Manifestations: pas de blocage de Paris «en ce jour de rentrée», annonce Genevard
«On ne bloque pas, on ne perturbe pas la vie des Français en ce jour de rentrée, où ils ont besoin d'accéder à leur travail et aux écoles», a déclaré la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, le 6 janvier sur TF1, en réponse aux manifestations de la Coordination rurale en cours autour de Paris, bloquées par les forces de l'ordre depuis la veille, et qui devaient converger aujourd'hui au sein de la capitale. Quant au motif de cette mobilisation, lancée après que le nouveau Premier ministre a fixé une date d'entretien jugée trop tardive par le syndicat, «l'urgence qu'ils mettent en avant pour être reçus ici, maintenant et tout de suite, ne se justifie pas vraiment», selon la ministre. Et d'ajouter: «Je les ai reçus en permanence depuis quatre mois. Véronique Le Floc'h (la présidente de la CR, NDLR) a mon numéro de téléphone, nous avons souvent échangé au téléphone, elle est souvent venue au ministère». Selon Annie Genevard, «environ 200 agriculteurs et une cinquantaine de tracteurs» sont mobilisés par la Coordination rurale actuellement. Dans la matinée, quelques dizaines d'entre eux ont tenté de se rassembler au Trocadéro pour rejoindre l'Arc de triomphe, mais, contrôlés par les forces de l'ordre, ils n'y sont pas parvenus, rapporte l'AFP. «On va arrêter là, les agriculteurs rentrent chez eux», a finalement déclaré Christian Convers, le secrétaire général de la CR, à l'AFP en fin de journée.
Manifestations: dans le Rhône, la CR en opération escargot, la FDSEA devant l’Anses
Le département du Rhône a connu deux manifestations d’agriculteurs dans la journée du lundi 6 janvier: d’un côté un convoi d’agriculteurs soutenus par la Coordination rurale sur un important axe routier au sud de Lyon, de l’autre un rassemblement devant des locaux de l’Anses dans la capitale des Gaules à l’appel de la FDSEA. D’après l’AFP, une vingtaine de tracteurs s’est installée à la mi-journée sur la M7, la voie qui prolonge l'autoroute A7 à l'approche de Lyon, dans le sens Marseille-Lyon, tout en laissant une voie de circulation libre à la demande de la préfecture. Le cortège était organisé par l’association «Les agris de Chabanière», soutenue par la CR. Sur sa page Facebook, l’association dit vouloir «mettre la pression sur le gouvernement». «Dès l’année prochaine, si rien n’est fait, nous nous retrouverons sans solutions phytosanitaires et ce sera donc la fin de notre filière arboricole et à plus long terme maraîchère», déplore-t-elle dans un communiqué. C’est aussi ce sujet des phytos qui a mobilisé les adhérents de la FDSEA du Rhône, qui se sont rassemblés le même jour devant le laboratoire lyonnais de l’Anses. Dans son propre communiqué, le syndicat majoritaire s’inquiète des «annonces de retraits de plusieurs substances actives qui fragilisent les filières végétales et plus particulièrement la production fruitière».
UE/Mercosur: Macron veut croire que la «messe n'est pas dite» avec des alliés européens
À l’occasion de la 30e conférence des ambassadrices et ambassadeurs le 6 janvier, le président Emmanuel Macron est revenu sur le sujet de l’accord UE/Mercosur dont la fin des négociations a été annoncée le 6 décembre. Le locataire de l’Élysée estime que la «messe n'est pas dite» quant à la signature de l’accord, ajoutant que la France «continuera de défendre avec force la cohérence de [ses] engagements et donc une politique commerciale cohérente». Paris n’est pas isolée dans ce dossier, puisque la Pologne, autre opposant à l’accord, a officiellement pris, le 1er janvier, la tête du Conseil de l’UE pour le premier semestre 2025. Et le traité commercial avec le bloc d’Amérique latine figure parmi ses priorités. «Nous travaillons actuellement à la constitution d’une minorité avec d’autres pays de l’UE pour bloquer la mise en œuvre de cet accord», a d’ailleurs déclaré le sous-secrétaire d’État à l’Agriculture, Adam Nowak. Une position soutenue aussi par le nouveau ministre de l’Agriculture lituanien, Ignas Hofmanas, qui a estimé, le 30 décembre dans une interview sur la chaîne LRT, que son pays devrait s’opposer à la ratification du traité.
