Macron annule le débat avec les agriculteurs mais ouvrira bien le Salon de l'agriculture
Emmanuel Macron a annoncé qu'il renonçait à tenir un grand débat avec les agriculteurs ce samedi 24 février au Salon de l'Agriculture, après la polémique sur l'invitation d'un collectif écologiste, mais qu'il inaugurerait bien ce grand rendez-vous annuel et rencontrerait les syndicats agricoles au préalable. «Les syndicats agricoles (...) avaient voulu un débat ouvert. Ils en demandent aujourd'hui l'annulation. Dont acte», a écrit le chef de l'Etat sur X, en précisant qu'il invitera samedi matin «tous les syndicats agricoles avant l'ouverture officielle du salon». «Je serai là pour l'ouvrir et irai au contact de tous ceux qui veulent échanger comme je le fais chaque année», a-t-il poursuivi. L'Elysée avait plaidé plus tôt dans la journée une «erreur» de communication après avoir évoqué la veille l'invitation du collectif écologiste Les Soulèvements de la Terre à ce débat, ce qui a provoqué la colère de la FNSEA. «Les Soulèvements de la Terre n'ont été ni conviés, ni contactés. Il s'agit d'une erreur faite lors de l'entretien avec la presse en amont de l'événement», avait indiqué sur X la présidence. «Une provocation inacceptable», a rétorqué le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, qui a obligé l'Elysée à rétropédaler. A la suite d'une réunion du conseil d'administration de la FNSEA, il a annoncé qu«aucun représentant» de l'organisation ne participerait au débat. «Arnaud Rousseau a fait pression pour ne pas se retrouver face à nous et Macron s'est couché. Qu'il soit rassuré: nous n'aurions pas participé à cette supercherie, mais merci pour le spectacle!», ont ironisé Les Soulèvements de la Terre sur X.
Salon de l'agriculture: la FNSEA, les JA et la Coordination rurale manifestent à Paris
En contrebas du dôme doré de l'hôtel des Invalides, à Paris, une trentaine de tracteurs de la Coordination rurale décorés de pancartes campaient sur la place Vauban depuis 12h30 le 23 février. C'est le lieu d'arrivée d'un cortège parti le matin vers 10h de l'avenue de Versailles, près de la Porte Saint-Cloud: une action autorisée par la préfecture de police et organisée par le syndicat à la veille du Salon de l'agriculture. Dans l'après-midi, Marion Maréchal Le Pen, tête de liste du parti Reconquête! aux européennes, est venue à la rencontre des paysans. Les tracteurs ont traversé les rues de l'Ouest parisien pendant près de deux heures, dans un brouhaha de klaxons. Ils ont commencé à rebrousser chemin vers 17H00 comme convenu avec les autorités. En début d'après-midi, ce fut au tour des JA et de la FNSEA. Arrivés à bord de 14 tracteurs, en car ou par leurs propres moyens, plus de 200 agriculteurs ont convergé dans l'après-midi vers le sud-ouest de la capitale. «L'idée initiale, c'était de mettre un petit coup de pression avant l'ouverture du salon», a déclaré à l'AFP Damien Greffin, céréalier et responsable francilien de la FNSEA, depuis le lieu de rendez-vous à quelques encablures du Parc des expositions de la porte de Versailles où doit démarrer samedi le Salon de l'agriculture. En dépit des salves d'annonces gouvernementales depuis l'éclatement de la crise agricole en janvier, «on a toujours autant de paperasse à faire, d'impasses dans nos champs» pour traiter les nuisibles, a-t-il expliqué.
