Déforestation importée: Bruxelles finit par proposer un report d’une année
Sous pression depuis des semaines, la Commission européenne a finalement présenté le 2 octobre une proposition visant à reporter de 12 mois l’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation importée. Celui-ci devait s’appliquer à partir du 30 décembre 2024, mais «compte tenu de son caractère novateur, du calendrier rapide et de la diversité des parties prenantes concernées», Bruxelles souhaite décaler son entrée en application au 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et au 30 juin 2026 pour les micro et petites entreprises. Cette proposition doit désormais être validée par les États membres et le Parlement européen. Le même jour, la Commission a publié des documents d'orientation précisant les principes de la méthodologie qu'elle appliquera pour classer les pays comme présentant un risque faible, standard ou élevé de déforestation. De ce classement dépendra le niveau des obligations de contrôle imposées aux opérateurs. «Selon la méthodologie appliquée, une grande majorité de pays dans le monde seront classés comme à faible risque», assure Bruxelles. Le règlement prévoit d’interdire l’importation d’huile de palme, de viande bovine, de soja, de café, de cacao, de bois et de caoutchouc ainsi que de plusieurs de leurs produits dérivés s’ils sont issus de terres ayant été déboisées.
UE/Mercosur : l’Allemagne pousse pour une conclusion rapide de l’accord
A l’occasion de la journée des entrepreneurs 2024 de l'association allemande du commerce de gros, le 2 octobre, le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré que «les négociations avec le Mercosur devraient être rapidement conclues». Et d’ajouter qu’une large majorité des États membres de l’UE apportent leur soutien politique à l’accord et qu’il fallait aller de l’avant. Cette déclaration intervient alors qu'il recevait, le même jour, le président français Emmanuel Macron, dont le pays est bien plus réticent à parachever les négociations. Mais Olaf Scholz n’est pas le seul à plaider pour une conclusion rapide. Le président brésilien Lula da Silva a fait de même le 30 septembre lors du Forum d'affaires Brésil-Mexique, espérant même une finalisation «plus tard dans l’année», la réunion du G20 à Rio en novembre faisant figure d’objectif. Du côté de l’UE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a profité de sa visite à New York du 23 au 28 septembre dans le cadre de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies pour rencontrer certains de ses homologues du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay) et évoquer le sujet.
Commission européenne: les auditions des futurs commissaires se tiendront du 4 au 12 novembre
Les auditions des vingt-six commissaires européens désignés se tiendront du 4 au 12 novembre. C’est ce qu’a décidé le 2 octobre la Conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen. L'ordre de passage des commissaires européens sera, lui, fixé le 10 octobre. D’ici là, les commissions parlementaires responsables doivent préparer des questions écrites qui seront envoyées aux futurs commissaires au plus tard le 10 octobre. Ces derniers auront jusqu'au 22 octobre pour y répondre. Un premier projet de questions écrites, qui doit encore être discuté par les groupes politiques, a été préparé le 1er octobre par la commission de l’Agriculture (Comagri). Les questions pour le commissaire désigné à l’Agriculture Christophe Hansen couvrent pour le moment: sa vision sur l'agriculture et l'alimentation, la future Pac, l'élargissement à l'Ukraine, la gestion des crises, le soutien à la transition verte, et l'élevage. Pour le commissaire à la Santé et au bien-être animal, Oliver Varhelyi, des questions sur le bien-être animal, les maladies vectorielles et les produits phytosanitaires sont prévues. Une fois les auditions passées, les eurodéputés pourraient valider la composition de la nouvelle Commission européenne lors de la session plénière débutant le 25 novembre en vue d'une entrée en fonction début décembre.