Climat: Macron met en garde contre un «risque très important» de «régression» de l’agenda
Avec l’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison blanche, le président français Emmanuel Macron a mis en garde le 6 janvier contre un «risque très important» de «régression» dans l’effort collectif pour la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique, rapporte l’AFP. Les accords de Paris sur le climat «ont dix ans» et ont déjà été «menacés en 2017, lorsque le président Trump a annoncé sa sortie», a précisé M. Macron devant les ambassadeurs français réunis à l’Élysée. Et d’ajouter que «la situation est plus grave encore aujourd’hui (…), parce qu’à la fois le président Trump menace une sortie de ces accords, mais il reprend de manière décomplexée une production massive d’énergies fossiles». Et une telle production risque également d’être lancée «dans beaucoup de pays». Aussi la France veut elle «aider absolument le Brésil à réussir la Cop30 à Belem» en fin d’année, a expliqué le chef de l’État. Cette nouvelle édition des négociations annuelles de l’ONU sur le climat «sera sans doute l’une des Cop les plus décisives des dernières années», a-t-il estimé. Pour M. Macron, «l’agenda sur lequel mettre le cœur de nos efforts et de nos investissements est la sortie du charbon le plus vite possible de tous les grands [pays] émergents», comme l’Inde, l’Indonésie ou le Vietnam.
Météo: Isagri rachète les stations connectées Sencrop (presse)
Isagri, déjà présent dans l’agro-météo, rachète les stations connectées Sencrop, ont annoncé le 6 janvier nos confrères de NGPA (dont le groupe informatique est actionnaire). L’opération fait de lui le leader européen du secteur. Avec plus de 40 000 stations actives, une communauté de 30 000 agriculteurs et 600 groupements d’utilisateurs dans 35 pays, l’entité devient «la plateforme leader des données et des risques en agro-météo en Europe», peut-on lire dans le média en ligne Terre-net. Isagri (chiffre d’affaires de 340 M€) possède déjà Météus et ses 5000 stations météo. Sencrop (chiffres d’affaires de 8 M€) en revendique 35 000. «Cet adossement intervient dans un contexte de consolidation de l’ag-tech, et Isagri est le partenaire idéal pour accélérer le développement de notre plateforme collaborative unique, créer de fortes synergies et faire émerger le leader de l’agriculture de précision de demain, où les data et l’IA joueront un rôle primordial», affirment les cofondateurs de Sencrop, Martin Ducroquet et Michaël Bruniaux, cités par Terre-net. Et le d.g. d’Isagri France, Philippe Seguin, de préciser que «pour le moment, nous conservons les deux marques, qui ont chacune leur réseau de distribution».
Saisonniers étrangers: la liste des métiers en tension actualisée fin février
Prévue par la loi Immigration votée en décembre 2023 et promulguée début 2024, l'actualisation de la liste des métiers en tension dans lesquels les travailleurs sans-papiers peuvent être régularisés – un sujet concernant le domaine agricole – devrait être publiée «fin février», a affirmé le 5 janvier la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet, rapporte l’AFP. Son ministère et celui de l’Intérieur devraient prochainement signer une circulaire en ce sens. Elle se substituerait à la circulaire Valls de 2012. La ministre a plaidé une simplification par rapport à celle-ci qui impliquait une obligation d’AES (admission exceptionnelle au séjour), démarche qui «obligeait la personne en situation irrégulière et qui travaillait à demander une autorisation à son patron». En revanche, l’article 27 (anciennement 4 bis) de la loi Immigration telle que validée par le Conseil constitutionnel prévoit que la régularisation de ces travailleurs est laissée au pouvoir discrétionnaire des préfets. Les ministères du Travail et de l'Intérieur ont cartographié «région par région» les métiers en tension, «tous niveaux de qualification confondues», a expliqué Astrid Panosyan-Bouvet. Au printemps dernier, un arrêté relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non européens pour le secteur agricole avait été publié au Journal officiel, suivant les annonces du Premier ministre de l’époque, Gabriel Attal.
Légumes: allégement des contrôles pour les plants à la frontière britannique
Le gouvernement britannique a annoncé que les contrôles des plants de tomates, de concombres, de poivrons et d'aubergines seront désormais soumis à des contrôles à hauteur de 10%, contre 30% précédemment, rapporte la NFU (principal syndicat agricole anglais) sur son site internet fin 2024. La filière britannique des tomates s'était inquiétée à l’été 2024 des contrôles mis en œuvre dans le cadre du Brexit, entraînant de forts retards dans les livraisons. Cette réduction du nombre des contrôles «fait suite à un dialogue soutenu et cohérent entre la NFU et les associations de cultures concernées avec le Defra (ministère de l’Agriculture, NDLR) et l'APHA (agence sanitaire, NDLR)», est-il rapporté. Les autres plantes non ligneuses sont toujours soumises à des contrôles à hauteur de 30% à la frontière. «Comme dans tous les cas, cette fréquence sera réexaminée à la lumière de nouvelles informations, notamment des résultats des inspections et de la surveillance des importations», tient cependant à rappeler le ministère britannique de l’Agriculture.
