Incendies : Macron va réunir les acteurs, dont les agriculteurs
Emmanuel Macron va réunir l'ensemble des acteurs des départements concernés, une fois les feux éteints, afin de réfléchir au «modèle de prévention et de lutte contre les incendies» en France, a annoncé le 14 août l'Elysée confirmant une information du JDD. Le chef de l'Etat conviera pompiers, renforts venus d'Outre-mer et de l'Union européenne, agriculteurs et élus afin de les «remercier» et «d'ouvrir les travaux sur l'évolution du modèle dans les années à venir», a-t-on indiqué dans son entourage, sans donner de date. Emmanuel Macron est actuellement en vacances au fort de Brégançon dans le Var. La rentrée du gouvernement est prévue pour la semaine du 22 août. Le chef de l'Etat s'est entretenu par ailleurs samedi avec le président du Conseil départemental du Jura, Clément Pernot, le responsable local des pompiers, le préfet et la députée Danielle Brulebois (LREM) après la reprise samedi des incendies dans ce département. Le feu a repris dans le secteur de Vescles et Cernon, portant le total des terres brûlées à plus de 800 hectares depuis mardi dans le Jura. Le président a témoigné de sa «solidarité» et salué «les actes de solidarité locale et de mobilisation», notamment des agriculteurs qui ont approvisionné les pompiers en eau, a-t-on précisé. Emmanuel Macron a demandé au préfet du Jura de voir «comment on pourrait les réquisitionner a posteriori» afin de les indemniser pour leurs efforts.
Céréales: chaleur et sécheresse affectent les prévisions mondiales (USDA)
La chaleur et la sècheresse vont, comme redouté, affecter la production mondiale de maïs, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis, partiellement compensée par la Russie et l'Ukraine, selon les prévisions du ministère américain de l'Agriculture (USDA) publiées le 12 août. Le rapport Wasde élaboré par l'USDA table sur 1.179,6 millions de tonnes pour la campagne 2022/23, contre 1.185,9 millions le mois d'avant. Du côté américain, «les rendements sont ressortis plus faibles qu'anticipés», a souligné Dewey Strickler d'Ag Watch Market Advisors, notamment dans l'Indiana, le Missouri, le Nebraska et l'Ohio. La production américaine devrait reculer de presque 4 millions de tonnes à 364,7 millions. En Europe, la production devrait chuter de 8 millions de tonnes à 60 millions avec un besoin d'importations supplémentaires de 3 millions de tonnes à 19 millions. «L'Europe est mal en point sur le maïs parce qu'on va en importer plus», a commenté Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel. «Le climat a dicté ces reculs de production en Europe et aux Etats-Unis et cela était attendu. Il y a eu des températures record en Europe et dans les plaines américaines», ajoutait Jason Roose d'US Commodities. En revanche, le rapport a solidement révisé en hausse (de 5 millions de tonnes) la production de maïs de l'Ukraine qui devrait pouvoir exporter 3,5 millions de tonnes de plus, soit 12,5 millions.
Sécheresse: une bonne partie de l'Angleterre également déclarée en sécheresse
L'état de sécheresse a été déclaré vendredi dans une bonne partie de l'Angleterre, qui a connu son début d'année le plus sec depuis près d'un demi-siècle, a annoncé le gouvernement britannique. Cette mesure, impliquant au niveau local des mesures qui peuvent aller jusqu'à des restrictions de l'usage de l'eau, est déclarée pour la première fois depuis 2018. Elle intervient en pleine vague de chaleur au Royaume-Uni, la deuxième de l'été, dans un pays peu habitué aux températures élevées. Selon les scientifiques, ces épisodes vont se multiplier, s'allonger et s'intensifier sous l'effet du réchauffement climatique. Une alerte orange «chaleur extrême" est en cours depuis jeudi et jusqu'à vendredi sur la quasi-totalité du sud de l'Angleterre et une partie du Pays de Galles, selon le prévisionniste britannique Met Office. Si le record absolu de 40,3°C atteint le 20 juillet ne sera pas atteint, des températures allant jusqu'à 35°C sont attendues vendredi, et même 36°C pendant le week-end. «Les approvisionnements en eau sont sûrs», ont indiqué le ministère et l'agence pour l'Environnement dans un communiqué, précisant que les autorités appellent les compagnies des eaux à «poursuivre leur planification préventive afin de protéger les approvisionnements essentiels en cas d'automne sec».
Arboriculture fruitière: la FNPF demande la levée des restrictions d’irrigation
«Nous demandons instamment aux départements ayant pris des mesures d’interdiction d’irriguer des vergers, de les lever», appelle la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) dans un communiqué, le 12 août. Au-delà des effets des fortes chaleurs sur le calibre (moindre), la coloration et la maturité des fruits, les arboriculteurs redoutent que le manque d’eau ait des impacts à moyen terme sur les vergers: en affectant non seulement les récoltes de fruits à venir cette année, mais aussi celles de l’année prochaine. «Nous sommes bien conscients que des mesures doivent être prises pour préserver au mieux nos ressources en eau. Cependant, celles-ci doivent pouvoir être modulées en fonction des enjeux, surtout lorsque c’est l’outil de travail qui est menacé», s’émeut le syndicat. Alors que la FNFP est en train de faire le bilan des restrictions, elle recense déjà quatre départements qui ont l’interdiction totale d’irriguer les vergers, et six départements où il y a des restrictions partielles, selon la directrice de la FNPF Stéphanie Prat.