FCO: au Sommet, annonces attendues de Genevard et Barnier sur les vaccins et les aides
«Cette semaine, au Sommet de l’élevage, avec le Premier ministre, nous nous rendrons auprès des éleveurs afin de faire des annonces qui concerneront à la fois la stratégie vaccinale, mais aussi la réponse indemnitaire» face à la FCO (fièvre catarrhale ovine), a annoncé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 2 octobre. Une déclaration faite lors des questions au gouvernement à l’Assemblée. Les indemnités pour les pertes dues à la maladie n’ont pas encore été annoncées, et le principe d’une participation de l’État au FMSE (fonds professionnel) avait été acté par Marc Fesneau pour la FCO de sérotype 8 et la MHE (maladie hémorragique épizootique). «Il va falloir entre 100 et 150 millions» d’euros pour la FCO et le seul cheptel ovin, avait estimé le président de la FNSEA le 18 septembre. «La situation des trésoreries est extrêmement dégradée», a déclaré Mme Genevard devant les députés, évoquant une «mortalité en moyenne de 20%». Par ailleurs, les représentants des éleveurs demandent la généralisation des vaccins gratuits pour la FCO-3, la FCO-8 et la MHE, alors que les campagnes de vaccination publiques ne ciblent qu’une partie de la France pour la FCO-3 et la MHE. Concernant les détails de la visite, «la ministre sera jeudi au Sommet de l’élevage», a indiqué son cabinet à la presse. Quant à Michel Barnier, son agenda comprend un «déplacement en province» vendredi 4 octobre, sans plus de précision.
FCO: trois premiers foyers du sérotype 3 en Espagne, à la frontière avec le Portugal
Les autorités espagnoles ont annoncé, dans un communiqué du 30 septembre, la confirmation de trois foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Portugal. La «maladie de la langue bleue» a touché trois élevages ovins à Cheles, à Alconchel (province de Badajoz) et à Rosal de la Frontera (province de Huelva). Après l’apparition de «symptômes cliniques compatibles» avec la FCO, l’infection par le virus BTV («Blue tongue virus») a été confirmée par le laboratoire national de référence. L’Espagne est déjà confrontée aux sérotypes 8 et 1 de la FCO. Ces premiers foyers de FCO-3 y surviennent deux semaines après l’arrivée du sérotype 3 dans des élevages ovins au Portugal. Selon la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale, le séquençage n’a pas encore permis de confirmer si la souche présente dans la péninsule ibérique est identique à celle circulant en Europe du nord. «Il pourrait également s’agir d’une souche proche de la souche enzootique en Sardaigne», avance-t-elle dans son bulletin hebdomadaire du 1er octobre. Apparue à l’automne 2023, la FCO-3 s’est propagée dans l’ensemble de l’Europe occidentale et du nord, jusqu’à la Norvège et la République tchèque (à l’exception de l’Italie et de l’Irlande).
FCO/MHE: action de la Conf’ au Sommet de l’élevage pour demander un «soutien urgent»
Des militants de la Confédération paysanne ont «investi le stand du ministère de l'Agriculture au Sommet de l'élevage», à Cournon (Puy-de-Dôme) le 2 octobre, pour demander un «soutien urgent» à l’ensemble des éleveurs touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO) ou par la maladie hémorragique épizootique (MHE), apprend-on sur la page Facebook du syndicat. Les syndicalistes ont déroulé une grande bâche noire avec le message «FCO-3 = FCO-8 = MHE, SOS soutien urgent», ainsi qu’une banderole proclamant «Élevage paysan: ne nous laissons pas abattre!» La Conf’ dénonce les «inégalités de traitement entre les éleveurs et éleveuses selon la maladie». Elle demande une nouvelle fois la «prise en charge des pertes directes et indirectes sur le cheptel», ainsi que la «mise à disposition des vaccins FCO-3, FCO-8 et MHE pour tous les éleveurs et éleveuses». Des demandes déjà formulées par communiqué cet été, puis lors d’une action à Foix fin août et au salon des Pyrénéennes à Saint-Gaudens. Pour rappel, la FCO-3 (sérotype émergent) fait l’objet d’une campagne de vaccination volontaire prise en charge par l’État, tandis que les doses contre la FCO-8 (sérotype endémique) sont payées par les éleveurs. Pour la MHE, le ministère finance la vaccination d’un million de bovins dans une bande-tampon autour de la zone régulée.
