FCO: Genevard étend la vaccination contre le sérotype 3 à toute la France
«J’ai décidé que la vaccination gratuite [contre la FCO-3, fièvre catarrhale ovine de sérotype 3] sera ouverte à toute la France pour la filière ovine», a annoncé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 3 octobre dans son discours au Sommet de l’élevage. «Nous avons les stocks de vaccins nécessaires» pour étendre cette campagne de vaccination volontaire, qui vise aujourd’hui les trois quarts du pays. Concernant le sérotype 8, pour lequel certains vaccins sont en rupture, la nouvelle ministre a indiqué qu’elle s’entretiendra lundi avec son homologue espagnol pour «parer à la pénurie de vaccins», tout en faisant «pression sur tous les laboratoires susceptibles de relancer la production de vaccins». En revanche, Mme Genevard n’a pas évoqué de commande de nouvelles doses de vaccins contre la maladie hémorragique épizootique (MHE). Par ailleurs, comme attendu, la nouvelle ministre a annoncé un «fonds d’urgence qui permettra d’indemniser les éleveurs touchés [par la FCO-3] pour leurs pertes directes, et dont l’enveloppe sera annoncée par le Premier ministre». Pour les pertes dues à la FCO-8 et à la MHE, les programmes du FMSE (fonds professionnel), abondés à 65% par l’État, «sont désormais validés jusqu’à la fin de l’année». Enfin, Annie Genevard a annoncé avoir «demandé officiellement à la Commission européenne que la France puisse bénéficier de la réserve de crise européenne».
Élevage: Genevard reprend à son compte les engagements du précédent exécutif
Le gouvernement Barnier «sera au rendez-vous des engagements pris pour l’élevage (…) par le précédent gouvernement», a promis la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 3 octobre dans son discours au Sommet de l’élevage, à Cournon (Puy-de-Dôme). En particulier, «le projet de budget intègrera bien un nouvel avantage fiscal et social pour lutter contre la décapitalisation du cheptel bovin», annoncé par Bruno Le Maire un an plus tôt. Cette «mesure fiscale» destinée à effacer l’effet de l’inflation sur le cheptel souche représente «un effort exceptionnel de 150 M€», a rappelé la ministre. Également annoncé au Sommet de l’élevage en 2023, le plan de souveraineté pour l’élevage «continuera son déploiement». Quelques mois plus tard, les manifestations hivernales avaient poussé le gouvernement a présenter, fin février, une version complétée de ce plan: elle incluait 400 millions d'euros de prêts garantis au secteur de l'élevage dès juillet ; la publication fin février du décret protégeant les dénominations utilisées pour désigner les denrées alimentaires d'origine animale, suspendu quelques semaines plus tard au Conseil d'Etat ; mais aussi des mesures visant à obliger la restauration collective à intégrer dans ses menus 100% des produits «durables et de qualité» pour les viandes et poissons ; la promesse de ne pas faire de la réduction du cheptel un objectif de politiques publiques sur le climat ; une campagne de communication de 3 millions d'euros sur les métiers agricoles ; un groupe de travail interministériel sur le contenu des manuels scolaires en rapport à l'élevage.
Loup: en Haute-Saône, le président de la chambre appelle à tirer sur le prédateur (presse)
Thierry Chalmin, le président de la chambre d’agriculture de Haute-Saône, a appelé les éleveurs à «protéger vous-mêmes vos biens, à sortir armés et à «taper» un loup si vous en voyez un», d’après un courrier signé de sa main et publié par L’Est républicain le 2 octobre. «Je considère que l’État n’applique pas à l’élevage le principe général de «l’intégrité des biens et des personnes» et qu’il y a carence de l’État et de la République», écrit encore l’élu. Des propos assumés, selon le quotidien régional, et déjà tenus lors d’une session de la chambre le 20 septembre. La veille, des éleveurs avaient accroché une brebis tuée par le loup aux grilles de la préfecture. Courant septembre, plusieurs ovins et bovins ont été victimes d’attaques de loup à Grammont et Mélecey (Haute-Saône), ainsi qu’à Accolans (Doubs). Selon le directeur de la DDT de Haute-Saône (préfecture), cité par l’Est républicain, le loup en question est «atypique car audacieux par rapport à l’homme». «Issu d’une meute franco-suisse, l’animal observé à plusieurs reprises cet été est arrivé à la limite entre Doubs et Haute-Saône», écrit le quotidien. Au niveau européen, les États membres ont voté, le 25 septembre, pour l’abaissement du niveau de protection du loup.
