Agrafil du 8 janvier 2025

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Grippe aviaire: les États-Unis déplorent leur premier décès humain, en Louisiane

Un patient atteint de la grippe aviaire (maladie humaine provoquée par le virus de l’influenza aviaire) est décédé en Louisiane, a annoncé le ministère de la Santé de cet État le 6 janvier. Selon un communiqué, il s’agit du «premier décès humain lié au virus H5N1 aux États-Unis». Cet homme de 65 ans souffrait d’autres «affections sous-jacentes» et avait été contaminé par le virus de l’influenza aviaire «après exposition à une combinaison de volailles de basse-cour et d’oiseaux sauvages». Il avait été hospitalisé à la mi-décembre et se trouvait déjà à l’époque dans un «état critique». «Le risque pour la santé publique générale reste faible», précise le ministère, car l’enquête épidémiologique n’a révélé «ni cas de H5N1 additionnel ni preuve d’une transmission de personne à personne». Selon le CDC (Centre de contrôle des maladies), il s’agit du 65e cas humain de grippe aviaire aux États-Unis depuis février 2024. Il y a presque un an, le pays détectait son premier cas d’influenza aviaire sur des vaches laitières. Au 6 janvier, les autorités dénombraient 917 cas sur des bovins dans 16 États – notamment en Californie où l’état d’urgence a été décrété. Au niveau fédéral, le ministère de la Santé a débloqué 306 M$ pour améliorer la prise en charge de la maladie chez les humains.

Influenza aviaire : un premier foyer au Portugal, sur des poules pondeuses

Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été détecté dans un élevage de poules pondeuses dans les environs de Lisbonne, a annoncé la Direction générale de la santé (DGS) du Portugal le 7 janvier. Il s’agit du premier cas au Portugal, selon la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA). La DGS a été informée de l'apparition d'un foyer de grippe aviaire «hautement pathogène du sous-type H5N1 dans un élevage de poules pondeuses dans la municipalité de Sintra», à l'ouest de la capitale portugaise, indique l’autorité sanitaire dans un communiqué. Pour l'instant, aucun cas d'infection humaine n'a été signalé, ajoute la DGS, en précisant que les autorités sanitaires et vétérinaires mettaient tout en œuvre pour éradiquer ce foyer. Ces mesures comprennent le nettoyage du site où la maladie a été détectée, l'élimination des volailles concernées ou encore la surveillance des oiseaux dans un rayon pouvant aller jusqu'à 10 km autour du foyer, selon la Direction générale de l'alimentation et des affaires vétérinaires (DGAV). De son côté, la France a détecté fin décembre deux foyers d’influenza aviaire dans des élevages en Normandie, perdant ainsi le statut indemne qu'elle avait recouvré à peine deux semaines auparavant.

Loup: un arrêté sur la non-protégeabilité des bovins mis en consultation

Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation, jusqu’au 17 janvier, un arrêté fixant le cadre de la non-protégeabilité des élevages de bovins et d’équins face au loup, autorisant ainsi les préfets de département à leur accorder des tirs de défense. Selon le projet de texte, les représentants de l’État pourraient accorder ces autorisations de tir selon deux modalités: soit à des élevages déjà prédatés «dans la dernière année» (sous réserve de «démarches engagées en matière de réduction de vulnérabilité»); soit à des élevages situés dans des «territoires particuliers soumis à un risque avéré de prédation au sens de l’arrêté ministériel du 30 décembre 2022». Dans ce deuxième cas, une «analyse technico-économique territoriale» sera nécessaire et devra être validée par le préfet coordonnateur sur le plan loup. Réalisée à l’échelle d’un territoire homogène (en termes de géographie et de mode de production), cette analyse comporte trois volets: elle «établit les difficultés techniques ou économiques à assurer une protection efficace»; elle «qualifie la vulnérabilité du territoire à la prédation»; elle «met en avant les moyens pouvant être développés collectivement pour réduire la prédation». Les éleveurs concernés pourront alors demander une dérogation au préfet de département, en justifiant «de leur situation au regard de cette analyse et des mesures de réduction de la vulnérabilité».

