La crise grecque montre, s’il le fallait, toutes les faiblesses de l’Europe à régler ses problèmes : divergences sur les remèdes à apporter à cette crise financière ; lenteur de décision ; manque d’anticipation sur des aléas prévisibles. La question agricole n’est au fond pas très éloignée de celle de la finance (la question de la régulation avait déjà rendu les deux types de problèmes assez similaires). Les divergences sont profondes entre plusieurs pays membres ; le manque d’anticipation est également flagrant ; la capacité de l’Europe à agir vite est limitée. Ne faut-il pas un an entre le plus fort de la crise laitière et le moment où, fin 2010 comme il l’a annoncé, Dacian Ciolos annoncera un dispositif législatif pour soutenir les producteurs ?
Si la France compte sur l’Europe pour demeurer une puissance agricole il n’est pas sûr que l’Europe y tienne elle-même. Pour l’instant, le vieux continent semble se persuader de ne plus faire de son agriculture un élément fort de son intégration et de son influence dans le monde. C’est toute la difficulté de l’ambition de Nicolas Sarkozy pour ce secteur. Elle va se heurter aux agricolo-sceptiques qui se contenteraient d’un peu de production agricole de qualité complétée par des importations à bas prix.
À la lumière de ce scepticisme, les desiderata de Nicolas Sarkozy peuvent apparaître comme des vœux pieux ou même ringards : maintenir une bonne dose de préférence communautaire, garder une pincée d’intervention publique, introduire un soupçon de régulation pour garantir des prix tout en évitant la constitution de stocks excessifs. N’est-ce pas en demander trop ? « Peut-on faire autrement ? », répond Nicolas Sarkozy. La question est moins dans ce choix que dans les arguments destinés à convaincre les autres États membres de l’Union.

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