Miel: le gouvernement présente un «plan d'actions» face à la crise apicole
Alors que les apiculteurs connaissent, depuis plusieurs mois, des difficultés à écouler leur miel, le ministre de l'Agriculture a annoncé, dans un communiqué le 23 février, la mise en place d'un «plan d’action» incluant «des aides conjoncturelles pour aider les apiculteurs en difficulté» et des «mesures structurelles visant à accompagner la filière apicole dans la durée». Pour soulager les trésoreries des apiculteurs, le ministère annonce donc un «soutien conjoncturel d’urgence à hauteur de 5M€» incluant des «avances de trésorerie, aides conjoncturelles, prises en charge de cotisations MSA». À moyen terme, il annonce le lancement de travaux sur quatre axes: amélioration de la réglementation (voir ci-après) et des contrôles ; 500 000 euros d'aide à la communication et à la promotion ; travaux pour «adapter la production aux attentes», et moyens de pilotage «renforcés» ; 200 000 euros supplémentaires aux actions sanitaires. Les colégislateurs européens sont parvenus à un accord politique le 30 janvier sur la révision des directives « Petit-déjeuner » dont fait partie l’étiquetage du miel. Le compromis politique prévoit, en cas de mélange, une indication obligatoire des pays d’origine des miels sur l’étiquette, dans le même champ de vision que le nom du produit, par ordre décroissant en fonction de la proportion qu’ils représentent.
Plan loups: indemnisations revalorisées et simplification des tirs (gouvernement)
Le gouvernement a présenté, le 23 février, son Plan national d’actions (PNA) sur le loup et les activités d’élevage - ainsi que les nouveaux arrêtés et instructions concernant les tirs et indemnisations, parus ce jour au Journal officiel - qui apporte peu de changements par rapport à la version mise en consultation fin 2023. Le PNA et l'arrêté encadrant les tirs comportent de nombreuses mesures demandées par les organisations d’éleveurs: simplification des tirs de défense, création d’une aide à la mise en place des mesures de protection et d’indemnisations des pertes indirectes, réforme du système de comptage des loups, création d’un statut du chien de troupeau, ou encore travail sur le changement de statut juridique du prédateur. Une instruction préfectorale est également parue ce jour qui ouvre aux éleveurs de bovins, équins et asins l'accès aux tirs même en l'absence de mesures de défense, considérant que ces élevages sont non-protégeables. Comme attendu, les indemnisations des prédations sont revalorisées pour tenir compte des évolutions du marché de la viande et du lait: +33% pour les ovins et +25%, ont indiqué les services des ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique.
Fruits et légumes : la France déclenche la clause de sauvegarde contre le thiaclopride
Comme s'y était engagé le Premier ministre le 1er février, le ministère de l'Agriculture annonce, dans un communiqué paru le 23 février, le déclenchement d'une clause de sauvegarde contre l'insecticide thiaclopride, utilisé notamment en prunes, fraises, tomates, aubergines, pomme de terre... Concrètement, un arrêté en date du 23 janvier suspend l’importation et la mise sur le marché national de fruits et légumes frais provenant de pays tiers traités au thiaclopride. Il cessera de s’appliquer dès l’adoption par l’Union européenne de mesures visant à abaisser l'ensemble des limites maximales de résidu (LMR) sur les importations, précise le ministère. Interdit en France depuis septembre 2018 et dans l’Union européenne depuis février 2021, le thiaclopride, considéré par l’Efsa comme cancérogène, perturbateur endocrinien et ayant un impact délétère sur les pollinisateurs, «continue d’être utilisée dans d’autres parties du monde pour protéger les cultures contre certains insectes», explique la rue de Varenne. Le 9 février, la France avait réitéré sa demande d'abaissement des limites maximales de résidus à Bruxelles. Cette décision rappelle aussi celle du Parlement européen, en janvier dernier : il avait retoqué une proposition de la Commission européenne visant à abaisser les LMR existantes pour l’insecticide aux limites de détermination sauf pour une trentaine de LMR afin de permettre les importations de pays tiers. Plusieurs fruits et légumes étaient concernés comme les fraises, les tomates, les aubergines…
Ecophyto/Indicateurs : les chercheurs du comité scientifique proposent de «simplifier» le Nodu
Le Nodu n’est pas parfait, mais il est mieux que le HRI1 et il est améliorable. Voilà ce que dit, en substance, le comité scientifique et technique (CST) du plan Ecophyto dans un texte de décryptage publié le 21 février sur le site The Conversation. Les membres du CST, «comité indépendant des pilotes du plan», expliquent que le Nodu prend en compte les «posologies» différentes des substances actives grâce au calcul d’une dose de référence à l’hectare appelée «dose unité », ce qui permet d’avoir une vision plus précise des usages de pesticides que la QSA (quantité de substances actives vendues). Or l’indicateur européen HRI (nouvellement retenu par le gouvernement, NDLR) est similaire au QSA, avec certes une pondération selon leur appartenance à un groupe de risques (au nombre de quatre groupes), mais cette pondération est calculée de façon arbitraire et est, au final, peu discriminante, expliquent les scientifiques. Reconnaissant toutefois la complexité du Nodu, ils proposent de «simplifier» le calcul de cet indicateur historique d’Ecophyto. «Nous recommandons de définir la dose unité d'une substance comme la médiane de toutes ses doses homologuées – plutôt que la moyenne des maxima des doses homologuées par culture, pondérée par la surface relative de chaque culture», expose le CST. Une telle simplification permettrait de rendre le Nodu, jusqu’ici franco-français, «utilisable à l’échelle européenne».
