Edition du 26 août 2022

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Sécheresse: un besoin de 2 à 4 Mrd€, selon les éleveurs de ruminants

Pour compenser les pertes de production «colossales» liées à la sécheresse, les éleveurs de ruminants en ont appelé, le 25 août, à l'État, estimant avoir besoin de «2 à 4 milliards d'euros», dans un communiqué commun des associations spécialisées d'éleveurs de ruminants de la FNSEA . «Selon les premiers calculs réalisés», il faudra plusieurs milliards d'euros pour compenser les dépenses supplémentaires liées à l'alimentation animale et les pertes de productions, alertent la FNB (éleveurs de bovins viande), la Fnec (caprins), FNO (ovins) et FNPL (bovins lait). Les représentants des différentes filières, qui réclament «un soutien de l'État», appellent le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, à revoir les seuils d'accès et d'indemnisation du régime des calamités. Comme l'avait expliqué le vice-président de la FNSEA Joël Limouzin, il y a dix jours auprès de nos confrères de France Info, les associations demandent à ce que le seuil de pertes du produit brut d'exploitation de 13% soit abaissé et à ce que le seuil d'indemnisation des pertes à hauteur de 28% soit quant à lui «fortement augmenté». Pour les associations, la récente annonce faite par Marc Fesneau d'une plus large avance des versements d'aides de la Pac en octobre «ne constitue qu'un infime début de réponse à l'ampleur de la catastrophe annoncée pour les éleveurs».

Engrais : face au prix record du gaz, Yara réduit encore sa production d'ammoniac

Le fabricant norvégien d'engrais minéraux Yara va encore réduire sa production d'ammoniac en Europe du fait du prix record du gaz naturel, a-t-il annoncé le 25 août. Sur le Vieux Continent, le groupe n'utilisera désormais plus qu'environ 35% de sa capacité de production d'ammoniac, obtenu en combinant l'azote de l'air et l'hydrogène provenant du gaz naturel. Pour les mêmes motifs, Yara avait déjà arrêté deux fois depuis le début de l'année son usine de Ferrare en Italie et suspendu la production pendant trois semaines dans celle du Havre en France, fonctionnant alors à 45% de ses capacités totales. «Les réductions supplémentaires dans les jours prochains auront essentiellement lieu à Sluiskil (Pays-Bas) et Tertre (Belgique)», a précisé un porte-parole du groupe, à l'AFP. Avec ces mesures, Yara dit avoir sabré de 3,1 Mt d'ammoniac et de 4 Mt de produits finis sa capacité de production annuelle en Europe. Plusieurs autres producteurs européens comme le polonais Azoty et le lituanien Achema ont aussi réduit la voilure. La guerre en Ukraine a dopé le prix du gaz naturel, dont le mégawattheure (MWh) a dépassé brièvement le 24 août les 300 euros, un niveau plus vu depuis le record historique enregistré début mars. «Le risque de pénurie si toute l'Europe s'arrête est réel, il peut y avoir un problème de ressource car on fabrique les engrais l'hiver en prévision du printemps 2023», explique à l'AFP Nicolas Broutin, patron de la filiale française de Yara.

Vin: les professionnels demandent un dispositif d'arrachage notamment à Bordeaux

«La profession a exprimé fin juillet auprès du ministère de l’Agriculture un besoin d’arrachage de vigne dans certaines régions (le Bordelais en premier lieu) particulièrement affectées par la crise», indique Bernard Farges, le président du Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine et à indication géographique (CNIV), et ancien président des vins de Bordeaux. Un nouveau rendez-vous est prévu début septembre avec le ministère pour lui présenter des propositions concrètes. L’idée serait de bâtir un dispositif pour l’après vendange 2023. Le plus évident serait de mobiliser le règlement OCM unique de la Pac, pour une période courte de 3 ans environ. Mais il faudra pour cela convaincre d’autres États membres et la Commission européenne. Le secteur planche donc sur d’autres options plus simples à mettre en œuvre au niveau français. «Le dispositif d’aide à la distillation de crise mis en place en 2021 par la Commission européenne et prolongé en 2022 a été efficace à court terme mais maintenant cela fait deux ans que la crise dure avec la pandémie de Covid-19 qui continue de toucher la Chine et la guerre en Ukraine, et certaines régions ont besoin de réduire leur volume de production», détaille Bernard Farges. Les vins rouges sont les plus concernés.