PLF 2025: coupes confirmées dans tous les ministères, la FNSEA rappelle les «engagements»
Au lendemain du discours de politique générale de Michel Barnier, les services du Premier ministre ont indiqué, le 2 octobre, que les montants des coupes budgétaires dans les dépenses de l'État s'élèveraient à 20 milliards d'euros (Md€) dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2025 (soit 5 Md€ de plus que prévu par le gouvernement Attal dans ses lettres plafonds) et que «toutes les administrations seront mises à contribution, à leur juste part dans la dépense publique». Un premier projet de texte devrait être présenté le 10 octobre en Conseil des ministres, qui ne contiendra pas l'entièreté des propositions de baisses de dépenses et des hausses de recettes du gouvernement, dont certaines seront soumises par amendement. À l'issue d'un entretien avec le Premier ministre le 2 octobre, le président de la FNSEA lui aurait dit que «les engagements en agriculture étaient faits pour être tenus et qu'il n'y a pas de marge de manœuvre sur ce sujet», a-t-il expliqué dans une vidéo destinée à ses adhérents. Et de préciser: «En revanche, nous sommes prêts à travailler sur les sujets de plus long terme et consentir à des efforts comme il en sera demandé au reste des secteurs.» Cet été, le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal avait déjà prévu, dans sa lettre plafond envoyée le 20 août, une baisse des crédits de la Planification écologique dans le budget 2025 du ministère de l’Agriculture (-246 M€ en crédits de paiement).
Vignes: le plan d’arrachage doit viser «aux alentours de 60 000 ha» (FranceAgriMer)
Le plan d’arrachage de vignes doit viser «aux alentours de 60 000 ha», a déclaré le 2 octobre Jérôme Despey, sur le point d’être réélu président du conseil spécialisé vin à FranceAgriMer. «Entre l’arrachage définitif et temporaire, on serait aux alentours de 60 000 ha», d’après lui. C’est l’un des points abordés avec Annie Genevard, lors d’une rencontre le jour même avec la filière vitivinicole. Une validation par Bruxelles est attendue le 3 octobre pour le plan d’arrachage définitif, dont l’enveloppe prévisionnelle est de 120 M€. Quant à l’arrachage temporaire, son sort est lié aux conclusions du groupe à haut niveau, réuni une première fois par la Commission le 11 septembre. Les représentants de la filière ont parlé à la ministre des sujets conjoncturels: «conflit avec la Chine qui impacte les spiritueux (…), adaptation des outils de prévention et de gestion des crises climatiques, restructuration des coopératives», selon le communiqué commun. Une liste incluant le besoin de trésorerie des exploitations et des entreprises, pour lequel la filière réclame notamment des PGE (prêts garantis par l’Etat). Cette rencontre du 2 octobre a aussi été l’occasion de présenter le plan stratégique de filière, détaillé en décembre.
Influenza aviaire: un nouveau cas en Bretagne, dans le nord-Finistère (GDS)
Le GDS (Groupement de défense sanitaire) de Bretagne a signalé ce 2 octobre un nouveau cas d’influenza aviaire à proximité de Taulé, sur la côte finistérienne, près de Morlaix. Ce cas était soupçonné ce dimanche; il s’agit d’un élevage de 30 000 poules pondeuses en plein air. «L’enquête épidémiologique conduite en élevage oriente vers une probable contamination par l’avifaune sauvage», indique le bulletin en ligne. Le dépeuplement a débuté le mardi 1er octobre et se poursuivait le 2 octobre d’après un communiqué de la préfecture du Finistère à cette date. Cette dernière a publié le lundi 30 septembre un arrêté imposant un recensement des élevages commerciaux en zone réglementée (de protection dans un rayon de 3 km et de surveillance dans un rayon de 10 km), lesquels doivent déclarer leurs effectifs à la DDPP. Cet arrêté charge les maires des communes en zone de protection (Locquenole, Carantec, Henvic, Taulé, Morlaix) de recenser les exploitations non commerciales (basses-cours) et autres oiseaux captifs. Trois cas avaient déjà été signalés depuis le mois d'août en France.