Egalim, LOA: Annie Genevard va relancer les travaux sur Egalim, reprendre la LOA en l'état
A l'occasion de son discours au Sommet de l’élevage,à Cournon (Puy-de-Dôme), le 3 octobre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a tenté de tracer de premiers éléments de feuille de route sur d'autres sujets que le sanitaire. Évoquant les réflexions sur Egalim, Mme Genevard a salué les «nombreuses pistes prometteuses» contenues dans le rapport des ex-députés Anne-Laure Babault Alexis et Izard, qui «ne doivent pas rester lettre morte». Ce rapport contient une trentaine de propositions, dont la fixation d'une date butoir dans les négociations entre les organisations de producteurs et les laiteries, ou l'obligation pour les industriels de donner une visibilité sur la part de matière première française contenue dans ses produits à son acheteur. «Nous relancerons dans les semaines à venir les réflexions sur l’évolution du cadre législatif», a-t-elle lancé. Enfin, comme indiqué par Matignon, la nouvelle ministre a plaidé pour la poursuite de l'examen de la LOA sans modifier son contenu. À ses yeux, le texte actuel contient «des avancées importantes qu'il faut engranger car elles sont attendues»: le classement de l'agriculture comme activité «d'intérêt général majeur» (article 1), les mesures sur l'enseignement agricole, l'installation et la transmission, ainsi que la «dépénalisation des attaques non intentionnelles et non irréversibles sur l'environnement». «Je veux sécuriser rapidement ces acquis au Sénat pour ne pas risquer de les détricoter avec la tentation d’un nouveau texte», a indiqué Mme Genevard, sachant que «les équilibres [à l’Assemblée] ont changé entre la première lecture et ce qui sera une deuxième lecture».
Commission européenne: la Comagri seule en charge de l'audition de Christophe Hansen
En plus des dates des auditions des futurs commissaires européens (du 4 au 12 novembre), la Conférence des présidents du Parlement européen a également statué sur la répartition des responsabilités entre les commissions parlementaires pour mener ces auditions. Celle de l’Agriculture (Comagri) sera seule en charge de l’audition commissaire désigné à l’Agriculture Christophe Hansen, les commissions de l’Environnement (Comenvi) et de la Pêche étant seulement invitées. En qualité d’invitées, elles pourront seulement poser une question écrite et une question orale au commissaire désigné. Pour l’audition du candidat au poste de commissaire à la Santé et au bien-être animal, Oliver Varhelyi, la Comagri est coresponsable de l’audition avec la Comenvi. La Comagri est également invitée aux auditions de la vice-présidente en charge de la Transition propre, l’Espagnole Teresa Ribeira, du vice-président en charge de la Cohésion et des réformes, l’Italien Raffaele Fitto (auquel sera rattaché Christophe Hansen) et de la commissaire à l’Environnement, à la résilience hydrique et à l’économie circulaire, la Suédoise Jessika Roswall. La commission des affaires juridiques du Parlement a de son côté entamé, le 3 octobre, son évaluation des déclarations d’intérêts des commissaires désignés. Elle peut, si besoin, demander des informations supplémentaires aux candidats voire les inviter à se justifier. ce pourrait être le cas pour Christophe Hansen dont l'épouse travaille au cabinet de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola et la cousine, Martine Hansen, est ministre luxembourgeoise de l’Agriculture.
Cabinet d'Annie Gevenard: l'arrivée d'Anne Sander perturbée par celle de son frère au Copa
Alors qu'Annie Genevard envisageait de nommer l'ex-eurodéputée, Anne Sander, à son cabinet comme conseillère aux affaires européennes, la ministre de l'Agriculture réétudie actuellement son dossier depuis la nomination de son frère Franck Sander, vice-président de la FNSEA, à la fonction de vice-président du Copa (agriculteurs européens) le 27 septembre, a-t-on appris de sources professionnelles. Sa nomination n'a toujours pas été officialisée au Journal officiel. Il serait envisagé un autre poste au sein de son cabinet ou en dehors, pour continuer de collaborer avec Anne Sander. Le cabinet continue par ailleurs de se former. La nomination du préfet de Bretagne, Philippe Gustin, au poste de directeur de cabinet a été actée au Journal officiel ce 3 octobre. Tout comme celle de l'ancien administrateur du Sénat, Grégoire Halliez, qui prend le poste de directeur adjoint. La ministre s'est déplacée au Sommet de l'élevage le 3 octobre accompagnée de son futur conseiller élevage. Il s'agit Jean-François Lepage, a-t-on appris, confirmant une information du média spécialisé Contexte. Il travaillait jusqu'ici à la DGAL (ministère de l'Agriculture) à un poste de chargé d’études pharmacie vétérinaire. Louis de Redon reste en poste sur les dossiers Planification écologique, forêt et police de l'environnement, tout comme Tom Michon sur le périmètre Budget, emploi, protection sociale et gestion des risques.
