Agrafil du 9 juin 2022

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Céréales : la Russie et la Turquie prêtes à sécuriser les navires ukrainiens en mer Noire

Dans le cadre de l’instauration de corridors sécurisés pour faciliter les exportations de céréales en mer Noire, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a indiqué le 8 juin, à l’issue d’une entrevue avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu à Ankara, que la Russie «était prête à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens» avec la coopération de la Turquie. Suite à une demande de l’Onu, Ankara avait proposé son aide pour escorter ces convois depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines en raison de la guerre en Ukraine. Pour M. Cavusoglu, «le plan de l'Onu est raisonnable et réalisable (…) l'Ukraine et la Russie devraient l'accepter». Dans ce cadre, le ministre turc a également déclaré que «si nous devons ouvrir le marché international ukrainien, nous pensons que lever les obstacles aux exportations russes est légitime», en particulier sur «les céréales et les engrais». Ces échanges sont à l’arrêt suite à la suspension imposée par l’UE des transactions bancaires et financières. De son côté, Kiev refuse de déminer le port d’Odessa afin de permettre la reprise de ses exportations de céréales, craignant que les forces russes n'en profitent pour attaquer la ville, selon le porte-parole de l'administration de la région d'Odessa Serguiï Bratchou. À défaut de solution, l’Ukraine pourrait avoir d’ici à cet automne, «70 à 75 Mt de céréales bloquées», prévient son président Volodymyr Zelensky.

Céréales: le prix du blé n'a pas de raison de monter plus haut (rapport Cyclope)

Un des éléments qui ressortent de la présentation, le 8 juin, du rapport Cyclope, ouvrage annuel de 65 auteurs sur les marchés mondiaux de matières premières, est que le blé n'a pas de raison de monter plus haut qu’actuellement. Une détente n’est pas exclue. En effet, a indiqué François Luguenot, analyste sur les marchés céréaliers, le principal exportateur de blé qu’est la Russie «a besoin viscéralement d’exporter des matières premières». Les prévisions de moisson russe 2022 «sont bonnes». En Australie elles sont «excellentes», ce qui devrait plus que compenser les moins bonnes récoltes prévues en Inde et aux États-Unis. Le problème du marché du blé en cette conjoncture marquée par la guerre d’Ukraine «n’est pas un déficit de quantité, mais la capacité des pays à le payer». La Tunisie, par exemple, n’a pas retrouvé son nombre de touristes d’avant le Covid, le Maroc n’exporte que des phosphates, le budget égyptien s’épuise en subventions pour le pain. Quant au marché du maïs, «il n’est pas tant déterminé par l’offre (autrement dit par l’absence de l’Ukraine) que par l’inconnue de la demande chinoise. Tout dépend si Pékin achètera 2 millions de tonnes (Mt) de maïs sur le marché mondial ou 15 Mt, et cela on ne le sait pas». Les raisons pour lesquelles la Chine importe tant de céréales (62 Mt en 2021) «demeurent obscures».

Céréales : un projet de contractualisation entre filières végétale et animale (syndicat)

Un projet entre filières végétale et animale sur la contractualisation des céréales est mené au sein de la FNSEA, ont indiqué le 8 juin ses responsables lors du congrès de l’AGPB (producteurs de blé). «Il faut veiller aux synergies au sein de la ferme France: la compétitivité des céréales est un facteur clé de succès pour les filières animales, qui sont les premiers clients des céréaliers», a déclaré le président de l’AGPB Eric Thirouin. L’idée est de mettre en place des contrats pluriannuels sur des volumes de céréales à prix fixe. «Face aux perturbations liées à la guerre en Ukraine, il y a des discussions au sein de la FNSEA pour développer les synergies entre le monde animal et le monde végétal», a-t-il expliqué parlant d’«une piste à creuser sur des incitations fiscales qui permettraient de proposer, sur la base du volontariat, des dispositifs gagnants-gagnants pour les céréaliers et les éleveurs». «Nous allons y travailler dans les prochaines semaines et, le cas échéant, une expérimentation pourrait être lancée.» Une précédente tentative avait échoué, il y a près de dix ans. «Je mettrai toute mon énergie, ma ténacité, pour réussir sur ce sujet», a lancé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

HVE : vers une exclusion des écorégimes pour la voie B (CNCE)