Carbone/épandage de basalte: première compensation pour British Airways
La start-up britannique Undo, spécialiste de l'altération forcée de roches par épandage sur des terres agricoles (voir notre enquête), a annoncé mi-septembre avoir réalisé sa première transaction de crédits carbone avec British Airways. Le montant de l'opération n'a pas été précisé. La transaction s'inscrivait dans un projet pilote avec plusieurs acteurs de la finance visant à industrialiser ce type d'opérations. La compagnie aérienne s'est fixé pour objectif des émissions carbone nulles à horizon 2050. En France, la loi Climat de 2021 impose aux compagnies aériennes de compenser en priorité dans les secteurs forestiers et agricoles européens. Ces derniers jours, deux start-up spécialistes de l'épandage de basalte, Undo et Lithos, ont annoncé la poursuite de leurs partenariats avec Microsoft pour le financement de stockage de CO2. Un contrat de trois ans est annoncé chez l'américain Lithos, pour 11 400 tonnes de C02eq, et de cinq ans avec Undo pour 15 000 tonnes. La start-up américaine Eion, qui épand de l'olivine, a signé son premier contrat sur cinq ans pour 8000 tonnes, et levé 3 millions de dollars dans la foulée. En France, la start-up Climerock a commencé à commercialiser des crédits carbone depuis le mois de mai.
Recherche: Mauguin proposé par l'Élysée pour un 3e mandat à la tête de l'Inrae
Après avoir annoncé au personnel le 24 mai qu'il briguait un troisième mandat à la tête de l'Inrae, Philippe Mauguin vient d'obtenir l'assentiment du président de la République et du Premier ministre. Dans un communiqué paru le 2 octobre, l'Élysée annonce qu'Emmanuel Macron «envisage, sur proposition du Premier ministre, de renouveler Philippe Mauguin, en qualité de président-directeur général de l’Inrae». Charge désormais au Parlement d'examiner sa candidature, après une série d'auditions. La nomination du nouveau p.-d.g. intervient in fine par décret du président de la République. En 2016, Philippe Mauguin s'était présenté pour la première fois à la présidence de l'Inrae, alors qu'il était directeur du cabinet du ministre de l'Agriculture d'alors, Stéphane Le Foll. Il avait affronté François Houllier, président de l’Inrae depuis 2012, qui souhaitait se présenter à un second mandat. «Ma candidature s'inscrit dans la continuité (...), mais aussi dans la volonté de répondre à de nouveaux défis et d'accompagner les évolutions de notre écosystème», avait écrit Philippe Mauguin dans sa lettre envoyée au personnel de l'Inrae le 24 mai. Et d'expliquer que, «tout en continuant à produire des travaux de recherche fondamentale et appliquée au meilleur niveau international», il souhaite voir l'Inrae «accélérer le transfert de ses résultats, accroître son appui aux politiques publiques, et ainsi que sa contribution aux solutions en direction des agriculteurs et des parties prenantes».
Eau : Élodie Galko nommée directrice générale de l’Agence de l’eau Adour-Garonne
Élodie Galko a été nommée, par arrêté du 5 juillet, directrice générale de l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Diplômée de l’école polytechnique, docteure en économie de l’environnement et ingénieure des ponts, des eaux et forêts, Mme Galko a consacré la première partie de sa carrière à la fonction publique. En 2007, elle rejoint notamment le ministère de l’Économie en tant qu’adjointe au chef du bureau de l’agriculture et de l’environnement, avant de devenir deux ans plus tard conseillère de Bruno le Maire, alors ministre de l’Agriculture. En 2013, Mme Galko intègre le secteur privé, au sein du groupe Bouygues Construction, où elle occupe plusieurs postes de direction. Plus récemment, depuis le 23 août 2023, elle a exercé en tant que directrice du cabinet de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique. La nomination de Mme Galko coïncide avec l’adoption du 12e programme d’intervention (2025-2030), qui servira de feuille de route pour assurer une gestion durable de l’eau dans l’ensemble du bassin Adour-Garonne.