Fruits et légumes: au Royaume-Uni, 60 M£ perdus faute de bras
Plus de 60 millions de livres (70 millions d'euros) de fruits et légumes ont été perdus au Royaume-Uni sur la première moitié de l'année faute de travailleurs pour les ramasser, selon une estimation du syndicat agricole britannique NFU (National Farmers' Union). Ces pertes «d'aliments nutritifs et de qualité» sont d'autant plus dures à encaisser «à un moment où les familles du pays ont déjà du mal à joindre les deux bouts en raison de la flambée du coût de la vie», a déploré Tom Bradshaw, vice-président du NFU dans un communiqué le 15 août. Selon l'enquête réalisée par le syndicat, 40% des agriculteurs interrogés ont subi des pertes de récoltes en raison d'une pénurie de main d'oeuvre chiffrée à 14% des besoins. 17% des travailleurs recrutés ne se sont jamais présenté, tandis que 9% sont partis avant la fin de leur contrat. Si les fermes britanniques peinent à ce point à recruter, c'est notamment parce que l'embauche de travailleurs européens, autrefois libres d'aller et venir, a été fortement compliquée par le Brexit. Et les travailleurs ukrainiens, qui représentaient ces dernières années la grande majorité des travailleurs saisonniers dans le pays, sont pour beaucoup bloqués chez eux par la guerre.
Vin: les vendangeurs de Banyuls réclament un hébergement digne
Des dizaines de vendangeurs étrangers, embauchés dans les vignes de Banyuls-sur-Mer, se trouvent sans logement ni emplacement de camping, tandis qu'employeurs et pouvoirs publics se renvoient la balle. La précocité des vendanges cette année aggrave la situation, les campings et hébergements touristiques étant pris d'assaut, sur cette partie du littoral des Pyrénées-Orientales, près de la frontière espagnole. Sous un soleil de plomb, en sueur, les vendangeurs quittent les vignes après leur journée de travail, de 06h00 à 14h00, du fait de la canicule. «On ne nous laisse plus entrer au camping municipal, car ils veulent un autre type de clients, peste confie José Rueda, un Barcelonais de 32 ans venu faire les vendanges. On campe là où on peut, on dort dans les voitures. On se débrouille comme on peut. Et la semaine prochaine, ça va être pire: une centaine de vendangeurs arrivent». «Cette année, on a été surpris par la précocité, c'est du jamais vu. On a commencé cette année à vendanger le 8 août, au moment où il y a le plus de tourisme, on avait commencé le 20 en 2021", témoigne Thierry Parcé, propriétaire du domaine Rectorie, dont les vignes surplombent la Méditerranée, sur les communes de Banyuls et Port-Vendres.
Phytos: le terme biocontrôle supplante la lutte biologique sur Google
Introduit en 2011, le terme biocontrôle est désormais plus courant sur Google que celui de lutte biologique, apparu entre 1887 et 1890, d’après une étude parue le 2 août dans la revue Cahiers Agricultures. D’après Google Trends, le nombre de requête "biocontrôle" dans le moteur de recherche est passé de presque zéro en 2012 à 300 par mois, alors que les requêtes du terme "lutte biologique" ont été divisées par deux en 10 ans, pour atteindre environ 250 par mois. Dans le monde académique, le terme de lutte biologique reste dominant. En effet, le moteur de recherche Google Scholar montre certes un repli des publications incluant le terme "lutte biologique" depuis 2015, mais entre 2016 et 2020, elles restent deux fois plus nombreuses que celles incluant le terme "biocontrôle". Malgré son essor et l'établissement d'une définition juridique en 2014, le terme de "biocontrôle" ne fait pas consensus, estiment les chercheurs. Un rapport du CGAAER datant de 2017 avait par exemple critiqué l’absence des copies conformes de substances naturelles obtenues par synthèse dans la définition des produits de biocontrôle.
Agriculture régénératrice : des chercheurs appellent à la prudence
Dans un article publié dans la revue Cahiers Agricultures le 8 juillet, trois chercheurs de l’Inrae appellent à la prudence face à l’engouement autour du concept d’agriculture régénératrice, une pratique, selon eux, prometteuse mais dont les impacts sont encore trop peu documentés. Comme le montrait une enquête d’Agra Presse parue en juin 2021, un nombre croissant d’acteurs de l’agroalimentaire (McCain, Nestlé) s'engagent dans l’agriculture dite régénératrice, bien que cette pratique soit parfois confondue avec d'autres concepts comme l’agriculture de conservation des sols ou l’agroécologie. En effet, à l’heure actuelle, aucune définition légale de l’agriculture régénératrice n’existe. Un agriculteur bio ou en permaculture - autre concept sans cahier des charges (voir notre enquête) - peut même se réclamer de l’agriculture régénératrice sans modifier ses pratiques. Les chercheurs n’hésitent alors pas à parler de «greenwashing». Toutefois, le principal avantage de l’agriculture régénératrice réside, selon eux, dans son récit fédérateur autour la réparation des biens communs qui «est susceptible d’avoir un effet d’entraînement d’un grand nombre d’acteurs, ce à quoi peine l’agroécologie».
Agenda de la semaine agricole du 15 août 2022
Lundi 15 août
Congrès international de l’horticulture à Angers (jusqu’au 22 août)
Jeudi 18 août
Ventes de fruits et légumes au juste prix du Modef (à Paris, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine)
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.