Salariés: des FDSEA dénoncent leurs conventions collectives, syndicats de salariés furieux
Dans un communiqué commun paru le 23 février, les fédérations agricoles de la CGT, de la CFTC, de FO et de la CFE-CGC rapportent que trois FDSEA (Gard, Lot-et-Garonne, Ain) ont dénoncé leurs conventions collectives départementales. Une information confirmée dans le Gard, par le secrétaire général de la FDSEA. Quatre ans après la signature d'une convention collective nationale unique pour l'agriculture en 2020, les FDSEA négocient depuis trois ans dans toute la France leurs déclinaisons territoriales. Dans ces départements, les négociations achoppaient notamment sur les grilles des techniciens et agents de maitrise. Une fois l'accord dénoncé, les deux parties ont un an pour se mettre d'accord, sans quoi seule la convention nationale qui s'applique, et fait disparaître de nombreuses dispositions départementales avantageuses. Les syndicats de salariés estiment que «les discours identiques tenus lors des négociations démontrent que ces positions locales sont prises sous la consigne de la FNSEA, au niveau national», dont ils dénoncent la «déloyauté». Pis, les syndicats soulignent que le préambule de la convention collective nationale stipule que «les conventions collectives territoriales et professionnelles existantes ne sont pas remises en cause». Ils demandent au ministère de l'Agriculture de «placer les négociations nationale de la production agricole/Cuma en commission mixte». Et de prévenir que «si les dénonciations sont maintenues, si les droits des salariés sont remis en cause, nous saurons prendre nos responsabilités syndicales en conséquence».
Manifestations : des blocages annoncés à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne
Un important poste frontalier entre la Pologne et l’Allemagne devrait être bloqué pendant vingt-quatre heures entre dimanche et lundi, ont annoncé le 23 février les agriculteurs polonais. L’objectif est de protester contre les réglementations européennes, comme le Green Deal, et les importations des produits agroalimentaires originaires de pays tiers qu'ils jugent non conformes aux normes de l'UE. «Nous attendrons les résultats et nous sommes prêts à lancer un mouvement à un niveau bien plus élevé», a déclaré à l’AFP Dariusz Wrobel, un des organisateurs du mouvement. Par ailleurs, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen était en voyage en Pologne le 23 février pour y rencontrer le Premier ministre Donald Tusk dans le cadre du déblocage des fonds de relance et de cohésion européens. À cette occasion, elle a annoncé des « moyens financiers » pour les agriculteurs polonais, citant une enveloppe de 1,4 Md € au titre de NextGenerationEU. «Cette enveloppe est à la disposition immédiate des agriculteurs polonais afin de les aider à accroître et à moderniser leur production de même qu'à pénétrer de nouveaux marchés», a-t-elle déclaré.