Noisettes : SeineYonne poursuit son projet, malgré le risque d’impasse technique

Union SeineYonne poursuit son projet de filière de noisettes, lancée en décembre 2023. «Nous avons organisé des réunions d’informations auprès des agriculteurs, et sommes en cours de montage de dossiers pour ceux qui sont intéressés, explique Eric Ducornet, responsable projets filières pour SeineYonne. Nous avons instruit cinq dossiers et devrions arriver à une quinzaine d'agriculteurs engagés dans la démarche.» Si l’union ambitionne d’implanter, à termes, 300 ha de noisetiers pour répondre à la demande d’Unicoque, leader de la noisette en France, et d’industriels tels que Ferrero, les agriculteurs qui se lancent ne plantent que 5 à 10 ha au départ. «L’investissement initial requiert entre 9 et 15 000 € par ha, pointe Eric Ducornet. Et les parcelles ne rapportent pas avant cinq ou six ans. Cela incite les agriculteurs à la prudence.» Autre motif de retenue: les impasses techniques. En 2024, Unicoque a perdu 50% de sa production en raison du climat et d’attaques parasitaires, faute de phytosanitaire efficace. La filière française souhaite que l'acétamipride, interdit en 2018 mais utilisé par l’Italie et l’Espagne, puisse faire l’objet d’une dérogation. (Elena Blum)

Pomme de terre: campagne 2023-2024 «satisfaisante», des «défis» pour 2025 (CNIPT)

La campagne de pomme de terre hexagonale 2023-2024 est jugée «satisfaisante, mais nous restons vigilants», a indiqué la directrice générale du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), en marge de son assemblée générale le 7 janvier. En attendant les chiffres définitifs de la récolte 2024, Florence Rossillion rappelle le rebond de la production nationale de pomme de terre de conservation entre 2022 et 2023 de 12,7%, pour atteindre 6,8 Mt, un chiffre dans la moyenne pluriannuelle. Mais elle alerte sur «les défis qui attendent la filière», incluant la réglementation sur les emballages plastiques. Concernant les perspectives de production pour 2025, «une réduction des surfaces serait étonnante», indique la directrice. La demande intérieure industrielle et de l’export s’avère dynamique actuellement, permettant d’assurer des prix rémunérateurs ainsi que des débouchés aux producteurs, rapporte le CNIPT. Les expéditions françaises ont d’ailleurs atteint un record lors de la campagne 2023-2024, à 3,5 Mt, en raison notamment de l’effritement de la production au sein de certains pays de l’UE, spécialement aux Pays-Bas. Ces éléments sont de nature à stimuler les emblavements hexagonaux. En octobre, l'UNPT (producteurs) s'inquiétait d’une potentielle hausse trop importante des surfaces entre 2024 et 2025, susceptible d’engendrer une «offre excédentaire», qui pèserait sur les prix.

Céréales/eau: en Asie centrale, accord pour améliorer le partage de l'eau du Syr-Daria

Grand exportateur de céréales, le Kazakhstan a annoncé le 7 janvier un accord avec l'Ouzbékistan pour automatiser le comptage de l'eau du Syr-Daria, immense fleuve d'Asie centrale, crucial pour les pays de cette région en proie à une crise hydrique qui doit s'aggraver, selon les scientifiques. Quatre pays centrasiatiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan) se répartissent les eaux du Syr-Daria, menacé par la surexploitation agricole, le gaspillage hydrique et le changement climatique. Cette annonce intervient quelques mois après l'identification de dix zones pour installer des compteurs d'eau dans ces pays recouverts majoritairement de steppes ou de déserts. L'accord doit «assurer une transparence totale de la comptabilité de l'eau» selon le Kazakhstan, qui dit «promouvoir activement cette question dans les négociations avec le Kirghizstan et le Tadjikistan», deux pays s'étant déjà affrontés pour le contrôle de ressources hydriques. Malgré une coopération interétatique croissante et inédite ces dernières années, le partage des eaux en Asie centrale hérité de l'époque soviétique reste fragile dans cette région aux quelques 80 millions d'habitants. Les pays doivent échanger selon un calendrier précis de l'eau, nécessaire à l'agriculture mais servant aussi à alimenter les centrales hydroélectriques fournissant de l'électricité.