Lors d’une réunion de la Commission nationale de la certification environnementale (CNCE), le 8 juin, les services du ministère (DGPE) ont à nouveau invité les participants à se prononcer sur une proposition de réforme de la HVE. L’administration a indiqué à cette occasion que la voie B d'accès à la HVE (ratio intrants sur chiffre d'affaires) ne permettra pas de bénéficier de l’écorégime, sans préciser si cette voie décriée pourra malgré tout subsister. Si elle n'était pas supprimée, certains agriculteurs pourraient ainsi garder le label et l’accès potentiel qu’il garantit à certains marchés, sans toucher les aides Pac correspondantes. Dans tous les cas, les agriculteurs déjà certifiés pourraient bénéficier d’un délai rallongé à 2025, contre 2023 dans les premières versions, pour se mettre en conformité avec l'ensemble du cadre rénové. «Certaines décisions pourraient aller à l’encontre des exploitations déjà certifiées», prévient Hervé Lapie, élue de la FNSEA en charge du dossier. Principal regret du syndicat majoritaire : instituts techniques et organismes certifications n’auront pas le temps d’étudier les conséquences de cette révision. L’ensemble des membres de la CNCE seront appelés à voter sur une copie finale lors d’une réunion prévue pour le 28 juin. Faute de réelle ambition environnementale, «le cadre reste globalement insatisfaisant, mais la négociation semble terminée», observe de son côté Jean-Bernard Lozier, représentant de la Confédération paysanne à la CNCE.

Machinisme: John Deere prévoit d'automatiser la culture de maïs et soja d'ici 2030

À l'occasion d'une conférence (voir vidéo) organisée le 26 mai, le machiniste américain John Deere a annoncé qu'il serait en mesure de proposer un «système de production entièrement autonome pour la culture de maïs et de soja d'ici 2030». Autrement dit, John Deere prévoit de commercialiser des machines autonomes pour l'ensemble des interventions culturales de ces deux productions, de la préparation du lit de semence jusqu'à la récolte. En janvier, John Deere avait annoncé la commercialisation, aux États-Unis, de sa première machine agricole autonome, un tracteur de type 8R (forte puissance). Lors de la conférence du 26 mai, le tractoriste a précisé que l'option d'autonomie serait activable, «dans les prochaines années», sur l'ensemble des tracteurs de la série 8R. Ces annonces interviennent après que John Deere a racheté l'été dernier la start-up américaine Bear Flag Robotics, spécialisée dans l'autonomisation des tracteurs. Lors de la conférence, c'est d'ailleurs son patron, Igino Cafiero, qui dévoilait les projets du groupe John Deere relatifs à l'autonomie.

Climat: le Parlement européen reporte son vote sur la taxe carbone

A l’issue d’un vote qui s’annonçait compliqué, le Parlement européen réuni en plénière le 8 juin a rejeté le texte sur la réforme du marché européen du carbone, reportant de facto le vote prévu dans la foulée sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Estimant que la position du Parlement n’était pas assez ambitieuse concernant le système d'échange de quotas d'émission, les groupes de Verts et de la Gauche ont voté contre le texte. Les discussions sur ces règlements sont donc renvoyées en commission de l’Environnement en vue de parvenir à un compromis avant que soit organisé un nouveau vote en plénière. Les eurodéputés devaient se prononcer sur huit des quatorze textes du paquet d’adaptation de l’UE aux nouveaux objectifs climatiques de l’UE. Ils ont quand même adopter leurs positions sur la répartition des efforts et sur l’utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (LULUCF). Sur le règlement LULUCF les eurodéputés souhaitent que ce secteur reste séparé de l’agriculture avec un objectif spécifique d'absorption (contrairement à ce que proposait la Commission européenne). Enfin, le Parlement a adopté sa position sur les normes d'émissions de CO2 pour les voitures qui prévoit la fin du moteur thermique pour les voitures neuves mises sur le marché à partir de 2035.

IG: les Vingt-sept critiquent le projet de réforme de Bruxelles

Les États membres de l’UE se disent vivement préoccupés par le transfert de responsabilité à l’Office européen de la propriété intellectuelle (EUIPO) proposé par la Commission européenne dans le cadre de la révision de la politique des indications géographiques, indique la présidence française du Conseil de l’UE dans un état des lieux des négociations sur ce dossier. Dans sa proposition, présentée fin mars, Bruxelles prévoit en effet de confier l’examen et la publication de demandes d’enregistrement d’IG à EUIPO. Selon les États membres, cela conduirait au financement de l’enregistrement des indications géographiques du secteur agricole par les déposants de marques avec le risque, qu’à terme, les producteurs agricoles doivent s’acquitter d’un droit d’enregistrement. Ils demandent donc que le rôle de l’EUIPO soit précisé dans l’acte de base de la législation et non pas, comme cela est prévu, dans un acte délégué qui sera présenté ultérieurement. Ce sujet sera débattu par les ministres des Vingt-sept lors de leur réunion du 13 juin à Luxembourg.

