Manifestations: Matignon rencontrera les syndicats le 13 janvier, pas assez tôt pour la CR
Les syndicats agricoles seront reçus par le Premier ministre le 13 janvier, a confirmé Matignon le 5 janvier, une date jugée encore trop lointaine par la Coordination rurale, qui maintient son appel à manifester, «à Paris» et «partout en France» à partir de dimanche. François Bayrou recevra «tour à tour» les organisations, a précisé Matignon en citant la FNSEA, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et les Jeunes agriculteurs (JA). Il s'agit d'une «première rencontre avec les organisations pour évoquer les sujets et les urgences», souligne le gouvernement. «On nous propose un rendez-vous avec François Bayrou le lundi 13 janvier. Ils se moquent de nous, ils ne font que gagner du temps. Il n'y a pas de volonté d'avancer», avait déclaré plus tôt à l'AFP Patrick Legras, porte-parole du syndicat aux bonnets jaunes. «On maintient notre appel à manifester, partout en France, (...) à monter sur Paris, en voiture ou en tracteur. L'idée est d'y être dimanche après-midi pour manifester lundi», a-t-il ajouté, précisant que l'organisation de la mobilisation restait l'apanage des sections dans les régions. Selon des sources syndicales, le président du syndicat majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau, sera reçu lundi 13 janvier dans la matinée et un rendez-vous le même jour à 14H00 a été proposé à la présidente de la CR, Véronique Le Floc'h. Vendredi matin, Mme Le Floc'h avait indiqué sur la radio RTL attendre une réponse de Matignon avant de décider de la suite à donner à la mobilisation envisagée.
Manifestations: la CR en route pour Paris, pour l'instant bloquée par les forces de l'ordre
Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) se sont mis en route depuis différentes régions vers Paris, où ils ont l'intention d'exprimer leur colère cette semaine, mais ne prévoyaient finalement pas d'action importante dimanche 5 janvier au soir. «Nous sommes en route, en tracteur, mais pour l'instant rien ne se passe, car des gendarmes sont disposés loin de Paris sur les routes pour nous attendre», a indiqué à l'AFP Patrick Legras, porte-parole de la CR. Le mouvement a prévu plusieurs points de rencontre en région parisienne pour les manifestants reconnaissables à leur bonnet jaune, sur les itinéraires convergeant de l'ouest, du nord, de l'est et du sud vers Paris. «Il n'y a pas d'évolution importante de notre mouvement à attendre ce dimanche, avant demain (lundi)», a assuré M. Legras, lui-même en route depuis les Hauts-de-France. Selon une source policière, à 16H00, une dizaine de tracteurs, neuf véhicules légers et un camping-car en provenance du Loir-et-Cher et d'Eure-et-Loire progressaient en direction de la région parisienne, via la D927 et la D2020, au niveau de Châteaudun (Eure-et-Loire). «A priori, nous avons interdiction de rentrer dans Paris» dimanche soir, «on obéit, on se mettra en place dans la nuit», avait pour sa part précisé à l'AFP Christian Convers, secrétaire général de l'organisation. M. Convers devait participer dans la soirée à Paris à un rassemblement d'agriculteurs place du Brésil, lieu choisi symboliquement pour dénoncer le récent accord commercial UE/Mercosur. Selon un journaliste de l'AFP sur place, onze agriculteurs présents place du Brésil ont été invités à quitter leur bonnet jaune, ce qu'ils ont refusé de faire.
Vaccin influenza: la troisième dose officiellement soutenue jusqu’au 15 mars
La troisième dose de vaccin des canards contre l’influenza aviaire restera intégrée à la stratégie de vaccination jusqu'au 15 mars 2025, selon une instruction technique de la DGAL (ministère de l'Agriculture) rectifiée le 26 décembre 2024. Cette troisième dose est obligatoire pour les canards destinés à rester plus de 12 semaines en élevage dans les zones à risque de diffusion (ZRD, soit les zones denses) ainsi que dans les zones à risque particulier (ZRP, zones humides); elle est volontaire pour les canards destinés à rester plus de 11 semaines en élevage dans les zones à risque ou autour des sites de génétique et de reproduction. Cette officialisation était nécessaire, selon Chantal Brèthes, présidente de l’association des palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest (Palso). «Cela va permettre la prise en charge de la troisième dose, qui n’était pas mentionnée dans l’annonce par l’État de prolonger sa prise en charge de 70% des coûts en 2025», commente-t-elle. Constatant le succès de la vaccination, elle se fait la porte-parole des éleveurs de canards à foie gras sous signe officiel de qualité, souhaitant que les canards prêts à gaver dûment vaccinés puissent sortir sur leurs parcours à partir d’un certain âge, comme les volailles de chair.