Grippe aviaire: les États-Unis débloquent 306 M$ pour protéger les humains
Le ministère américain de la Santé annonce consacrer 306 millions de dollars (M$) à la mise en place des soins pour les personnes pouvant contracter la grippe aviaire (maladie humaine provoquée par le virus de l'influenza aviaire) et pour renforcer les moyens de surveillance du virus H5N1. Parmi les sommes détaillées dans un communiqué diffusé le 3 janvier, 90 M$ financeront la préparation des hôpitaux, 43 M$ iront au centre spécial de traitement des pathologies, et environ 111 M$ viendront renforcer la surveillance de la maladie aviaire aux échelons local, étatique ou fédéral. Le ministère de la Santé assure qu’il entretient une étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, ainsi qu'avec les administrations locales, les acteurs économiques et autres parties prenantes afin de protéger les populations. En Californie, où l’état d’urgence a été décrété dans la filière laitière, les fonctionnaires de la santé et les services vétérinaires accompagnent les éleveurs dans les processus de détection du virus et de soins aux troupeaux. Un premier patient sévèrement atteint d’influenza aviaire a été hospitalisé en Louisiane fin 2024. D’après le Centre de contrôle et de prévention des maladies de cet État, cette personne a vraisemblablement été infectée dans une basse-cour.
Laine: l’ONG Peta dénonce des faits de maltraitance dans 11 élevages en Nouvelle-Zélande
L’association internationale de protection animale Peta a publié le 6 janvier une enquête montrant des faits de maltraitance animale dans «onze élevages et hangars de tonte en Nouvelle-Zélande». Ces sites «produisent de la laine certifiée ZQ», un label qui appartient à l’entreprise The New Zealand Merino Company (filière néo-zélandaise) et se revendique «la première marque de laine éthique au monde». Les enquêteurs de Peta ont filmé des employés «en train de fouetter, de plaquer et de frapper des moutons». Leur enquête montre aussi des animaux «laissés avec des plaies béantes grossièrement recousues, tout cela sans antidouleur», ou encore des animaux entassés avant la tonte au point d’en mourir. Selon l’ONG, les élevages incriminés fournissent «des marques comme Allbirds, Fjällräven, Helly Hansen, icebreaker, Smartwool, et Loro Piana». L’association, qui appelle les entreprises à cesser d’utiliser de la laine, rappelle qu’il s’agit là de sa quinzième enquête sur ce sujet. Peta dit avoir ainsi inspecté «plus de 150 installations de l’industrie de la laine dans sept pays» (Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Etats-Unis, Chili, Argentine).
Nutrition: hausse du scorbut chez les enfants en France, corrélée à l'inflation (étude)
Une équipe de chercheurs français, rattachés pour la plupart à l’hôpital pédiatrique Robert-Debré (Paris), a analysé la hausse des cas de scorbut – une carence sévère en vitamine C – chez les enfants en France, dans une étude publiée dans la revue The Lancet Regional Health et repérée par Le Monde le 3 janvier. Entre 2015 et 2023, les pédiatres ont recensé 888 cas de scorbut chez des enfants dans la base de données «Programme de médicalisation des systèmes d’information» (PMSI), qui recueille l’ensemble des données d’hospitalisation en France. Dès 2015, ils ont observé une augmentation «significative et régulière», de l’ordre de 0,05% par mois. Constatant par la suite une accélération en 2020, avec une hausse de 1,9% par mois, les auteurs ont établi une corrélation avec la hausse de l’indice des prix à la consommation. «La hausse du scorbut est un symbole de la précarité alimentaire, définie à la fois comme un manque d’accès à de la nourriture de qualité et à l’éducation à une alimentation saine», souligne Ulrich Meinzer, professeur de pédiatrie à l’hôpital Robert-Debré et à l’université Paris-Cité et coordinateur de l’étude, auprès du Monde. «Une autre piste est à aller chercher dans les cas d’hypersélectivité alimentaire», décrite par Haude Clouzeau, pédiatre au CHU de Bordeaux, ajoute le quotidien.
Cabinet d’Annie Genevard: Anne-Charlotte Neau-Juillard nouvelle conseillère communication
Anne-Charlotte Neau-Juillard a rejoint le cabinet d’Annie Genevard en tant que conseillère communication et presse, plus d’un mois après le départ de Marie-Ève Malouines, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 6 janvier. Jusque-là directrice des relations extérieures de Showroomprive.com (site de e-commerce) et enseignante à l’université de Panthéon-Assas, elle a connu de nombreuses expériences dans le privé. Elle a notamment été directrice conseil (2018-2022) au sein du cabinet Taddeo, fondé par deux anciens conseillers de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, Raymond Soubie et Julien Vaulpré. Selon sa page LinkedIn, Anne-Charlotte Neau-Juillard a aussi officié pour Coca-Cola Europacific Partners, LVMH ou encore le cabinet Tilder. Pour cette diplômée de l’Essec, la Rue de Varenne ne sera pas la première expérience dans le public, elle qui a travaillé pour le Secrétariat général aux Affaires européennes (Matignon) et le consulat français à Los Angeles.