Influenza: un 2e cas en élevage en Bretagne, 3e dans une basse cour

Quatre jours après un premier cas sur un élevage de dindes à Ploermel, un deuxième foyer d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été confirmé en Bretagne, le 22 août, à une vingtaine de kilomètres, dans un élevage de canards à rôtir situé sur la commune de Ménéac dans le Morbihan, rapportent le GDS Bretagne et la préfecture. L'élevage a été dépeuplé les 24 et 25 août. Les zones de surveillances établies autour des deux élevages se chevauchent en partie. Selon le GDS Bretagne, un troisième cas aurait été détectée au même moment dans une basse cour, à Saint-Onen La Chapelle, en Ille-et-Vilaine, à quelques kilomètres du Morbihan. Pour rappel, après un nouvel épisode d'influenza hivernal, dans le Sud-ouest, puis l'Ouest, la situation sanitaire «s’était améliorée depuis le début du mois de mai, avec le retour à un niveau de risque classé comme négligeable», retrace le ministère de l'Agriculture sur son site internet. Mais «depuis la mi-mai, une forte augmentation des cas est constatée dans la faune sauvage "autochtone" sur le littoral de la Manche» et trois foyers en élevage ont été confirmés le 29 et le 30 juillet dans la Manche, la Somme et le Morbihan. Cette résurgence en plein été fait écho à un «risque d’endémisation» de la maladie signalé par l'Anses.

Négociations commerciales: les renégociations sont encore loin d'être terminées

«Le chemin est encore long», résume la directrice juridique de l’Ania (industries alimentaires) Marie Buisson à l’issue du 19e comité de suivi des renégociations commerciales entre industriels et distributeurs, le 25 août. Selon un sondage réalisé auprès des adhérents de l’association, 45% des entreprises n’ont pas terminé l’ensemble de leurs renégociations, et 25% ont signé moins d’un quart de leurs accords. «En attendant l’industrie alimentaire fait tampon», rappelle-t-elle. Si les signatures ont été plus rapides avec les PME, ces dernières ont obtenu des hausses de tarifs moins élevées en moyenne que les marques nationales qui pouvaient compter sur une trésorerie plus importante pour compenser l’inflation des charges plus longtemps. «Nous pensons que les entreprises arriveront à répercuter la moitié des hausses». Les augmentations de tarifs s’établissent entre 3 et 4%, rapporte le président de la Coopération agricole Dominique Chargé. Insuffisant selon lui pour couvrir la hausse des charges, qu’il estime entre 10 et 15% en fonction des entreprises. D’autant que «la moitié des hausses passées ne seront mises en application que dans deux ou quatre mois». Autrement dit au moment de la réouverture des négociations commerciales annuelles, début novembre. L’inflation du prix des produits alimentaires dans les rayons des supermarchés a atteint 6,6% au mois d’août, sur un an, selon les dernières estimations du panéliste Nielsen.

Egalim 2: les fabricants de sucre veulent être exemptés de l’obligation de transparence

Le syndicat national des fabricants de sucre (SNFS) et l’Union de sociétés coopératives agricoles Tereos France ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler le décret listant les filières exclues du champ d’application de l’article L.441-1-1 de la loi Egalim 2, relatif à la transparence sur le coût de la matière première agricole lors des négociations commerciales. Ils demandent que les sucres de canne et de betterave bénéficient d’une exemption, au même titre que les sucres tirés des céréales. «Ce ne sont pas des saccharoses mais on peut les trouver en remplacement du sucre dans des boissons, par exemple. Nous sommes en concurrence directe avec ces filières qui, elles, bénéficient d’une dérogation, explique le président du SNFS, Christian Spiegeleer à Agra Presse. Cela introduit une distorsion de concurrence importante». Selon les sucriers, les dispositions de cet article entreraient en «contrariété» avec le droit européen qui règlemente le secteur. Ensuite, le fonctionnement de la filière produirait déjà «des effets équivalents à ce que prévoit la loi». Les fabricants ont adressé deux requêtes au Conseil d’État en janvier, puis envoyé deux mémoires exposant leurs arguments au printemps. L’instruction a été clôturée mi-juillet après la transmission de deux mémoires de défense émis par le ministère de l’Agriculture.

L214 porte plainte contre le président de la Fenalap (éleveurs de lapins)

L’association L214 annonce, dans un communiqué du 25 août, porter plainte contre le président de la Fédération nationale des groupements de producteurs de lapins (Fenalap) pour les délits de «mauvais traitements» et «d’abandon» sur son exploitation située à Domalain en Ille-et-Vilaine. L’organisation de défense du bien-être animal dénonce, images à l’appui, un «défaut de soins des lapins malades ou blessés», des «installations inadaptées causant des souffrances», des «manipulations violentes» et des «animaux laissés agonisants». Frédéric Blot est également président d’Elvilap (10% de la production française de lapins) et président de la section lapin à la FRSEA Bretagne. Outre sa personne morale, l’association porte plainte auprès du procureur de Rennes contre son entreprise, la SCEA du Moulin, et la vétérinaire sanitaire de l’élevage pour les mêmes délits. L214 demande la fermeture d’urgence de l’exploitation et exhorte la préfecture de s’opposer à un projet d’agrandissement en cours. Elle lance, en parallèle, une pétition afin d’obtenir «un moratoire sur les nouvelles installations d’élevages intensifs» et «la fin, sous dix ans, des élevages privant les animaux d’accès au plein air».  

