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En direct de Bruxelles Carotte européenne

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Les pourparlers de Doha stagnent plus que jamais. Donc, pour tenter de les relancer, Peter Mandelson veut, une nouvelle fois, séduire ses partenaires avec un carotte, agricole comme il se doit. En échange d’un effort des Etats-Unis sur la baisse de leur soutien interne dans ce secteur et des pays émergents sur les biens industriels, le commissaire européen au commerce estime qu’il pourrait envisager une réduction plus forte des droits de douane communautaires –près de 50%, selon certaines informations, au lieu des 39% en moyenne offerts jusqu’à présent– et une diminution du nombre de produits considérés comme sensibles –qui passerait de 8% à quelque 5% de l’ensemble des lignes tarifaires. Cette initiative –entourée d’un flou qui se veut sans doute tactique– a quelque peu irrité: à Paris bien sûr où l’on a toujours jugé le Britannique menaçant pour la Pac, mais aussi à Bruxelles, où les responsables de l’agriculture n’avaient apparemment pas été consultés. En tout cas, elle n’a guère convaincu les Américains, qui parlent d’un «changement a minima». A l’inverse, les Australiens, leaders des pays exportateurs du groupe de Cairns, se félicitent que M. Mandelson ait «montré un certain leadership en faisant preuve de flexibilité».

Préoccupés par la tournure des événements, les dirigeants des organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE ont rencontré la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel. Elle leur a promis, assurent-ils, que la Commission «respecterait l’offre européenne d’octobre 2005 et ne ferait pas à l’OMC des concessions qui iraient au-delà de son mandat de négociation». A voir…