Environnement : Marc Fesneau promet un point mensuel aux ONG

À l’issue d’un premier rendez-vous avec le nouveau locataire de la rue de Varenne, le 8 juin, les associations de protection de l’environnement saluent l’ouverture de Marc Fesneau. «Nous avons senti chez lui des dispositions au dialogue qui sont cohérentes par rapport à nos échanges avec Mme Borne, ainsi qu’avec le discours du président à Marseille», salue Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement (FNE). Principal gage offert lors de cette réunion de deux heures : la promesse d’un échange mensuel, «sur des sujets spécifiques», précise le président de FNE. Les premiers points pourraient être dédiés à la déclinaison française de la Pac (PSN), dont la France doit livrer une deuxième version à la Commission dans les prochains jours. Marc Fesneau aurait notamment montré sur ce dossier une certaine «ouverture» pour retravailler certains aspects du socle de conditionnalité. Les cantines pour les collectivités, le PSN pour le ministère, et les pesticides pour l’Europe: «le ministre s’est montré assez incisif sur l’échelon politique auquel se traitent les dossiers», complète Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et biodiversité. D’après cet ancien chercheur, le ministre aurait aussi reconnu «une mauvaise gestion de l’État» sur les grands prédateurs comme le loup. Des erreurs qui seraient selon Marc Fesneau bien plus responsables de l’incompréhension du monde agricole, que l’action des associations.

Sécheresse : baisse des rendements en orge d’hiver et colza (ministère)

Malgré des rendements en baisse à cause de la sécheresse, les récoltes d’orge d’hiver et colza sont prévues en hausse grâce aux gains de surfaces, a indiqué le 8 juin le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste). « Si les conditions de cultures restent globalement bonnes, la sécheresse s’intensifie sur l’ensemble du territoire et, au vu des premières estimations de rendement des orges d’hiver et du colza, altère le potentiel de la récolte à venir », selon une note. Agreste table sur une production d’orge d’hiver de 8,25 Mt (+0,4 % par rapport à 2021), avec un rendement de 65 q/ha (contre 68,5 q/ha). «C’est en région Centre, première région productrice d’orges d’hiver, que la diminution du rendement est la plus forte (64 q/ha en 2022 contre 73 q/ha en 2021). Dans cette région, la hausse des surfaces ne compenserait pas la baisse du rendement.» En colza, la récolte est estimée à 3,9 Mt (+17,8 % sur un et deux ans), avec un rendement de 32,6 q/ha (contre 33,5 q/ha en 2021). «La situation est contrastée selon les régions: les rendements seraient en forte hausse dans le Nord-Est alors qu’ils diminueraient nettement dans le Centre et l’Ouest, où le manque d’eau pourrait affecter la qualité des graines.»

Alimentation animale: vers une baisse de production de 1 Mt en 2022 (fabricants)

Sous l’effet de l’influenza aviaire et de la guerre en Ukraine, «une baisse de 1 à 1,2 million de tonnes en 2022 peut être estimée» en alimentation animale, prévient le Snia dans un communiqué le 8 juin. «Les tendances affichent une baisse de 4% au début de l’année», rapporte le syndicat, qui a tenu son assemblée générale le 20 mai. Un recul notamment dû à l’influenza aviaire, alors que les volailles consomment 41% de la production française d’aliments composés. En 2021, la production française d’aliments du bétail  s’était déjà érodée de 1%, à 20,6 Mt. D’après le Snia, «la crise en Ukraine est la première cause de tensions dans le secteur», soumis à la flambée des céréales et oléoprotéagineux. D’où une «augmentation drastique des coûts de production, qui finit par se traduire dans le prix des aliments livrés en élevage», précise François Cholat, reconduit à la présidence du Snia pour deux ans. Son syndicat «salue» la récente ouverture de la première enveloppe d’aide à l’alimentation animale du Plan de résilience (308,5 M€ pour les éleveurs de France continentale). «Pour les ateliers sous contrat de production ou d’intégration, le dispositif est en cours de finalisation et devrait être publié avant fin juin», espère le Snia.

