Eau: la profession agricole vent debout contre le Sdage Loire-Bretagne
Dans un communiqué commun du 3 août, six FRSEA estiment «inacceptable» le Sdage Loire-Bretagne 2022-2027 (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux), ajoutant envisager «tous les moyens, y compris juridiques» pour le faire réviser. Selon les organisations, le Sdage «va conduire à une réduction des usages de l’eau, en contradiction avec le principe de gestion équilibrée de la ressource». Et de conclure: «Il conduira donc à une réduction de la production agricole voire à son anéantissement sur une partie du territoire.» Une orientation qui est, selon les syndicats, «en totale contradiction avec l’ambition portée par le président de la République de rebâtir notre souveraineté nationale, en particulier dans le domaine alimentaire». Les six FRSEA* – ainsi que 20 FDSEA et quatre délégations régionales de la Coopération agricole – ont déposé «début juin» un recours gracieux auprès de la préfète coordinatrice du bassin Loire-Bretagne, «recours qui vient d’être rejeté», déplorent-elles. Le Sdage 2022-2027 avait été approuvé par la préfète coordonnatrice le 18 mars.
* Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire.
Loup: Marc Fesneau confirme la volonté de M. Macron de changer son statut
Interpellé le 2 août, lors des questions au gouvernement au Sénat, à propos de la forte progression des populations lupines, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a confirmé les propos d’Emmanuel Macron qui s’était engagé, selon un communiqué de la FNSEA, à «faire évoluer le statut du loup» au niveau européen. le ministre a déclaré commencer à mener «un travail de dialogue avec les autres collègues européens pour réfléchir sur le statut du loup, désormais que nous savons que la population est hors de danger d’extinction». «Il faut donc que l’on repose cette question tranquillement et calmement», a-t-il conclu. Le sénateur Cyril Pellevat (LR, Haute-Savoie) lui avait demandé s’il était «possible d’envisager la relance des discussions portant sur la modification du classement (du loup, NDLR) au sein de la Convention de Berne et de la directive Habitats, ce tant au niveau national qu’au niveau européen». La population de loups, avec 921 individus à la sortie de l’hiver 2021-2022, avait en effet dépassé le seuil de 500 fixé par le plan loup 2018-2023, lequel «doit être refondé l’année prochaine», comme l’a rappelé le ministre.
Influenza: la Conf’ et le Modef dénoncent «l’injustice des indemnisations»
Dans un communiqué du 4 août, la Confédération paysanne et le Modef critiquent les nouvelles indemnisations annoncées le 29 juillet en réponse à l’épisode 2021-2022 d’influenza aviaire, dénonçant «une double peine pour les éleveurs et éleveuses plein air en filière courte». Selon eux, le nouveau niveau d’indemnisation (dénommé I3) «exclut les éleveurs situés en zone indemne, en filières courte comme longue, qui n’ont pas pu remettre en place leur production faute d’approvisionnement» en jeunes oiseaux. Le dispositif I3 «crée une indemnisation supplémentaire à 50%» entre 150 et 270 jours après la fin des restrictions sanitaires; il vient compléter les dispositifs habituels I1 (mortalité et abattage des animaux) et I2 (prise en charge à 100 % jusqu’à 150 jours). La Conf’ et le Modef dénoncent deux autres «injustices»: d’abord, les indemnisations portées à 100% dans le cadre du plan Adour (lire ci-dessous), inaccessibles aux éleveurs hors de cette zone; et enfin l’absence d’aide prévue pour les éleveurs des «zones très à risques, comme la Chalosse» (dans les Landes), qui «ont fait le choix durant cette crise, en responsabilité, de décaler leur planning de production et de baisser leur densité».
Influenza: un «plan Adour» pour «réorganiser la production» dans le Sud-Ouest
«Réorganiser la production pour diminuer les densités dans les élevages»: c’est ainsi que Christophe Bonno, directeur général de Maïsadour, résume la philosophie du «plan Adour» dans un message sur LinkedIn le 28 juillet. La mesure phare de cette feuille de route qui concerne quatre départements (Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées): l’absence totale de palmipède entre le 15 décembre et le 15 janvier dans les 68 communes les plus denses en animaux. Récemment adopté par les professionnels (chambres d’agriculture, interprofessions, organisations de producteurs et associations d’éleveurs indépendants) en complément du plan national influenza, le plan prévoit une baisse de 40% du nombre de lots de gallinacées dans les 20 communes les plus peuplées en gallus (hors pondeuses). D’après un document publié par la chambre d’agriculture des Landes, les mises en gavage y seront aussi interdites (toujours du 15 décembre au 15 janvier). Idem dans les 12 communes de la zone comptant un couvoir. Quant aux producteurs en filières courtes des 68 communes les plus denses, ils devront aussi «diminuer le nombre de palmipèdes». En contrepartie de ces efforts, les éleveurs bénéficieront d’indemnisations majorées pour leurs pertes économiques.
Prix du lait: discussions toujours bloquées pour le mois d'août chez Lactalis
En ce début de mois, l’Unell (Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis) annonce qu’aucun accord n’a été trouvé sur le prix de lait avec Lactalis. À la suite d’avril et de juillet, août est le troisième mois de contestation des prix entre l’Unell et Lactalis en 2022. L'industriel «impose la reconduction du prix de mai-juin-juillet pour le mois d’août» précise le communiqué. Depuis mai, les indicateurs de marché aboutissent à «une hausse de plus de 27 € (les 1000 litres, NDLR) du prix du lait», précise l’Unell: les PGC France ont augmenté de plus de 5%, la valorisation beurre-poudre d’environ 8%, et le prix allemand de plus de 13%. Les éleveurs rappellent que «Lactalis se doit de suivre les évolutions de marché» et doit prendre en compte la «revalorisation de la matière première agricole (MPA) en conformité avec Egalim 2 (…) obtenue lors des négociations commerciales de cet hiver». Sur Twitter, l'ancien président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jehan, estime que ce blocage est dû à l’absence de revalorisation dans «l’environnement [concurrentiel] proche» de Lactalis, citant Sodiaal.
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L'actualité agricole de la semaine
En l’absence de parution de l’Agra Presse hebdo cette semaine, retrouvez une sélection d’articles sur notre site.
Influenza aviaire:
Le plan du ministère pour relancer la production et réduire les risques
Les filières «saluent» le plan, les minoritaires mécontents
Un «plan Adour» pour «réorganiser la production» dans le Sud-Ouest
Loi Pouvoir d’achat
Ce que le texte change pour le secteur agricole
PLFR 2022:
Les principaux points du compromis entre députés et sénateurs
Céréales ukrainiennes:
Un premier chargement en provenance d'Odessa
Dénominations animales:
Le Conseil d’État suspend l’interdiction pour les protéines végétales
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À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.