alimentaire», affirme l'Insee, soulignant que «la consommation de tabac est notamment en forte baisse». Sur un an, la consommation des ménages est en baisse de 1%, tirée notamment par un recul de la consommation alimentaire. Sur l'ensemble du deuxième trimestre 2024 en revanche, elle est «stable» par rapport à celle du premier trimestre.

Distribution: le chiffre d’affaires de Teract progresse en 2023-2024, porté par l'alimentaire

Malgré «une conjoncture morose», le groupe de distribution Teract, dont l’actionnaire majoritaire est l’union de coopératives InVivo, enregistre un chiffre d’affaires annuel de 911,5 millions d’euros (M€) en 2023-2024, en légère progression par rapport à 2022-2023 (902,1M€). Ce chiffre d’affaires a été «réalisé dans un contexte marqué au second semestre par une météo particulièrement défavorable et un indice de confiance des ménages inférieur à ses niveaux historiques, en dépit de la stabilisation progressive de l’inflation», indique un communiqué du 30 juillet. La part de l’alimentation prend de l’importance dans les ventes: 16% contre 10,4% en 2022-2023. Cette progression est liée à «la pleine consolidation des sociétés récemment acquises» (Boulangerie Louise et Grand Marché La Marnière), à des «ouvertures de nouveaux magasins», ainsi que la «bonne performance de la boulangerie/snacking au sein des magasins franchisés et du bio» (Bio&Co). Le chiffre d’affaires des activités alimentaires de Teract s’élève à 145,4 M€ pour l’exercice 2023-2024, en croissance 55,5% en données publiées et de -0,6% en données comparables. En revanche, les ventes des activités de jardinerie et d’animalerie (Gamm vert, Jardiland, Terroir et Noé, Delbard…) sont en recul de 5,3% en données publiées, en raison de «la diminution du parc de magasins», et de 3,3% en données comparables, soit un chiffre d'affaire de 766 M€. 

Boissons alcoolisées : Diageo chute en Bourse après un plongeon de son bénéfice

Le géant britannique des boissons alcoolisées Diageo (Guiness, SMirnoff, J&B) a dévissé le 30 juillet à la Bourse de Londres après avoir publié des résultats annuels en baisse, à cause d'une mauvaise performance en Amérique du Sud, Amérique du Nord et dans les Caraïbes. Sur l’exercice 2023-2024, les ventes du groupe ont reculé de 1,4% sur un an, à 20,3 Md$, en raison d'un déclin des volumes et d'un taux de change défavorable, malgré une hyperinflation qui a par endroits gonflé les recettes. Le bénéfice net part du groupe a chuté de 13% sur un an, à 3,9 Md$, selon un communiqué. Cet exercice «a été difficile pour le secteur et pour Diageo avec une volatilité géopolitique et macroéconomique continue» et «nous nous sommes concentrés sur les mesures à prendre pour s'assurer que Diageo est bien positionné pour de la croissance à mesure que l'environnement s'améliore pour les consommateurs», notamment avec un repli de l'inflation par rapport à celle d'il y a un ou deux ans dans de nombreux pays, a souligné la d.g. Debra Crew. En janvier, Diageo avait déjà annoncé une chute de son bénéfice semestriel à cause de ventes en déroute en Amérique du Sud, où les Brésiliens notamment se mettent à la bière, délaissant les alcools plus forts et plus chers.

Coopératives: Céline Gillet nommée directrice générale de la Scara

Céline Gillet a été nommée directrice générale de la Scara, annonce la coopérative de l'Aube dans un communiqué du 29 juillet. Elle a occupé pendant 13 ans, au sein de cette même coopérative, le poste de responsable administratif et financier. Elle souhaite notamment renforcer la valorisation des savoir-faire et du revenu agricole, accompagner les transitions, apporter du sens au métier d’agriculteur et donner envie aux jeunes générations de se lancer, indique le communiqué. La Scara a réalisé 111 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et gère une collecte annuelle moyenne de 220 000 tonnes. Elle compte 615 adhérents et 77 salariés. 

Assemblée nationale: un député ciottiste rapporteur à l'Agriculture du PLF 2025 (presse)

Le député ciottiste Vincent Trébuchet (A droite, Ardèche) a été nommé, le 29 juillet, rapporteur de la mission Afaar (Agriculture) du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, rapporte le média spécialisé Contexte. Il remplace le député Modem Pascal Lecamp.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.