Green Deal/Importations : Wojciechowski tente de clarifier ses propos
Alors que des éléments d’une lettre envoyée le 22 février au président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen Norbert Lins (Allemagne, droite) ont été dévoilés dans la presse, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a tenté de clarifier ses propos. Dans un communiqué officiel publié le 23 février «de sa propre initiative» (indique-t-il), le commissaire polonais précise n’avoir jamais déclaré «stop aux importations, fin du Green Deal» contrairement à ce qui a été rapporté. Sur les importations, il reconnaît que l’agriculture de l’UE doit être protégée «contre les impacts significatifs de la libéralisation du commerce avec l'Ukraine et contre toute concurrence déloyale dans nos accords commerciaux». Concernant le Green Deal, il renvoie aux récentes annonces de Bruxelles répondant à «la menace que de nombreux agriculteurs ont ressentie face à certaines initiatives». Et d’ajouter : «Je reconnais que la formulation de cette ligne particulière de ma lettre n'a pas été suffisamment soignée et a laissé mes mots ouverts à une interprétation erronée, ce que je regrette». Il faut dire que le commissaire Wojciechowski est dans une situation délicate. Contesté par certaines organisations agricoles, il est lâché par son gouvernement et son propre parti politique qui ont même récemment appelé à sa démission.
Simplification : le Copa-Cogeca va présenter une lettre ouverte à von der Leyen
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont annoncé, lors d’une conférence de presse le 23 février, qu’elles allaient transmettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 26 février une lettre ouverte concernant les propositions de simplifications de Bruxelles pour l’agriculture. Également signé par l’ensemble de ses membres, ce document se veut être le «portevoix» du monde agricole face au «tsunami réglementaire». Selon la présidente du Copa, Christiane Lambert, le manque d’écoute des autorités européennes est un des dénominateurs communs des protestations agricoles dans l’UE, reprochant notamment l’approche trop verticale de l'ancien commissaire Frans Timmermans lors de la mise en place du Green Deal. «On a le sentiment que la Commission européenne a poursuivi coûte que coûte le Green Deal, Farm to Fork et la stratégie biodiversité», déplore-t-elle. Et d’ajouter que «cette logique de passer en force sans tenir compte du contexte est insensée». Le sujet de la simplification sera à l’ordre du jour de la réunion du Conseil Agriculture du 26 février, signe pour Christiane Lambert que «les ministres savent que c’est allé trop loin».
«Exception agricole française»: Matignon fait l'exégèse de la formule d'Attal, sans précision
Interrogé sur les déclarations du Premier ministre à l'occasion d'un point avec la presse le 21 février, les services de Matignon ont précisé ce que Gabriel Attal avait entendu en déclarant le 30 janvier, devant l'Assemblée nationale, sans précision: «Il doit y avoir une exception agricole française». Pour Matignon, «la France est la plus grande surface agricole en Europe, loin devant les autres. Ce sont des rendements agricoles en tête de liste, la plus grande diversité de production, et des exploitations très diverses. C'est cette exception que nous cherchons à maintenir». Les services du Premier ministre n'ont pas évoqué de changement de position en matière de commerce international ou de budget. En entendant cette expression, difficile de ne pas penser à l'«exception agriculturelle», formule utilisée de longue date par la Coordination rurale, qui demande, derrière ces mots, une sortie de l'agriculture des négociations internationales sur le commerce. En des termes différents, la Confédération paysanne défend la même position. Pour rappel, c'est l'accord de Marrakech, instituant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a mis fin en en 1994 à l’exception agricole en imposant une libéralisation progressive du secteur (baisse des droits de douane, découplage des aides, suppression des aides à l'exportation...), entraînant une modification des politiques agricoles, notamment de la Pac.
Egalim : la GMS appelle à «étendre les obligations» à la restauration et aux grossistes
Les principaux patrons de la grande distribution ont appelé à étendre les obligations d'Egalim «aux acteurs de la restauration, ainsi qu'aux grossistes industriels», le 23 février dans un courrier commun à la FNSEA. La crise du monde agricole «nous oblige» mais la grande distribution «ne peut pas tout», écrivent dans ce courrier Michel-Edouard Leclerc (E.Leclerc), Alexandre Bompard (Carrefour), Thierry Cotillard (Les Mousquetaires/Intermarché), Dominique Schelcher (Système U), Philippe Brochard (Auchan), Jean-Charles Naouri (Casino, Monoprix) et Ludovic Chatelais (Cora). À eux sept, ils pèsent plus de 88% du marché de la distribution alimentaire française, selon les données de référence du panéliste Kantar. Le gouvernement prévoit de présenter «d'ici l'été» un nouveau texte de loi pour «renforcer le dispositif Egalim» devant permettre une meilleure rémunération des agriculteurs dans le cadre des négociations entre distributeurs et fournisseurs agro-industriels. Ces patrons souvent médiatiques demandent que la question du revenu agricole ne soit pas traitée «sans appréhender les autres débouchés». Leur secteur «représente moins de la moitié des débouchés des exploitations agricoles françaises». Il est pour eux «grand temps d'étendre les obligations d'Egalim aux acteurs de la restauration hors foyer (restaurants et restauration collective, ndlr), ainsi qu'aux grossistes industriels!»