Foie gras/accouvage : Orvia finalise son maillage dans le Sud-Ouest en intégrant Ducournau
Le groupe Orvia, sélectionneur et producteur de canetons, annonce, dans un communiqué, avoir «finalisé sa stratégie de sécurisation des volumes, en intégrant officiellement le couvoir Ducournau». Cette acquisition signée le 10 décembre dans les Landes parachève la concentration de la production de canetons pour les filières foie gras du Sud-Ouest dans cette région. Elle succède à celle du Couvoir de Haute Chalosse en juillet 2024. Orvia dispose désormais d’un potentiel de production de 6 millions de canetons Mulard dans le Gers et les Landes, dont environ un quart dans le couvoir Ducournau. Dès lors, l’accouveur ne dépend plus des Pays de la Loire pour ces filières. «Chaque région de production de canards est approvisionnée en canetons nés dans la même région», se félicite le groupe. Hormis ses trois couvoirs Mulard dans le Sud-Ouest, Orvia dispose dans les Pays-de-la-Loir de deux couvoirs Mulard pour le foie gras, ainsi que de deux couvoirs Barbarie et d'un couvoir Pékin pour le canard de chair. Le groupe Orvia indique des parts de marché conséquente pour ces trois races : 52% pour le Mulard, 38% pour le Barbarie et 50% pour le Pékin. (Groupe Orvia, sélectionneur et multiplicateur de canards : 105 millions d’euros de chiffre d’affaires, plus de 600 salariés et éleveurs en France et dans le monde)
Bovins: les maladies vectorielles font repartir la décapitalisation à la hausse (Idele)
Alors qu’il ralentissait depuis le début de l’année, le rythme de décapitalisation du cheptel bovin français est reparti à la hausse à l’automne 2024, notamment en raison des maladies vectorielles, indique l’Institut de l‘élevage (Idele) dans son bulletin Tendances paru le 20 décembre. L’effectif de vaches allaitantes est ainsi en recul de 1,7% sur un an au 1er octobre 2024, puis de 2% au 1er novembre. Plus tôt dans l’année, le rythme de baisse était passé de 1,8% au 1er janvier 2024 à 1,5% au 1er septembre. Au 1er novembre, on comptait dans l’Hexagone 3,392 millions de vaches allaitantes et 3,305 millions de vaches laitières (-2,2% sur un an). L’accélération de la décapitalisation est «lié[e] au très faible nombre de génisses entrées dans les troupeaux», explique l’Idele. En raison des épizooties de maladies vectorielles, «la fertilité a été affectée et des avortements se sont produits, en partie chez des génisses», qui ne sont donc pas entrées dans le troupeau des mères, relève l’institut technique. Au 2 janvier, la France comptait 9155 foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3), ainsi que 3750 cas de maladie hémorragique épizootique (MHE). Sans oublier des milliers de cas de FCO-8.
Lait: la coop' irlandaise Kerry rétrocède ses actions de la multinationale éponyme à ses adhérents
Comme annoncé en novembre, le groupe agroalimentaire Kerry (8 Md€ de chiffres d'affaires) a annoncé le 2 janvier dans un communiqué, avoir transféré 85% des actions jusqu'ici détenues par la coopérative laitière Kerry dont il est issu (soit 11% du capital) au profit des membres-coopérateurs. Chaque éleveur détiendra désormais individuellement les parts de cette multinationale et pourra les revendre s'il le souhaite. Dans le cadre de cette opération, la coopérative doit par ailleurs racheter 70% des parts de Kerry Dairy Ireland (1,3 Md€ de chiffre d'affaires), jusqu'ici détenu à 100% par Kerry – il était prévu qu'elle rachète les 30% restants «dans les années à venir», pour un montant de 500 M€ au total. Les activités de Kerry Dairy Ireland recouvrent les marques Cheestrings, Dairygold, Golden Cow, Kerrymaid, Issu de la coopérative irlandaise du même nom, créée en 1974, le groupe Kerry est devenue une multinationale diversifiée, implantée dans une vingtaine de pays dans le monde, et présente sur de nombreux autres marchés que les produits laitiers (plats, préparés, jus de fruits, snacking, charcuteries, eau aromatisées...).
