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Agriculture raisonnée 1000 euros pour toute exploitation qualifiée

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Une aide de 1000 euros sera versée à toute exploitation agricole qualifiée au titre de l’agriculture raisonnée à compter de 2006, a confirmé Dominique Bussereau le 12 octobre. Pour ces exploitations, les contrôles au titre de la conditionnalité des aides devraient également être moins pressants.

Un petit coup de pouce financier à l’agriculture raisonnée. C’est ce que viennent d’annoncer les pouvoirs publics, alors que le cap symbolique des 1000 exploitations qualifiées a été franchi au troisième trimestre 2005, un an et demi après le début des démarches de qualification.

Pour ce faire, une aide de 1000 euros sera versée à toute exploitation agricole qualifiée au titre de l’agriculture raisonnée à compter de 2006 a précisé le 12 octobre le ministre de l’Agriculture à l’occasion de la Journée nationale de l’agriculture raisonnée organisée dans les locaux parisiens des chambres d’agriculture (APCA). Toutes les exploitations qualifiées entre 2005 et 2007, ainsi que celles de 2004, seront concernées.

3 millions d’euros en 2006

A cette fin, trois millions d’euros seront débloqués en 2006, financés à parité par l’Etat français et les fonds européens en faveur du développement rural. Dominique Bussereau a également ajouté que dès le mois de janvier, les exploitations qualifiées « bénéficieront d’une réduction de leur coefficient de risque dans le choix des exploitations contrôlées au titre de la conditionnalité». Le ministre s’est enfin engagé à assurer à partir du mois de novembre la remise gratuite d’un panneau d’identification aux mille premières exploitations qualifiées, « voire aux suivantes... ».

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Panneau d’identification

L’APCA, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et l’association Farre ont salué ces annonces, estimant qu’elles représentent « un levier pour entraîner un grand nombre d’agriculteurs dans la qualification ». Au cours de la matinée, les responsables syndicaux avaient en effet tous admis que le développement de l’agriculture raisonnée avait marqué un « temps d’arrêt » en 2004-2005, selon l’expression de Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA. En cause, la perspective de la mise en place de la conditionnalité des aides qui, selon les professionnels, aurait freiné les initiatives en faveur de l’agriculture raisonnée ainsi que la réceptivité des agriculteurs à la démarche.

Les discours se sont voulus optimistes, à l’image de celui d’Antoine Herth – président de la Commission nationale de l’agriculture raisonnée – n’hésitant pas à parler d’une « nouvelle ère de prospérité » pour l’agriculture raisonnée. Celle-ci « doit nous permettre d’être bien dans nos bottes face à la société », a insisté Luc Guyau, le président de l’APCA. Une approche partagée par Xavier Beulin : « Si dans le domaine des biocarburants on n’est pas capable d’expliquer en transparence nos modes de production, comment voulez-vous qu’on ne soit pas mis en cause et attaqué sur nos pratiques ? », a t-il lancé à l’auditoire. Evoquant les aspects financiers, Bernard Layre, le président des JA, s’est pour sa part interrogé sur la manière de faire bénéficier l’agriculture raisonnée des fonds européens du 2e pilier de la Pac consacrés au développement rural.

La viticulture en tête

Pour l’heure on dénombre en France 1019 exploitations qualifiées, selon le « baromètre » publié par Farre (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) et le ministère de l’Agriculture (DGAL). Quatre régions sont en tête : le Languedoc-Roussillon (36% des exploitations qualifiées), le Centre (14,8%), l’Aquitaine (9,1%) et Picardie (7,7%). A l’échelle des départements, l’Aude, l’Eure-et-Loir et la Gironde accueillent près de 40% des exploitations qualifiées en France. En terme de production agricole, la viticulture concerne près de 55% des exploitations qualifiées. Viennent ensuite les grandes cultures (21,8%), les exploitations associant grandes cultures et cultures spécialisées (13,2%), la polyculture-élevage (9,3%) et enfin l’élevage (0,6%).