Crise agricole : un collectif d’ONG appelle à un «dialogue constructif» avec l'ensemble des acteurs agricoles
Le collectif Cap Nature et biodiversité, qui rassemble douze ONG de protection de la nature, propose de «réunir l’ensemble des acteurs» de l’agriculture et de l’environnement pour «construire sereinement» des solutions «innovantes» pour protéger à la fois l’agriculture et l’environnement, selon un communiqué le 23 février. Dans un esprit d’apaisement, il appelle à «un dialogue constructif» pour «refondre nos systèmes alimentaires, repenser le métier d’agriculteur et restaurer les écosystèmes naturels». Le collectif est convaincu que les «deux effondrements démographiques concomitants», du nombre d’agriculteurs et de la population d’oiseau, ont comme «origine commune» l’agriculture «intensive», qui a favorisé la monoculture, la mécanisation, l’agrandissement et l’usage de pesticides. Pour nourrir ce dialogue, le collectif formule huit grandes propositions. Il suggère notamment de «refonder le soutien public aux agriculteurs» sur la notion de «biens communs», de «planifier la transition de l’élevage dans un trajectoire du "Moins et mieux"», et d’organiser le marché européen autour de «la préférence communautaire». *LPO, Aspa, Ferus, FNE, FNH, Humanité et biodiversité, Opie, SFDE, SFEPM, SHF, SNPN, WWF
Irrigation : entre 2010 et 2020, les surfaces irriguées ont progressé de 15 %
Le ministère de la Transition écologique (MTE) a publié le 15 février des données statistiques sur l’irrigation des surfaces agricoles entre 2010 et 2020. Elles montrent notamment une progression des prélèvements de 13% au cours de cette période, avec un écart plus élevé pour les eaux souterraines (+21%) que pour les eaux de surface (+8%). En tout, la surface irriguée a progressé de 15% et s’est étendue sur 1,8 million d’hectares en 2020, soit 6,8% de la surface agricole utile de l’Hexagone. Quinze départements concentrent plus de la moitié des terres irrigables* de la France métropolitaine, parmi lesquels cinq ont plus de 100 000 de surfaces agricoles irrigables : le Loiret, l’Eure-et-Loir, les Landes, le Lot-et-Garonne et le Gers. «Alors que l’évolution des surfaces irrigables rend compte des investissements des exploitations pour sécuriser les cultures (…), celle des surfaces irriguées apparaît davantage liée au contexte de chaque campagne», souligne le MTE. Aussi, la répartition territoriale des surfaces irriguées ne recoupe que partiellement celle des surfaces irrigables. Désormais, l’irrigation s’étend jusque dans des régions peu connues pour cette pratique. En dix ans, le nord, l’est et le centre de la France métropolitaine ont ainsi connu la plus forte augmentation des surfaces irriguées, en lien avec les conditions météorologiques. * Une surface est dite « irrigable » si elle est munie d’un moyen d’irrigation
Céréales : Vivescia lance une chaire de recherche pour des fermes plus «résilientes»
À l’occasion du Salon international de l’agriculture (SIA) 2024, le groupe coopératif Vivescia annoncera le lancement d’une Chaire de recherche baptisée «des fermes résilientes bénéfiques pour le climat et la biodiversité», en partenariat avec l'institut polytechnique UniLaSalle. Au cours des quatre prochaines années, le projet a pour ambition d’identifier parmi les pratiques culturales des territoires du Nord-Est français celles qui favoriseraient l’adaptation au changement climatique des systèmes de culture et son atténuation. Plus concrètement, il vise à mettre en évidence «des variétés performantes et stables et des itinéraires techniques optimaux» face au changement climatique, mais aussi à identifier de nouvelles combinaisons de pratiques agroécologiques, ou encore à maximiser la productivité de la biomasse des cultures intermédiaires. Enfin, le projet vise à concevoir ou adapter une méthode d’évaluation des exploitations agricoles pour la restauration de la biodiversité. Selon le président de Vivescia Christoph Büren, il s’agira essentiellement de concentrer leur travail «sur les intercultures, qui agissent en tant que « réservoirs de biodiversité et capturent énormément de carbone». Conduite en collaboration avec l’Inrae, cette chaire s’inscrit dans le programme Transitions, lancé en septembre 2023 (voir ci-dessus)
