Gel 2022: un décret et un arrêté cadrent les conditions d’indemnisation (JO)
Un décret précisant les modalités d’indemnisation au titre du régime des calamités agricoles, à la suite de l’épisode de gel du 1er au 5 avril, est paru au Journal officiel le 2 août. Pour les pertes de récoltes sur arbres fruitiers et petits fruits, le préfet de département peut demander la reconnaissance des calamités agricoles au CDE (comité départemental d’expertise) «avant la fin de campagne». Concernant les demandes d’indemnisation individuelles par les producteurs, le préfet peut fixer un délai de dépôt «supérieur à 30 jours» pour ceux qui ne le font pas par télédéclaration. Enfin, les pertes essuyées par l’agriculteur doivent atteindre au moins 11% de la valeur du produit brut de l’exploitation. En outre, un arrêté, paru au JO le même jour, fixe le taux d’indemnisation pour les pertes de récolte sur arbres fruitiers et petits fruits touchés par le gel. Ce taux d’indemnisation est de 28% pour des pertes comprises entre 30% et 50%. Il est fixé à 33% pour des pertes comprises entre 50% et 70%. Enfin, il est de 40% pour des pertes supérieures à 70%. Avec un impact plus hétérogène qu'en 2021, l'épisode de gel d'avril a provoqué des dégâts principalement sur les fruits à noyau, notamment sur les prunes dans le Sud-Ouest. Mais les vignes ont aussi pu souffrir, selon leur localisation et leur cépage.
PJL pouvoir d’achat: la CMP suit le Sénat sur le biogaz et les huiles de friture
La commission mixte paritaire (CMP) est parvenue à un accord sur le projet de loi (PJL) sur le pouvoir d’achat, en fin de journée le 1er août. Les sept députés et les sept sénateurs qui composaient la CMP ont conservé l’idée du sénateur Daniel Gremillet (LR, Vosges) de «développer les projets de production de biogaz et de toute autre forme de gaz renouvelable, en particulier ceux issus de la méthanisation agricole», afin de renforcer la sécurité énergétique de la France. L’article 12 bis du texte issu de la CMP créé notamment un «portail national du biogaz», ainsi que la possibilité pour l’État d’expérimenter pendant trois ans un «guichet unique» pour accompagner les porteurs de projet. La CMP a aussi suivi l’avis du Sénat en revenant sur la légalisation des huiles alimentaires usagées comme carburant, disposition qui avait été adoptée en première lecture par les députés. À la place, elle demande au gouvernement de remettre, d’ici le 1er janvier 2023, un rapport sur les conséquences environnementales, économiques et techniques d’une telle mesure. Ce rapport pourrait présenter éventuellement «des scénarios possibles d’évolution du droit existant». Le texte de la CMP doit désormais être voté en séance plénière à l’Assemblée nationale et au Sénat le 3 août.
Distribution : lancement en bourse de Teract, issu de 2MX Organic et InVivo Retail
Fruit du rapprochement d’InVivo Retail (réseau de distribution comptant comme marques Jardiland, Gamm vert, Bio&Co, etc.) et de 2MX Organic (société cotée du trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari), Teract est entrée en bourse le 1er août. Le but de ce rapprochement est de «créer un acteur disruptif majeur de la distribution alliant tradition et modernité, production et distribution, savoir-faire agricoles et innovation, expérience en magasin et en ligne», explique un communiqué. L'objectif de Teract est de cibler 100 ou 200 points de vente d'InVivo Retail où développer une offre alimentaire sur la surface commerciale existante comme la nouvelle enseigne « Grand Marché – Frais d’ici ». L’entreprise est déjà en négociation pour une croissance externe avec un réseau de boulangeries. Les fonds de Teract proviennent de son introduction en bourse, qui a permis de lever «un peu plus de 100 millions d’euros» (M€), et «d’une augmentation de capital réservée» de 12 M€ souscrite par Bpifrance. En 2020, 2MX Organic avait annoncé avoir levé 300 M€ lors de son introduction en bourse. Cependant, certains investisseurs se sont retirés.
