Agrafil du 5 août 2024

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Emissions industrielles : la directive européenne entre en vigueur

La directive européenne sur les émissions industrielles, qui a suscité de vives controverses dans le secteur de l’élevage, est entrée en vigueur le 4 août. Objet d’un compromis entre les colégislateurs en novembre 2023 et définitivement validée le 12 avril, cette directive a pour objectif de réduire les émissions notamment des élevages de porcs et de volailles. Si l’élevage bovin est finalement resté en dehors du champ d’application du texte, celui-ci abaisse le seuil d’entrée dans le dispositif pour les élevages de porcs, de volaille, de poules pondeuses et les élevages mixtes. A présent, les États membres ont jusqu'au 1er juillet 2026 pour adapter leur législation nationale à la nouvelle directive. Les données collectées par les autorités nationales seront communiquées pour la première fois au nouveau portail sur les émissions industrielles en 2028. Pour les agriculteurs, les nouvelles règles associées seront applicables au plus tôt entre 2030 et 2032. Ils disposent donc d’une période de transition pour s’y adapter, en fonction de la taille de l’exploitation.

FCO: Bluevac et Bultavo, deux vaccins autorisés pour lutter contre le sérotype 3

Deux vaccins, le Bluevac 3 du laboratoire CZ Vaccines et le Bultavo 3 de Boehringer Ingelheim, ont obtenu des autorisations temporaires d’utilisation (ATU), le 25 juillet, pour prévenir l’arrivée de la fièvre catarrhale ovine (FCO) du sérotype 3 sur le territoire français, selon les documents présentés par la direction générale de l’alimentation (DGAL) lors d’une réunion du 1er août qu’Agra Presse a pu consulter. L’objectif de la stratégie vaccinale contre la FCO du sérotype 3 est de «réduire les signes cliniques et prévenir la mortalité», indique la DGAL. De plus, les deux vaccins autorisés sont censés réduire la virémie, soit la présence du virus dans le sang des animaux. Pour rappel, la FCO est une maladie vectorielle transmise par des piqûres de moucherons. Comme indiqué dans l’Agrafil du 2 août, des doses ont été commandées par l’État et seront mises gratuitement à la disposition des éleveurs situés en zone régulée, à la frontière avec la Belgique. Le déploiement de la vaccination se fera sur la base du volontariat et les éleveurs pourront vacciner eux-mêmes leurs animaux. En dehors de la zone régulée, le vaccin devra être prescrit par le vétérinaire de l’élevage et sera à la charge de l’exploitant.

Loup: la CR de Haute Vienne offre une prime antiloups, le préfet saisit le parquet

La Coordination rurale (CR) a offert une prime controversée de 1.000 euros pour tout «loup mort» en Haute-Vienne, poussant le préfet à effectuer un signalement au parquet face à cette menace contre une espèce protégée, a-t-on appris le 2 août auprès de la préfecture. Le 21 juillet, une brebis a été blessée à Bussière-Poitevine, à 60 km au nord de Limoges. Selon la préfecture, «aucun élément» ne permet néanmoins «d'attribuer la blessure de la brebis à une attaque de loup». «Pour nous, c'est un loup», répond le syndicat agricole, qui a promis cette somme à toute personne «qui ramènera un loup mort», une proposition qui est «bien sûr» une provocation. «C'est pour agiter un peu, taper un coup dans la fourmilière», explique à l'AFP le président de la CR Thomas Hégarty, éleveur de chèvres et de bovins, selon qui personne n'a encore réclamé la prime. Pour le responsable syndical, environ «20-25 bêtes» ont été tuées en Haute-Vienne cette année. «Les constats ne permettent pas d'établir un front de sédentarisation en Haute-Vienne», précise à l'AFP la préfecture, qui a effectué un signalement au parquet de Limoges après l'appel de la CR. «Porter atteinte à la conservation d'espèces animales non domestiques» est puni de trois ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende.

