Dans un rapport paru en mai et commandé par Bruxelles, des prospectivistes ont sélectionné et analysé la maturité de 100 innovations de rupture, et leurs perspectives à l’horizon 2038. Nous en avons sélectionné 14 qui concernent assez directement l’agriculture. Le rapport évalue ces innovations de 0 à 5, en fonction de leur maturité actuelle, d'ici 20 ans, et du positionnement de l’UE :
1- L’agriculture verticale robotisée a atteint un stade avancé (3/5), notamment au Japon et le concept s’exporte vers le Moyen-Orient, remarquent les auteurs. L’UE serait en revanche mal positionnée sur cette technologie (2/5).
2 - Moins mâture (2 sur 5 ; 3 à l’horizon 2038) mais bien plus prometteuse, la photosynthèse artificielle, comme son nom l’indique, consiste à mimer la photosynthèse (eau+lumière+CO2=O2+glucides), grâce à des composants minéraux électroniques.
Les auteurs imaginent déjà « de grandes fermes de feuilles artificielles » capables de stopper le réchauffement climatique « plus efficacement que les feuilles naturelles ». L’Europe serait très bien positionnée sur cette technologie (4/5).
3- Selon le rapport, l’impression 3D des aliments est une technologie presque mature (note 3 sur 5), et où l’Europe serait bien positionnée (4/5). Le marché se situerait plutôt dans les restaurants gastronomie ou la restauration hospitalière.
4- Les capteurs biodégradables sont des composants électroniques capables de disparaître après une période donnée, par hydrolyse ou autres réactions biochimiques. En alimentation, ils pourraient servir de garanties de traçabilité ou qualité sanitaire. La technologie est encore peu mature (2/5), mais dynamique (4/5 en 2038), et l’UE est bien positionnée (3,5/5).
5- Les plantes luminescentes sont à la marge de l’agriculture. Il s’agit de conférer à des plantes une fonction luminescente existantes chez certains insectes, en y insérant des nanoparticules. L’UE serait très mal placée sur cette technologie (0/5).
6- L’UE est très bien placée dans la fabrication de bioplastiques, qui existe déjà à l’échelle industrielle (ainsi les sacs plastiques). Le rapport évoque notamment des recherches finlandaises de production de matériaux bruts entrant dans la composition de bioplastiques, à partir de méthane et de bactéries méthanotrophes.
7- Les technologies «sans conducteur» seraient également bien maîtrisées par les Européens (4/5). Elles seraient moyennement matures à l’heure actuelle (3/5), davantage à l’horizon 2038 (4/5). L’agriculture n’est pas mentionnée par les auteurs du rapport, pourtant de nombreuses expérimentations ont lieu, notamment aux Etats-Unis, ou en Australie. Le développement en UE parait lié au devenir des réseaux routiers grand public.
8- De même, l’agriculture n’est pas citée comme un secteur pouvant être touché par les technologies d’exosquelettes. Pourtant, le Japon, dont la main d’œuvre agricole est âgée, a développé des applications à l’agriculture. La technologie est peu mature (2/5), mais dynamique (4/5) à horizon 2038.
9- L’édition de gènes est évidement vue comme un secteur prometteur pour l’agriculture, même si les auteurs n’oublient pas de mentionner les débats actuels sur l’association ou non à la réglementation OGM. L’UE serait moyennement bien positionnée (3/5).
10- L’imagerie hyperspectrale permet d’acquérir davantage d’informations à partir de la lumière émise par un objet. Les auteurs donnent l’exemple d’informations sur la quantité de nutriments présentes dans un kiwi, qui peut être évaluée par simple analyse d’image. La technologie est encore peu mature (2/5), mais dynamique (4/5) d’ici 2038 et bien maîtrisée par l’UE (3,5/5).
11- Les prospectivistes rapporte d’importants travaux de recherche pour remplacer l’usage du platine – extrêmement coûteux – dans les piles à combustible, par des bactéries nourries de substrats organiques (déchets agricoles par exemple). Ces piles à combustibles microbiennes sont encore au stade du développement (2/5), l’UE est moyennement bien placée (3/5).
12- Le rapport ne cite pas l’agriculture comme secteur cible de l’étude du microbiote (micro-organismes) – les développements en médecine sont considérables en regard. Mais les principales levées de fonds de start-up agtech (ex. Indigo) portent sur ce champ de recherche appliquée aux plantes).
13- Selon les auteurs, le département de recherche militaire américain (Darpa) étudie la communication des plantes comme moyen de défense. Un programme actuel porterait sur la façon dont les plantes pourraient servir de détecteur d’attaques biologiques, chimiques, électromagnétiques, par leur simple observation par satellite ou drone. La technologie est encore à l’état de recherche (1/5).
14- Enfin, dans son paragraphe sur l’agriculture de précision, les auteurs concluent que « les fermes de demain n’auront peut-être plus besoin de personne du tout, pour la conduite des cultures ». Les interventions seront réalisées par « des robots tout-en-un contrôlés par une intelligence artificielle centrale ».
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