Influenza: la vaccination contre la grippe saisonnière recommandée aux professionnels
«La vaccination contre la grippe saisonnière est désormais recommandée» aux professionnels exposés aux virus influenza aviaires, indiquent les pouvoirs publics sur le site service-public.fr (rubrique «Les nouveautés»). Jusque-là, cette recommandation ne s’appliquait qu’aux professionnels exposés aux virus influenza porcins. La vaccination contre la grippe humaine «n'est pas une mesure de protection individuelle contre les virus zoonotiques porcins ou aviaires», elle vise surtout à «éviter la transmission aux animaux des virus influenza humains», et donc le risque de recombinaison par la suite, peut-on lire sur le site d’information du gouvernement. Dans son bilan de l’épisode 2021-2022 d’influenza aviaire, l’Anses appelle à «la plus grande vigilance» face au «risque zoonotique potentiel» (transmission à l’Homme). L’agence sanitaire a recensé «21 cas d’infections chez l’être humain» dans le monde, ainsi qu’un «nombre élevé d’évènements de franchissement de la barrière d’espèce des oiseaux aux mammifères (…) au niveau international» (phoques, renards, loutres, putois, lynx ou encore furets). Vu la multiplication des foyers dans le monde, «ces signalements relatifs au franchissement de la barrière d’espèces oiseaux-mammifères sont appelés à se développer», prévient l’Anses.
Légumes: CA en hausse pour Bonduelle, mais une rentabilité moindre que prévu
Le chiffre d’affaires (CA) de Bonduelle a atteint 2,8917 milliards d’euros (Mrd€) sur son exercice 2021-2022 (clos le 30 juin), annonce le groupe dans un communiqué le 1er août. Soit une hausse de 1,8% à taux de change et périmètre constant (+4,1% en données publiées). En zone Europe, Bonduelle affiche un CA en croissance de 6,9% en données comparables (+6,7% en données publiées, à 1,3573 Mrd€). En zone hors Europe, le groupe affiche une croissance en repli de 2,4% en données comparables (+1,8% en données publiées, à 1,5344 Mrd€). En Amérique du nord, Bonduelle observe un «retrait significatif» sur ses activités de frais à consommer, à cause d’un redressement volontariste «plus difficile que prévu» conjugué à la hausse des coûts. Ainsi, Bonduelle prévoit une rentabilité annuelle moindre que prévu. «La croissance attendue de la marge opérationnelle courante devrait s’inscrire en deçà de l'objectif communiqué de + 3,6% à périmètre comparable et changes constants sur l’exercice 2021-2022», indique le groupe.
Bovins: le roseau, une alternative à la paille de céréales pour les litières (Inrae)
Une étude menée par l’Inrae à la ferme expérimentale de Saint-Laurent-de-la-Prée (Charente-Maritime) et publiée le 1er août montre que le roseau commun constitue une véritable alternative à la paille de céréales dans les litières des bovins, pour les exploitations désirant valoriser les ressources naturelles locales. Cette ferme expérimentale, située en marais, cherchait des alternatives pour le logement de ses vaches allaitantes. Ainsi, l’étude a permis de déterminer les modalités pratiques et économiques de la récolte de roseau, d’évaluer la qualité du roseau en tant que litière et d’interroger ses avantages environnementaux. Dans les mêmes conditions de paillage, au niveau de l’état de propreté des animaux, de la facilité de paillage, de la valeur fertilisante des composts issus des litières ou encore du coût de revient, les résultats apparaissent très semblables à la paille de céréale, conclut le rapport. Surtout, l’avantage environnemental n’est pas négligeable: pendant sa croissance, le roseau favorise la biodiversité, piège le carbone et participe à l’épuration de l’eau. L’étude attire néanmoins l’attention sur la nécessité d’une bonne gestion de ce capital naturel, condition indispensable pour la généralisation de cette pratique agroécologique.
Auvergne-Rhône-Alpes: la Région investit environ 1,8 M€ dans ses filières agricoles
Le 1er août, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé investir près de 1,8 million d’euros afin de soutenir 14 filières régionales. Cette «série d’aides, votées le 30 juin dernier en commission permanente», précise un communiqué, sera notamment dirigée vers le secteur viticole (172 opérations pour 1 137 064 €), le secteur apicole (quatre opérations pour 237 881 €), et le secteur porcin (six opérations pour 136 000 €). Au total, cet investissement concerne 238 opérations allant du plan aquacole (quatre opérations pour 52 227 €) jusqu’au plan truffes (cinq opérations pour 12 262 €), en passant par le plan bovins lait (13 opérations pour 43 672 €). Depuis sa nomination en 2016, Laurent Wauquier, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, impulse des investissements agricoles permettant à la région de devenir le premier budget agricole de France, d’après le communiqué. La collectivité rappelle que «devant initialement arriver à échéance en décembre 2021, l’ensemble des plans filières régionales a été renouvelé pour une année supplémentaire afin d’aligner les calendriers de l’Europe, de l’État et de la Région.»
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.