Administration: Maud Faipoux prend la direction de la DGAL

Actuellement conseillère technique agriculture au cabinet de la Première ministre, Maud Faipoux est nommée directrice générale de l’alimentation (DGAL, ministère de l'Agriculture), selon le compte rendu du Conseil des ministres du 8 juin. Elle remplace Bruno Ferreira, qui occupait cette fonction depuis trois ans. Cette nomination intervient quelques semaines après que Matignon a acté la création d'une police unique en charge de la sécurité sanitaire des aliments par le transfert de compétences de la DGCCRF (ministère de l'Économie) vers la DGAL (ministère de l'Agriculture). Née en 1980 comme Julien Denormandie, Maud Faipoux est ingénieure agronome (INA P-G) et ingénieure en chef des ponts, des eaux et forêts, comme l'ancien ministre de l'Agriculture. Maud Faipoux était en poste au cabinet du Premier ministre Jean Castex, depuis le 4 février 2021 en remplacement de Julien Turenne, parti à la Cour des comptes. Elle occupait auparavant le poste de conseillère «filières végétales, sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires» au cabinet de Julien Denormandie.

Ours : manifestations contre des gardes à vue de chasseurs

Quelque 200 personnes ont manifesté vendredi 3 juin devant la gendarmerie de Saint-Girons, en Ariège, pour soutenir plusieurs chasseurs placés en garde à vue dans l’enquête sur la mort d’une ourse, abattue en novembre par un chasseur qu’elle avait attaqué. Au préalable, six interrogatoires sous le régime de la garde à vue avaient été menés mercredi et jeudi dans cette gendarmerie, selon le président de la Fédération des chasseurs de l’Ariège, Jean-Luc Fernandez. L’affaire remonte au 20 novembre 2021. Lors d’une battue pour débusquer des sangliers, sur les hauteurs du village de Seix, un chasseur de 70 ans a tué une ourse qui venait de l’attaquer et de le blesser à une jambe. L’enquête des gendarmes devra déterminer le déroulement des faits et si la chasse s’est déroulée dans une zone autorisée. Le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, Philippe Lacube, dénonce auprès de nos confrères de l’AFP une situation «insupportable»: «On s’attaque directement aux hommes et femmes de ces montagnes», a-t-il dit, estimant que dans les affaires liées aux ours, les chasseurs et éleveurs sont systématiquement traités avec une «présomption de culpabilité». Également présente au rassemblement, la présidente du département de l’Ariège, Christine Téqui, a dénoncé la «responsabilité de l’État». «La situation va se reproduire. Cette fois-ci il y a eu un blessé, demain il y aura un mort», a-t-elle alerté.

Emploi: difficultés de recrutement «sans précédent» en région Aura (FRSEA)

Si la profession agricole alerte sur ses difficultés de recrutement «depuis plusieurs années», et que le phénomène s'était accru l'année dernière, «la saison 2022 s'ouvre sur des difficultés de recrutement sans précédent», déplore la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes dans un communiqué paru le 2 juin. «Le marché de l'emploi s'est durci, les intentions d'embauche dans les exploitations atteignent un niveau historique, et les candidats sont plus absents que jamais», constate la fédération. Le phénomène se rencontrerait «à tous les niveaux de qualification, dans toutes les filières et dans tous les territoires de notre région». Il a de fortes incidences sur la viticulture, l'arboriculture, l'horticulture et le maraîchage, détaille le président de la FRSEA Michel Joux, interrogé par Agra Presse. Il craint que des surfaces ne puissent pas être plantées ou récoltées cette année. «Il faut que travailler paye davantage que ne pas travailler», plaide-t-il. «Est-ce qu'il faut que des personnes étrangères puissent venir travailler, et repartir chez elles ensuite? Je ne sais pas, mais il faut attirer des bras.»

Législatives: «la question animale n’a pas pu émerger» dans la campagne (collectif)

Sur les 6293 candidats aux élections législatives, seuls 357 se sont engagés sur tout ou partie des 22 propositions de la plateforme Engagement animaux 2022 en faveur de la protection animale. «La question animale n’a pas pu émerger» dans les débats, déplore Émilie de Marco, membre de ce collectif de 30 ONG, lors d’une conférence de presse le 8 juin. L’explication? Une campagne législative courte, «atone» et «anesthésiée par d’autres sujets», estime celle qui est aussi secrétaire générale de l’Amah (association contre la maltraitance animale et humaine). Au contraire, lors de l’élection présidentielle, «la condition animale avait su s’imposer comme un sujet incontournable», estime-t-elle. Sur les 357 candidats aux législatives engagés, 228 sont issus du Parti animaliste et 79 de la Nupes. Au sein de la majorité présidentielle, seuls onze prétendants à la députation se sont engagés, dont Aurore Bergé (Yvelines, 10e circonscription), Dimitri Houbron (Nord, 17e) ou encore Loïc Dombreval (Alpes-Maritimes, 2e). La plateforme a également sollicité les partis, dont huit ont répondu favorablement. Il s’agit quasi-exclusivement de partis écologistes, ainsi que du Parti animaliste, de la France insoumise et de Debout la France.

