Pomme de terre : face à la pire récolte depuis 2000, les producteurs appellent à l’aide
Face à une récolte de pomme de terre qui s’annonce comme «la plus mauvaise depuis 2000», l’UNPT (producteurs, FNSEA) «appelle à la réaction immédiate des acteurs économiques et des pouvoirs publics», a-t-elle déclaré le 26 août. Les rendements de la pomme de terre sont prévus en baisse d’«au moins 20 % par rapport à la moyenne des vingt dernières années», soit une perte de production de 1,5 Mt, d’après un communiqué. Cette «dégradation historique», liée à la chaleur et la sécheresse, pourrait même atteindre au minimum «-30 % pour les pommes de terre non-irriguées, avec des extrêmes déjà relevés à -50%». Les producteurs, «et particulièrement ceux livrant à l’industrie et aux féculeries», s’attendent à des pertes financières supérieures à 200 M€, indique l’UNPT. Le syndicat appelle à «la revalorisation des prix payés aux producteurs et une meilleure répartition de la valeur ajoutée notamment avec la grande distribution, à l’assouplissement contractuel des volumes engagés non livrés par les producteurs et à l’amorce rapide d’une réflexion sur la mise en place d’un dispositif d’aide d’Etat exceptionnel». Et de réclamer une réunion d’urgence avec le ministère de l’Agriculture.
Ours: les mesures d'effarouchement suspendues sur six nouvelles estives
Dans un communiqué paru le 24 août, l'association de défense des ours One Voice clame «victoire», après que le tribunal administratif de Toulouse a ordonné la suspension en urgence des arrêtés préfectoraux autorisant pour 2022 des mesures d'effarouchement sur six estives d'Ariège (Taus-Espugues, d'Arreau, de Coumebière, de Sentenac d’Oust, de l'Izard, d'Ourdouas). Selon France Bleu, le juge des référés a considéré qu'il ne pouvait être «totalement exclu que la mise en œuvre des mesures d’effarouchement puisse avoir pour conséquence de repousser l’ours en dehors des territoires qu’il fréquente habituellement et donc de l’évincer d’une partie de son aire de répartition naturelle.» Un premier arrêté avait été suspendu le 4 août par le même tribunal, pour l'estive d'Ustou Col d'Escorts. La préfète avait fait paraître ces textes en application d'un arrêté national des ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture, publié en juin, pérennisant le dispositif d'effarouchement après trois ans d'expérimentation. Très contestées par les associations de protection des ours, les mesures d'effarouchement ont déjà eu plusieurs fois affaire à la justice, en raison de l'incidence des tirs non létaux sur la population ursine. Dans sa dernière décision d’avril 2022, le Conseil d’État avait à nouveau annulé ces dispositions pour l’arrêté de 2021.
Influenza aviaire: un foyer confirmé dans l'Ain, 10 000 canards abattus
10.600 canards ont été abattus après qu'un foyer de grippe aviaire a été déclaré dans un élevage de l'Ain, a annoncé le 28 août à l'AFP la préfecture de l'Ain. L'élevage se situe à Saint-Nizier-le-Désert, dans la Dombes, région d'étangs voisine de la Bresse. «L'Ain est un département dynamique en aviculture, qui représente 45% des établissements d'abattage agréés de la région Auvergne Rhône Alpes, dont une trentaine de petites structures pour l'abattage des volailles AOP de Bresse», rappelle le ministère de l'Agriculture dans une note parue en 2019. Du fait de la présence de cette production sous appellation, la part de ce département dans le tonnage régional n'est que de 8%. Pour rappel, après un nouvel épisode d'influenza hivernal, dans le Sud-ouest, puis l'Ouest, la situation sanitaire s’était améliorée depuis le début du mois de mai, avec le retour à un niveau de risque classé comme négligeable. Mais depuis la mi-mai, une forte augmentation des cas est constatée dans la faune sauvage "autochtone" sur le littoral de la Manche, et quatre foyers en élevage professionnel - cinq avec celui - ont été confirmés depuis le 29 juillet dans la Manche, la Somme et le Morbihan. Cette résurgence en plein été fait écho à un «risque d’endémisation» de la maladie signalé par l'Anses.
Foncier: dans le Var, vendanges sauvages de la Conf' contre l'«accaparemment»
La Confédération paysanne a organisé le 28 août des vendanges sauvages dans un domaine détenu, selon elle, par le géant du luxe LVMH à La Motte (Var), pour protester contre «l'accaparement du foncier agricole», a constaté un correspondant de l'AFP. Deux cents personnes ont répondu à l'appel de ce syndicat agricole minoritaire et ont participé à cette action sur une parcelle de vignes appartenant, selon les militants, au Château d'Esclans. LVMH a pris le contrôle en 2019 de ce domaine de 267 hectares, dont 74 hectares en vignes AOP Côtes-de-Provence, en acquérant 55% des parts via sa filiale Moët Hennessy. «L'enjeu, c'est de dénoncer l'accaparement des terres qui a lieu aujourd'hui à travers des grosses sociétés qui se revendent des parts financières entre elles et qui échappent à tous les outils de régulation et de répartition des terres agricoles», a relevé Sylvain Apostolo, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Var. L'action s'est déroulée dans le calme, sous l'oeil des gendarmes et d'agents de sécurité du domaine qui ne sont pas intervenus pour stopper la vendange de quelques rangs de vignes. Les militants se sont ensuite rendus non loin, sur le chantier d'une cave en construction pour presser le jus du raisin vendangé.