«Agribashing»: peu de cas depuis 2019 et «absence de transparence» (presse)

L’activité des observatoires de l’«agribashing» déployés dans certains départements est «très limitée, voire nulle», selon une enquête du Monde et de l’ONG Aria publiée le 27 décembre (article payant). Créés dans la foulée du lancement de la cellule de gendarmerie Demeter en octobre 2019, juste avant les quatre vagues de Covid-19 (2020-2021), ces observatoires visaient à faire un état des lieux des problématiques de sécurité rencontrées par les agriculteurs et à élaborer des solutions. Sur 10 préfectures du Grand ouest sollicitées par Aria, et choisies vu l’importance de l’élevage dans ces territoires, six (Ille-et-Vilaine, Mayenne, Sarthe, Finistère, Vendée, Seine-Maritime) ont partagé les comptes rendus de réunion et notes internes produits entre février 2020 et janvier 2024. Ces écrits font apparaître que les observatoires se sont peu ou pas réunis ; et que les délits liés à l’activisme écologiste ou antispéciste sont rares (un cas éventuel en Vendée, des vidéos tournées lors d’intrusion en élevage et des tags en Seine-Maritime). A échelle nationale, Le Monde dénonce une «absence de transparence» sur la cellule Demeter. Le quotidien affirme avoir demandé «à deux reprises» un «bilan des actions» de la cellule de gendarmerie, sans obtenir de réponse.

Élections chambres: en Hautes-Pyrénées, la préfecture annule la liste des salariés CR

Par un arrêté paru le 3 janvier, la préfecture des Hautes-Pyrénées a annulé la liste de la Coordination rurale déposée dans le collège 3A (salariés de la production agricole) en vue des élections des chambres d’agriculture. Cette liste «a fait l’objet d’un recours gracieux», indique l’arrêté. Cette procédure a «fait apparaître» que la Coordination rurale des Hautes-Pyrénées (CR 65) «est un syndicat patronal», d’après le texte officiel. À l’origine de la procédure, la Fnaf-CGT s’est félicitée de cette décision qui permet de «reléguer au placard l’opération de la Coordination rurale». Dans un communiqué du 6 janvier, le syndicat retrace sa mobilisation: «interventions dans la presse, interpellation du ministère de l’Agriculture, engagement de quatre procédures juridiques». La liste en question avait été validée le 20 décembre par la préfecture des Hautes-Pyrénées. Parmi ses cinq membres, au moins deux semblaient exercer une activité agricole, selon le site Pappers: Michel Lacarce (grandes cultures à Mazerolles) et Christophe Rivals (paysagiste à Burg). Également présente sur la liste CR, Carine Mouchous se disait, sur X en 2016, «éleveuse de veaux boucherie» et mariée à un «entrepreneur agricole».

Protection sociale: alternance paritaire à la tête du groupe Agrica

Dans un communiqué de presse en date du 6 janvier, le groupe Agrica (complémentaire) annonce une permutation des fonctions de présidence et de vice-présidence du groupe et du GIE Agrica Gestion dans le cadre de l’alternance paritaire. Ainsi, Bernard Pire (SNCEA/CFE-CGC) assure depuis le 1er janvier  la présidence du groupe Agrica et la vice-présidence du GIE Agrica Gestion, en tant que représentant du collège des participants. Jérôme Volle (FNSEA) prend quant à lui la vice-présidence du groupe et la présidence du GIE Agrica Gestion, en tant que représentant du collège des adhérents. Pour mémoire, l’association sommitale Groupe Agrica définit la politique et la stratégie du groupe de protection sociale alors que le GIE est chargé du volet technique et administratif.