Crise viticole : feu vert de l’UE au plan d'arrachage définitif de 120 M€
Un plan d’aides de 120 M€ pour l’arrachage définitif de vignes a été validé le 3 octobre par Bruxelles. «La Commission autorise un régime d'aides français de 120 M€» qui vise à soutenir les viticulteurs, «en leur permettant de réduire leur potentiel de production», selon un communiqué. Ce dispositif prévoit «un montant pouvant atteindre 4 000 €/ha», avait indiqué le 18 septembre le ministre de l’Agriculture. L’«enveloppe prévisionnelle de 120 M€», permettrait donc de compenser l'arrachage d'au moins 30 000 ha (sur un vignoble d’environ 800 000 ha). Fin janvier, un budget de 150 M€ sur deux ans, pouvant concerner «jusqu'à 100 000 ha», avait été évoqué par l’ex-ministre Marc Fesneau. La filière espère, en parallèle, obtenir un plan d’arrachage temporaire, dont le sort est lié aux conclusions du groupe à haut niveau, réuni une première fois par la Commission le 11 septembre. Cette aide pourrait s'élever à 2 500 €/ha, avec interdiction de replanter pendant quatre ans. «Entre l’arrachage définitif et temporaire, on serait aux alentours de 60 000 ha», a déclaré le 2 octobre Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin à FranceAgriMer.
Gestion de l'eau : en Loire-Bretagne, une vaste étude pour anticiper les défis climatiques
Alors que la Loire a été marquée des périodes de sécheresse «d’une ampleur rarement observée» ces dernières années, l’agence de l’eau Loire Bretagne, mandatée par le comité de bassin, a annoncé, le 3 octobre, le lancement d’une étude visant à éclairer la gestion de l’eau sur l’ensemble de cet axe. Plus précisément, une étude HMUC («hydrologie, milieux, usages et climat») et une analyse de cohérence de la gestion de l’eau à l’échelle du bassin de la Loire s’étendra sur une durée de 40 mois. L’objectif étant de trouver «des équilibres entre les volumes d’eau prélevables et les besoins des différents usages dans un contexte de dérèglement climatique», souligne l’agence de l’eau Loire Bretagne dans un communiqué. Pour l’heure, une trentaine d’études HMUC sont déjà en cours au sein du bassin Loire-Bretagne, mais la dernière en date est unique de par son dimensionnement, «prenant en compte l’ensemble du fleuve», souligne l’agence de l’eau Loire-Bretagne à Agra presse. Le projet sera suivi par plusieurs comités réunissant les principaux acteurs de l’eau, les collectivités locales, et les experts du territoire. En outre, plusieurs prestataires accompagneront l’agence de l’eau, à l’instar de Suez Consulting, chargée d’analyser la cohérence de la gestion de l’eau à l’échelle du bassin de la Loire.
Horticulture : les producteurs de sapin de Noël du Morvan vise l’IGP pour fin 2025
Les producteurs morvandiaux de sapins de Noël espèrent pouvoir disposer du label Indication géographique protégée (IGP) pour la fin 2025. «Le dossier, déposé en 2020 a été reconnu par la France. Il part donc maintenant à l'Europe. On devrait avoir un logo IGP pour Noël 2025. Ce serait la première IGP horticole française en Europe», explique Sylvie Robert, déléguée générale d'Excellence végétale, qui défend les labels officiels de l'horticulture. L'IGP serait surtout la première certification d'une production de sapins française, important pour la filière qui fait face à la forte concurrence du Danemark et de la Belgique. Pour Jean-Christophe Bonoron, président de l'Association française du sapin de Noël naturel (Afsnn) la détention du label européen permettrait de mettre en avant les pratiques «respectueuses de l’environnement» de la profession : en effet, être bio ou au moins détenir le label Plante bleue (réduction des produits phytos et engrais, usages d’alternatives) sont nécessaires dans la démarche IGP. Le bio ne représente qu'environ 1% des volumes. Le marché français du sapin de Noël s’élève à un peu plus de 5 millions d’unités vendus par an. Ce qui correspond grosso modo à la production hexagonale, avec le Morvan comme principale région productrice (1,5 million d’arbres environ).
Agenda de la semaine agricole du 7 octobre 2024
Lundi 7 octobre
Soirée des 70 ans de l'Afja (presse agricole)
Présentation du programme «Transform’Bonduelle» à Paris
Mardi 8 octobre
Débat au Sénat sur la crise agricole, à la demande du groupe LR
Forum des gestionnaires d'aires protégées
Le collectif En vérité présente une étude sur l'affichage de l'origine
Journée de présentation du programme Ferments du futur (Inrae/Ania)
Salon Fruit Attraction à Madrid, jusqu’au 10
Mercredi 9 octobre
Conférence de presse du groupe de suivi parlementaire du ZAN (artificialisation)
Journées nationales de l’agriculture urbaine à Lyon, jusqu’au 10
Mobilisation de Phyto-Victimes devant la cour d’appel de Rennes
Jeudi 10 octobre
Présentation attendue du PLF 2025 en Conseil des ministres
Conférence de presse de la 64e Bourse de commerce européenne