Céréales : le programme Transitions (Vivescia), lauréat d’un appel à projet France 2030
Le programme Transitions est nommé lauréat de l’appel à projet «Résilience et capacités agroalimentaire 2030» à hauteur de 1,9 M€, a appris Agra presse le 23 février. Lancé par le groupe coopératif Vivescia en septembre 2023, le programme a pour objectif d’aider les agriculteurs du Nord-Est de la France à changer leurs pratiques culturales (assolements, engrais, cultures intermédiaires etc.) en leur offrant une rémunération complémentaire annuelle. Pour ce faire, des apports privés permettent de financer le programme. Des clients comme Avril et sa filiale Saipol, Roquette et Tereos, ou encore les entreprises de Vivescia Industries (Grands Moulins Paris, Malteurop…) ont ainsi signé pendant trois ans. Quant aux futures aides de l’État, l’objectif est d’abonder la partie formation des agriculteurs. Pour l’heure, 200 agriculteurs se sont engagés dès la récolte 2024, et ce pour une durée de trois ans, et le groupe espère en convaincre 1 000 d’ici 2026. Biodiversité, stockage de carbone, résilience des sols… «le marché doit être capable de payer cette transition, et nous souhaitons dupliquer ce programme sans demander de royalties», souligne le président de Vivescia Christoph Büren à Agra presse. «Je peux vous confirmer que l’intérêt est très important pour ce programme», souligne M. Büren, précisant que plusieurs coopératives les ont d’ores et déjà sollicités.
Cercles de réflexion: Agriculture Stratégies fait peau neuve
Le cercle de réflexion Agriculture Stratégies a annoncé le 23 février un changement à la fois dans sa gouvernance et dans ses orientations. Au niveau institutionnel, Bernard Ader, par ailleurs président du Conseil National de Résilience Alimentaire et ancien vice-président de la Cogeca (représentation des coopératives agricoles de l’UE), en prend la présidence en remplacement de Jacques Carles, son fondateur. En outre, l’ancien député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau devient le nouveau porte-parole et responsable institutionnel du cercle de réflexion. De son côté, Alessandra Kirsch, actuelle directrice des études, prend le poste de directrice générale associée. Fondé en 2018 à la suite de Momagri, Agriculture Stratégies est un laboratoire d’idées et de réflexions autour de l’agriculture et l’agroalimentaire visant notamment à faire évoluer l’organisation de la Pac. Dorénavant, le cercle de réflexion a également pour objectif de devenir «une plateforme de réflexion collective et collaborative» afin de porter des propositions.
Ministère de l'Agriculture: premières arrivées au cabinet de Pannier-Runacher
La ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher a nommé, par arrêté ce 23 février, les premiers membres de son cabinet. Formé à l'école Polytechnique, son ancien directeur adjoint au ministère de la Transition énergétique, Quentin Guerineau, devient son directeur de cabinet. L'ancienne conseillère Filières végétales de Julien Denormandie revient au ministère comme directrice adjointe du cabinet de Mme Pannier-Runacher, après un passage à l'inspection générale des finances (IGF). Enfin, l'ancienne conseillère parlementaire au ministère de la Formation et de l'Enseignement professionnel, Charlotte Raul,t est nommée conseillère en charge des relations parlementaires.
Erratum : la France à la 3e place des filières laitières les plus compétitives, et non les plus durables
Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur le 9 février, la France est passée à la troisième place des filières laitières les plus compétitives du monde, et non des plus durables.