L’Autorité de la concurrence annonce dans un communiqué de presse du 3 mai qu’elle va sanctionner à hauteur de 100 000 euros Fleury Michon pour obstruction à l’instruction dans l’affaire dite du cartel des jambons.
Il est reproché à l’entreprise de ne pas avoir informé l’Autorité de l’opération de restructuration interne de fusion-absorption de Fleury Michon Charcuterie, sanctionnée pour entente dans le cadre du cartel des jambons, par Fleury Michon Traiteur (devenue Fleury Michon LS). L’Autorité explique également que le charcutier « a contribué activement à les induire en erreur après l’envoi de la notification de griefs, en déposant, par l’intermédiaire de ses avocats, des écritures au nom et pour le compte de la société Fleury Michon Charcuterie, alors que cette société n’existait plus ». « Par son comportement, le groupe Fleury Michon aurait pu compromettre l’efficacité de l’action des services d’instruction », accuse l’Autorité. L’obstruction n’a pas été contestée par Fleury Michon qui a bénéficié de la procédure de transaction.
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Dans le cadre du cartel des jambons, douze entreprises ont écopé d’une amende de 93 millions d’euros pour ententes. L’une à l’amont sur la variation du prix d’achat du « jambon sans mouille » aux abatteurs. Deux autres à l’aval, sur les hausses de prix pratiquées auprès de la grande distribution pour les marques de distributeurs (MDD) et premiers prix. Les principales entreprises sanctionnées sont la Cooperl (sanctionnée à hauteur de 35,5 M€), les Mousquetaires par le biais de l’entreprise les Salaisons celtiques (31,7 M€) et Fleury Michon (14,7 M€). La décision de l’Autorité fait l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Paris. La Cooperl assure en effet que des preuves ont été « montées de toutes pièces ».