Lobbying : L’Express dévoile son palmarès des ONG les plus influentes

Greenpeace France, le WWF France et la LPO seraient les trois ONG les plus influentes du pays, selon une étude «empirique» dévoilée par l'hebdomadaire L'Express et le cabinet Plead en août. «Cette influence diffuse, multiple, personne, jusqu’ici, ne s’était attaché à la mesurer ni à la caractériser», estime un article de l’Express. Dans le détail, Greenpeace serait particulièrement présente sur les réseaux sociaux, quand les deux autres sont plutôt relayées dans les médias. Et côté politique, selon les auteurs, Réseau Action Climat et FNE seraient les plus actives auprès des parlementaires. Parmi les noms connus du secteur agricole, L214 se classe également en deuxième position en termes de présence dans les médias, juste derrière Greenpeace. À l’inverse, Générations Futures, Foodwatch ou encore Welfarm se situent dans le dernier tiers du classement général. L’article de l’Express compare l’influence des ONG à celle des cabinets de conseil, estimant que l’on croise les premières dans les couloirs des ministères «au moins aussi souvent que les consultants de McKinsey». Notre récente enquête basée sur les données de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) montre toutefois que, dans le domaine agricole au moins, les syndicats et organisations professionnelles demeurent bien plus influents en termes de moyens déployés que les ONG, dans les ministères comme à l’Assemblée.

Influenza : Bruxelles autorise l'aide de 120 M€ au maillon sélection-accouvage

Dans le cadre de la crise d'influenza aviaire, la Commission européenne annonce, dans un communiqué paru le 25 août, qu'elle vient d'autoriser l'enveloppe de 120 millions d'euros notifiée par la France pour venir en aide au maillon sélection-accouvage (120 M€). Le ministère avait annoncé le 29 juillet que ce dispositif serait ouvert dès que Bruxelles l'aurait validé. La Commission européenne précise que l'aide prendra la forme de subvention directe, que le montant maximal d'aide sera «égal à 100 % des coûts éligibles». Au 29 juillet, les indemnisations 2021-2022 représentaient «une enveloppe globale de près de 800 M€ d’aides économiques et 300 M€ estimés sur le volet sanitaire», expliquait alors le ministère. Cette année, la France a connu l’épisode d’influenza aviaire le plus dévastateur à ce jour, avec 1 380 cas en élevages et quelque 19 millions de volailles abattues pour tenter d’enrayer la maladie. La situation sanitaire s’était améliorée depuis le début du mois de mai, avec le retour à un niveau de risque classé comme négligeable. Mais depuis la mi-mai, une forte augmentation des cas est constatée dans la faune sauvage "autochtone" sur le littoral de la Manche, et quatre foyers en élevage ont été confirmés ces dernières semaines, dans la Manche, la Somme et le Morbihan.

Population mondiale: un scénario de chute drastique d'ici 2010 (étude)

D'après une étude de la banque HSBC chroniquée par l'agence Bloomberg le 23 août, la population mondiale pourrait atteindre son pic plus tôt que prévu si les taux de fertilité suivaient les mêmes tendances que celles constatées depuis l'épidémie de Covid. Alors que les Nations Unies prédisent que la population mondiale ne devrait pas plafonner avant 2080, un économiste de la banque britannique, James Pomeroy, suggère que cette date pourrait être avancée à 2040, réduisant ainsi drastiquement les prévisions à horizon 2010, rapporte l'agence Bloomberg dans sa newsletter économique 23 août. Ainsi, selon ce scénario, la population mondiale ne passerait pas de 8 milliards d'habitants actuellement à 10,4 milliards en 2100, mais elle chuterait à 4,6 milliards à cet horizon, après avoir atteint un maximum de 8,7 milliards en 2040. Elle serait notamment divisée de moitié en Europe et de 60% en Corée de Sud, rapporte Bloomberg. En 2020, des chercheurs américains avaient déjà révisé à la baisse les prévisions de l'ONU, tablant sur un chiffre de 8,7 milliards d'habitants en 2100.

Agenda de la semaine agricole du 29 août 2022

Vendredi 26 août
Conférence de presse conjointe des ministres de l'agriculture français et espagnol, à Madrid

Lundi 29 août
Table-ronde sur le stress hydrique organisée par Timac Agro

Mardi 30 août
Conférence annuel d'Agritel sur la moissson
Conférence de l'Union des Œnologues de France sur l'effet des fumées d'incendies sur le vin, à Bordeaux
Symposium Deleplanque sur la jaunisse de la betterave, à Compiègne
Conférence de presse du Space, à Rennes

Mercredi 31 août
Conférence de presse du Snia (alimentation animale)

Jeudi 1er septembre
Présentation à la presse de l'outil Boviwell (évaluation du bien-être des vaches laitières), organisée par le Cniel