Au sein du Conseil agricole des Vingt-sept réuni à Bruxelles le 21 janvier, le ministre français, Michel Barnier, a estimé que « la terre à usage agricole doit être consacrée à la production de nourriture », tout en notant qu’ « il n’y a pas trop de risques en Europe, la surface utilisée pour les biocarburants est raisonnable ».
Son homologue allemand, Horst Seehofer, a souligné qu’il ne fallait pas opposer produits énergétiques et produits alimentaires, la hausse de ces derniers s’expliquant, selon lui, « par une demande mondiale en hausse, une modification des comportements alimentaires des pays émergents ».
Partageant ce point de vue, Mariann Fischer Boel avait, le 18 janvier à Berlin, rappelé que « l’industrie européenne des biocarburants absorbe actuellement moins de 2 % de notre production de céréales » et donc que « nous ne pouvons pas réellement la blâmer (ou la remercier) pour les hausses de prix que nous avons constatées ».
« Globalement, nous estimons que, en 2020, remplir notre objectif (de 10 % de part de marché dans les transports) signifierait l’utilisation de quelque 15 % de nos terres arables pour des cultures destinées aux biocarburants », a expliqué la commissaire européenne à l’agriculture. « De toute évidence, il y a une concurrence entre l’alimentation, l’alimentation des animaux et les carburants. Mais, avec les estimations que nous avons d’une progression d’environ 10% de la récolte en 2008, je pense que nous pouvons regarder ces chiffres dans un contexte différent », a-t-elle ajouté.
« Il semble très probable que, lors du bilan de santé de la Pac, nous mettions fin à l’aide spécifique de 45 euros/ha pour les cultures énergétiques et que nous nous focalisions plus sur les technologies permettant de réduire le coût des carburants de seconde génération », a également précisé Mme Fischer Boel.