Lapin: suite à une plainte de L214 contre un élevage, la préfecture ouvre une enquête
La préfecture d’Ille-et-Vilaine ouvre une enquête après la plainte déposée par l’association L214 à l’encontre d’un élevage de lapins appartenant au président de la Fenalap (groupements de producteurs), Frédéric Blot, a appris l’AFP le 25 août. Des équipes de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) «qui se sont rendues sur place, rédigent un rapport dont les conclusions seront mises à la disposition du parquet quand il l'estimera utile», précise la préfecture. Dans un communiqué du 25 août, l’association de défense du bien-être animal L214 annonçait avoir déposé plainte pour «mauvais traitements» et «abandon» à l’encontre de l’éleveur dont l'exploitation est située à Domalain (Ille-et-Vilaine) et de la vétérinaire de l’élevage. Elle demande la fermeture d’urgence de l’exploitation et exhorte la préfecture de s’opposer à un projet d’agrandissement en cours. Le parquet de Rennes a confirmé avoir reçu une première version de la plainte sans la vidéo, qui devrait suivre, indique l’AFP. «A réception de l'ensemble des éléments, le parquet orientera cette plainte», indique le procureur de la République, Philippe Astruc. L214 affirme qu’ «une partie des lapins issus de cet élevage sont commercialisés sous la marque Le Gaulois» appartenant au volailler LDC. Le groupe n’a, pour le moment, pas réagi.
Porc: dans le Finistère, manifestation contre l'extension d'un élevage
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté sans incident le 27 août à Landunvez (Finistère), à l'appel de plusieurs associations, pour demander à l'Etat de protéger l'eau douce et dénoncer la pollution causée, selon elles, par la présence d'une porcherie de 12.000 cochons. Vêtus de noir et de bottes, les manifestants - 450 selon la préfecture -, ont participé à «une marche funèbre» lors de laquelle ils ont enterré «l'eau, la justice, la santé» symbolisés par des cercueils. Une avenue de la commune a aussi été renommée en «Avenue des champs des lisiers». Quelque 350 agriculteurs, selon la préfecture, avaient aussi fait le déplacement pour soutenir le gérant de la porcherie, Philippe Bizien, qui préside aussi le Comité régional porcin, à l'appel de l'union des groupements des producteurs de viande de Bretagne, rejointe par la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et les Jeunes Agriculteurs (JA). La préfecture n'a pas noté de heurts particuliers entre habitants et agriculteurs. Cette exploitation a obtenu au printemps un avis favorable d'un commissaire-enquêteur de la préfecture pour passer de 9.000 à 12.000 porcs.
Lait: des hausses de tarifs très en dessous des attentes des industriels
La «grande majorité» des renégociations ouvertes avec la grande distribution ont abouti, a indiqué le p.d.-g. de la Fnil (industriels laitiers), François-Xavier Huard, lors d’un échange avec Agra Presse. Les hausses de tarifs sur les produits laitiers — entre 6 et 8% en moyenne — sont plus importantes que celles obtenues en mars, à la fin des négociations commerciales annuelles (autour +3,5-4%). Cependant les augmentations «péniblement obtenues» ne sont pas à la hauteur des attentes des industriels. «Pour couvrir les hausses de matières premières agricoles et industrielles, il faudrait être à 18%». D’autant que les coûts en élevage continuent d’augmenter. La sécheresse et le renchérissement du prix des fourrages pourrait conduire à de nouvelles renégociations en septembre dans les filières animales, signale le président de la Coopération agricole Dominique Chargé. En juillet, la FNPL (producteurs FNSEA) menaçait d’une action «de grande ampleur» et dénonçait le non-respect des formules de prix par certains industriels. «Nous n’attendons que ça de pouvoir donner de la visibilité aux producteurs. Si le prix du lait en France est déconnecté de la moyenne européenne, c’est parce qu’il est très dépendant des prix en grande distribution, beaucoup moins réactifs que chez nos voisins», assure François-Xavier Huard.
Dénominations animales: l'UGPVB soupçonne le Conseil d'Etat de «perméabilité aux thèses véganes»
Réagissant à l'annulation par le Conseil d'Etat du décret interdisant les dénominations animales pour les produits contenant des protéines végétales, les groupements d'éleveurs de porcs bretons (UGPVB) s'en prennent vertement, dans un communiqué paru le 26 août, à la plus haute juridiction administrative. «Une telle décision témoigne-t-elle de la perméabilité de la plus haute institution française aux thèses véganes», s'interroge l'union de groupements. Dans son ordonnance du 27 juillet, le juge des référés du Conseil d’État reprochait au gouvernement une rédaction trop floue, créant de l'«insécurité juridique», et un calendrier trop serré, ne permettant pas aux entreprises de s'adapter. L'UGPVB s'en prend également à l'association Protéine France, à l'origine de la saisine, qu'elle soupçonne de mener «en toute discrétion, un combat contre l’élevage et les filières animales», et non «pour le renforcement de l’indépendance protéique de la France». Elle salue la prise de distance publique du groupe Avril, membre de l’association Protéines France, aux côtés de Vivescia, Limagrain, Axéréal, ou encore Nestlé et Herta. Dans un communiqué, le groupe Avril rappelait avoir voté contre cette démarche. Dans un communiqué du 28 juillet, la FNSEA et ses associations spécialisées (AS) animales avaient de leur côté dénoncé «une provocation supplémentaire et inacceptable pour les filières d’élevage».