Influenza aviaire: les États-Unis débloquent 10M$ pour protéger les travailleurs

Les États-Unis ont annoncé le 31 juillet que 10 millions de dollars allaient être investis pour lutter contre l’influenza aviaire chez les travailleurs agricoles dont 5M$ pour des vaccins. Le centre de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis (CDC) espère vacciner l’ensemble des quelque 200.000 éleveurs du pays pendant la saison de vaccination contre la grippe de cette année et travaille avec les États pour élaborer des plans pour atteindre les travailleurs des abattoirs. Quelque 5M$ vont également être dévolus à des actions de sensibilisation et de formation pour apprendre aux travailleurs à se protéger contre la grippe aviaire. L’épidémie actuelle d’influenza aviaire a infecté des troupeaux de volailles dans presque tous les États américains depuis 2022 et plus de 170 troupeaux laitiers dans treize États depuis mars, selon le département américain de l’Agriculture. Treize ouvriers de fermes avicoles et laitières ont contracté le virus dans le Colorado, le Michigan et le Texas. Neuf de ces cas ont été détectés en juillet parmi des ouvriers abattant des poulets dans deux élevages de volailles atteints de grippe aviaire dans le Colorado.

Manioc: ravageur identifié en Guyane, plan de lutte et aide alimentaire en projet

Base alimentaire de milliers d'habitants en Guyane, le manioc est décimé depuis deux ans par une maladie que les scientifiques viennent d'identifier. Il s'agit du champignon ceratobasidium. C'est la première fois que ce pathogène, déjà décrit en Asie du Sud-Est, est découvert en Amérique du Sud. Un plan va être développé «pour novembre-décembre» afin de lutter prêt, explique Patrice Poncet, directeur de l'environnement à la Direction générale des territoires et de la mer (DGTM). L'éradication du pathogène n'est pas envisageable compte tenu du stade avancé de la contamination et de l'importance de la culture informelle. Début 2024, le Cirad, membre du groupe de travail, a lancé le projet «SaniManioc» qui consiste à installer des petites serres dans les bassins de production pour assainir des boutures (le manioc se duplique par bouturage, ndlr) afin de relancer, à moyen terme, la production du tubercule. Mais les premières boutures saines ne seront pas prêtes avant janvier et il faudra attendre 10 mois avant de pouvoir récolter. En attendant, les services de l'Etat prévoient la livraison de colis alimentaires aux populations isolées de l'intérieur de la Guyane pour pallier la pénurie. 

Sucre: après l'euphorie, marché moins porteur pour le géant Tereos

Le soufflé inflationniste, qui a gonflé dernièrement les résultats du groupe sucrier Tereos, est en train de retomber, l'entreprise annonçant le 2 août un chiffre d'affaires en repli au premier trimestre 2024-25, car elle vend moins cher des produits comme le sirop de glucose. Le deuxième groupe sucrier mondial, propriétaire de la marque Béghin Say, a vu son chiffre d'affaires reculer de 5% au premier trimestre (clos fin juin), à 1,6 milliard d'euros, selon un communiqué. C'est «principalement dû au recul des prix sur les amidons et produits sucrants qui a plus que compensé la hausse des volumes de vente de sucre en Europe et au Brésil», explique l'entreprise. Les revenus de la division amidons et produits sucrants, la deuxième en termes de chiffre d'affaires, ont sèchement reculé, de 28%, à 478 millions d'euros. Les prix de ces produits «avaient atteint des niveaux records ces deux dernières années», souligne Tereos. Le marché européen du sucre, où la matière première se vend encore au-dessus des cours mondiaux, devient aussi moins rémunérateur. ½Un rééquilibrage à la baisse des prix de vente du sucre en Europe est attendu au deuxième semestre de l'exercice», rapporte Tereos, qui prévient que cela «conduira à une baisse des marges». Ces dernières avaient beaucoup progressé avec l'inflation. Si la prochaine récolte de betteraves à sucre est copieuse, Tereos estime que cela «permettrait d'aligner la tendance de prix en Europe à celle du marché mondial». 

Légumes: ventes au ralenti pour le spécialiste des conserves et surgelés Bonduelle

Le spécialiste français des légumes en conserve et surgelés Bonduelle, pâtissant d'un «contexte de consommation difficile», n'est pas parvenu à atteindre son objectif de ventes annuelles, selon un communiqué publié le 1er août. Le groupe a vu son chiffre d'affaires reculer de 1,4% à 2,37 milliards d'euros sur l'ensemble de son année décalée 2023-2024, terminée le 30 juin. En enlevant l'impact des taux de change et des éventuelles acquisitions ou cessions, son chiffre d'affaires a progressé de 2,7%, ce qui reste moins que la croissance entre 3% et 4% anticipée par Bonduelle en mai. Au cours du trimestre allant d'avril à juin, les ventes de ses légumes en 
conserve, frais ou surgelés, ont reculé en volume, ce qui reflète «une dynamique de consommation toujours faible en particulier au mois de juin en raison d'une météo défavorable malgré une inflation désormais limitée» a avancé l'entreprise. Les hausses de prix n'ont pas permis de compenser suffisamment la baisse des volumes pour permettre au groupe d'atteindre sa prévision de chiffre d'affaires. Bonduelle confirme malgré tout son objectif de rentabilité «grâce à la bonne tenue des activités à marques et à l'efficacité des initiatives internes de productivité et de maîtrise des coûts».