Législatives : la Nupes a le programme le plus écologique selon FNE

Dans une analyse des programmes dévoilés pour les législatives, France Nature Environnement (FNE) estime que le programme Nupes est «beaucoup plus riche et détaillé que les autres partis sur l’écologie». Dans le secteur agricole, notamment, FNE se réjouit que l’alliance des partis de gauche promette «l’interdiction immédiate des pesticides les plus dangereux», une restauration collective entièrement bio et locale, ainsi qu’une révision du PSN. À l’inverse, regrette-t-elle, le parti présidentiel Ensemble, tout comme Les Républicains, proposent une approche «très techniciste de l’agriculture», comprenant «robotique, numérique, sélection variétale». Dans une réponse au questionnaire envoyé par l’association, le parti présidentiel aurait toutefois mis en avant les «contrats de filières», élaboré dans le cadre d’Egalim, tout en promettant le développement d’un «diagnostic sur la qualité des sols», ainsi que la révision de la HVE. Autant d’éléments trop imprécis ou insuffisants pour FNE, déplorant que «rien n’est annoncé notamment pour sortir des pesticides». Au total, dans le programme d’Ensemble, l’ambition environnementale «semble céder le pas devant la pression du lobby de l’agriculture conventionnelle», tranche l’association.

Veau de boucherie: les éleveurs intégrés sont en droit d’être mieux rémunérés (FNB)

Alors que la guerre en Ukraine provoque une flambée du prix de l’énergie, les éleveurs de veaux de boucherie en intégration «sont dans leur plein droit de réclamer une mise à jour de leurs prestations», rappelle la FNB (producteurs de bovins viande, FNSEA) dans un communiqué du 8 juin. Et d’ajouter qu’«en cas de problème ils ont la possibilité de saisir la commission de conciliation des comités régionaux d'Interbev». L’Ipampa (indice des prix d’achat des moyens de production agricole) «montre une augmentation du prix du gaz de 23% par rapport à 2021», précise l’association spécialisée. Or, 62% des élevages utilisent cette énergie pour chauffer l’eau qui sert à réhydrater le lait distribué aux veaux. Les contrats sont obligatoires pour la production de veaux de boucherie en intégration. Et le contrat-type homologué prévoit une clause d’indexation, laquelle doit selon la FNB «permettre la prise en compte de l'augmentation des coûts dans la prestation pour couvrir la totalité des charges de production de l’éleveur». La mise à jour des prestations est «urgente», conclut le syndicat, qui note qu’en 2020 «la prestation moyenne (219 €/place) ne couvrait pas la totalité des coûts de production (256 €/place)», selon les chiffres du réseau Inosys.

Aliments transformés: des chercheurs plaident pour une nouvelle classification

Dans un communiqué du 8 juin, des chercheurs de la Société française de nutrition, de l’Inrae, de l’Inserm et de trois autres organismes* plaident pour la création d’un nouveau système de classification des aliments selon leur niveau de transformation. «Il paraît aujourd’hui nécessaire de développer un système de classification robuste, utilisable par tous et sans ambiguïté pour mieux étudier les liens entre la santé et la transformation des aliments, mieux définir les politiques publiques et mieux informer le consommateur», écrivent les scientifiques. Cela apparaît d’autant plus nécessaire aux yeux des chercheurs que le terme «aliments ultra-transformés» s’est imposé dans la définition des politiques publiques. La France s’était notamment donné l’objectif de réduire de 20% la consommation de ces produits entre 2018 et 2022. Or, les travaux des scientifiques ont démontré que le système Nova – le plus utilisé dans le monde, y compris en France – présentait «des faiblesses». Les classifications varient fortement d’un expert-évaluateur à un autre. «Ces résultats suggèrent qu’il est nécessaire de développer un système fiable basé sur un algorithme reproductible pour classer les aliments en fonction de leur degré de transformation», en concluent les chercheurs.

*Bordeaux Sciences Agro, VAB-Nutrition et MS-Nutrition