Mariann Fischer Boel, a clairement affiché son hostilité à l’idée de créer une nouvelle « bureaucratie » pour gérer les indications géographiques. Devant les professionnels, réunis à Bruxelles, le 2 décembre, par l’Association des régions européennes des produits d’origine (Arepo), la commissaire européenne à l’agriculture a expliqué aux producteurs qu’ils devraient avoir de « solides arguments » pour la convaincre.
La commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, estime que ses services seront tout à fait en mesure de rattraper leur retard dans l’étude des dossiers de demande de nouvelles appellations d’origine ou d’indications géographiques – une centaine environ chaque année. « Créer une agence. Pourquoi pas ? », a-t-elle lancé tout en précisant immédiatement qu’elle doutait sérieusement que cela soit justifié. « Vous savez combien je suis attachée à la simplification », a-t-elle expliqué aux producteurs de produits vendus sous appellation réunis, le 2 décembre, à Bruxelles, par l’Association des régions européennes des produits d’origine (Arepo).
Selon la commissaire européenne, plutôt que de créer une « nouvelle bureaucratie », la priorité est à la réduction du nombre de demandes par le biais d’un renforcement des critères d’accès aux registres. Si elle a assuré que la consultation, lancée par la présentation de son livre vert sur la qualité, n’était pas qu’un exercice de rhétorique, la commissaire est toutefois restée inflexible sur son idée de ne plus protéger, par le biais d’indications géographiques, des produits qui n’ont qu’une dimension très locale.
Les producteurs sont pourtant très réservés sur cette proposition car, indique l’un d’entre eux, « les petits produits peuvent devenir grands ». De façon générale, l’Arepo demande « le renforcement du caractère européen de la politique des signes de qualité ». Cela passe par une centralisation accrue des mécanismes d’obtention des IGP ou des AOP. Les producteurs sont favorables à l’augmentation des moyens mis sur la table par l’UE pour protéger ses indications « à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne ». Et ils plaident enfin pour un rôle plus important accordé aux consortiums « en matière de régulation de la production ou en matière d’utilisation des indications géographiques dans les produits élaborés ».