Tomate: Rougeline recourt au financement participatif pour construire une serre

Camargue Innovation (union de coopératives Paysans de Rougeline) annonce faire appel au financement participatif pour construire une serre semi-fermée de deux hectares, sur Linked In. Visant à être labellisée Haute Valeur Environnementale, elle aura recours à un mix énergétique (cogénération, chaudière biomasse, gaz, photovoltaïque). La consommation en eau y sera réduite avec une irrigation de précision au plus près des besoins de la plante et un système de recyclage. Environ 0,5 hectare sera dédié à l'expérimentation variétale. Tomates et concombres y seront produits en « production biologique intégrée » (démarche Zéro Résidu  de Pesticide).  L’entreprise sollicite un accompagnement participatif pour un financement de 500 000 €, inscrit dans le cadre d'un plan de développement de 4,95 M€. Située dans les Pyrénées-Orientales, Camargue Innovation a été créée en 2021 par Valery Goy, Céline, Franck et Bruno Vila (par ailleurs co-président de Légumes de France). L’exploitation regroupe plusieurs fermes maraîchères sur 10 hectares et consolident plus de 10M€ de chiffre d'affaires. Camargue Innovation expérimente de nouvelles variétés sur un quart des surfaces environ. Plus de 100 variétés de tomates y sont testées chaque année.

Tomate : une étude montre l’intérêt des strigolactones pour la floraison

Dans un article publié dans la revue Pnas, une équipe internationale de chercheurs, pilotée par l'Université de São Paulo au Bresil, décrit pour la première fois l’implication des strigolactones (hormones végétales) dans le contrôle de la floraison et la fructification de la tomate.  Ils ont mis en œuvre plusieurs technologies (séquençage et le traitement des données d'ARNm, quantification des transcrits génétiques par qRT-PCR, spectrométrie de masse) couplées à une analyse statistique et fonctionnelle. «Nous avons montré que les strigolactones régulent la voie du microARN319 et les niveaux de gibbérelline [régulateurs de la croissance et de la germination des plantes]», a déclaré Fábio Tebaldi Silveira Nogueira, co-auteur de l'article et chercheur principal du projet, à nos confrères d'Eurekalert. Les résultats peuvent avoir un effet direct sur la gestion et les rendements des cultures de tomates. «Les résultats montrent clairement que la plante fleurit plus facilement en présence de strigolactone, le nombre de fleurs et de fruits augmentant considérablement», précise Fábio Tebaldi Silveira Nogueira.  Les prochaines étapes consisteront à rechercher si d’autres voies de microARN et hormones interagissent et influencent le développement de la plante, augmentant ainsi le rendement et la taille des fruits. 

Prix alimentaires mondiaux : nouvelle stabilisation des indicateurs FAO en juillet

Après plusieurs mois de légère augmentation jusqu’en mai, l’indice des prix alimentaires de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) du mois de juillet, publié le 2 août, est resté à la même valeur pour le deuxième mois consécutif (120,8 en juillet contre 121 pour juin). La FAO explique néanmoins que l’indicateur est baisse de 3,1 % par rapport à sa valeur un an plus tôt, en juillet 2023. D’une manière générale, l’organisation basée à Rome note que les cours internationaux des huiles végétales (+2,4%), des viandes (+1,2%) et du sucre (+0,7%) ont compensé la baisse continue des cours des céréales (-3,8%). Pour ce dernier secteur, la FAO précise d’ailleurs que les prix mondiaux à l'exportation de toutes les principales céréales ont baissé pour le deuxième mois consécutif. Enfin, l'Indice FAO des prix des produits laitiers est resté inchangé en juillet, en raison de la compensation de la baisse des cours du lait en poudre par la hausse de ceux du beurre et du fromage. Le prochain indice des prix alimentaires sera publié le 6 septembre.