Alcool : aux Etats-Unis, le médecin-chef demande un étiquetage du risque de cancer
«L'alcool est une cause de cancer bien établie et évitable», a mis en garde le 3 janvier le médecin-chef des Etats-Unis, appelant à la mise en place de nouvelles mesures de prévention et de sensibilisation, notamment via des avertissements apposés sur les boissons. «La majorité des Américains ne sont pas conscients de ce risque», pointe le médecin-chef Vivek Murthy dans un communiqué accompagnant la publication d'un rapport sur le sujet. Le lien direct entre la consommation d'alcool et le cancer a été établi pour la première fois à la fin des années 1980 et a été depuis documenté par plusieurs études, rappelle le rapport. Des avertissements sont déjà présents aujourd'hui sur les produits alcoolisés aux Etats-Unis, mettant notamment en garde les femmes enceintes et les conducteurs. Vivek Murthy demande à ce que les risques cancérigènes y soient également mentionnés, comme en Corée du Sud et en Irlande. Une telle mesure devrait toutefois être votée par le Congrès américain. Dans son rapport, Vivek Murthy préconise par ailleurs une réévaluation de la limite journalière recommandée aux Etats-Unis, actuellement fixée à deux verres d'alcool pour les hommes et un verre pour les femmes.
Carbone/épandage de basalte : Google signe un contrat «record» avec la start-up Terradot
L’entreprise américaine Google a annoncé, dans un communiqué du 12 décembre, un accord d'achat à long terme avec la start-up Terradot, spécialisée dans l'altération forcée des roche (enhanced rock weathering - ERW) par épandage sur des terres agricoles. Concrètement, l’entreprise américaine s’est engagée à acheter 200 000 tonnes de crédits carbone d’ici 2030, soit le contrat le plus important jamais signé par une entreprise œuvrant dans le domaine de l’altération forcée de roche. Jusqu’à présent, le marché de l’ERW était dominé par les entreprises Lithos Carbon et Undo. «Afin de libérer le potentiel de l'altération forcée de roche en tant qu’outil efficace de capture du CO2, il est essentiel de déployer cette technologie à grande échelle et d’en mesurer rigoureusement ses résultats grâce à la collecte de données. Terradot est parfaitement positionnée pour mener à bien ce travail dans une région géographique particulièrement prometteuse», souligne Randy Spock, responsable de la compensation carbone chez Google, dans le communiqué. Fondée en 2022, la start-up pilote en effet des opérations à grande échelle au Brésil, une des grandes puissances agricoles mondiales. Parallèlement à son engagement d’achat de crédits carbone, Google a participé à une levée de fonds de 58,2 millions de dollars (M$) de Terradot, dont 4,2 M$ de capital d’amorçage et 54 M$ lors d’un tour de table de série A, aux côtés notamment du Microsoft Climate Innovation Fund.
Prix alimentaires mondiaux : deuxième année consécutive de détente de l'indice FAO
Malgré «des hausses mensuelles régulières pendant la majeure partie de l’année 2024», l’indice des prix des produits alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a baissé de 2,1% (2,6 points) par rapport à 2023 (à 122 points contre 124,5), rapporte l’organisation dans son rapport mensuel publié le 3 janvier. C’est la deuxième année consécutive de baisse, loin du niveau qu’a connu l’indice des prix de la FAO en 2022 (144,5 points). L’organisation onusienne explique les données de 2024 par la diminution de 13,3% (-17,4 points) de l’indice pour les céréales par rapport à 2023 et de 13,2% (19,2 points) de celui pour le sucre par rapport à l’année précédente. Ces baisses n’ont été que partiellement compensées par la hausse des cours des huiles végétales (+9,4%), des produits laitiers (+4,7%, grâce au bond des prix du beurre) et des viandes (+2,7% avec des prix moyens élevés pour les viandes bovines et ovines et la volaille).
Engrais azotés: en Côte d'Ivoire, «précautions» particulières pour un navire arrivant à Abidjan
Le port d'Abidjan a annoncé samedi prendre des «précautions en vue de protéger les populations» au sujet d'un navire chargé de 20.000 tonnes de nitrate d'ammonium, une matière dangereuse, qui doit arriver le 6 janvier dans la capitale économique ivoirienne. Dans un communiqué, le port explique que le "Zimrida", battant pavillon de la Barbade, transporte cette matière utilisée comme «fertilisant dans l'agriculture», dont 3.000 tonnes doivent être déchargées à Abidjan. «A la suite d'allégations faisant état d'une avarie de la cargaison transportée et par précautions en vue de protéger les populations et les biens», le port annonce que le navire restera pour l'heure «en rade extérieure, en dehors des eaux ivoiriennes». Une réunion doit se tenir lundi matin avec le propriétaire de la marchandise et le transporteur, «pour un examen approfondi du sujet». Du nitrate d'ammonium avait provoqué l'explosion du port de Beyrouth en août 2020 lors d'un incendie, faisant plus de 220 morts et dévastant des quartiers entiers de la capitale libanaise.
Addendum à l’agenda de la semaine agricole du 6 janvier 2024
Jeudi 9 janvier
Conférence de presse du Modef sur son programme pour les élections chambres