Dans un arrêté publié le 2 avril au Journal officiel (JO), la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a rehaussé la limite maximale de résidus (LMR) d’esfenvalérate sur les cerises mises sur le marché français. Cette mesure dérogatoire s’applique à la production nationale et aux importations. Pour rappel, l’Union européenne établit la LMR d’esfenvalérate sur cerises à 0,02 mg/kg, correspondant à la limite de quantification par défaut. Dans un avis produit le 11 février à la demande de la DGAL (ministère de l’Agriculture), sollicitée par la filière cerise, l’Anses a conclu qu’une LMR nationale de 0,1 mg/kg pourrait être proposée ; la limite européenne « n’étant pas compatible » avec les conditions d’utilisation du produit dans les vergers. « Les niveaux estimés des expositions aiguë et chronique du consommateur […] sont inférieurs respectivement à la dose de référence aiguë et à la dose journalière admissible de la substance active », précise l’agence. Contactée, l’AOP Cerises de France n’a pas souhaité commenter.
La mesure suscite toutefois de vives critiques de la part du Collectif des victimes des pesticides de l’Ouest, qui appelle à la suspension « immédiate » de cette dérogation et à une politique « enfin cohérente » de protection de la santé publique. « En relevant artificiellement le seuil autorisé plutôt qu’en interdisant un produit dangereux, le gouvernement fait le choix de dissimuler le problème plutôt que de le résoudre », précise-t-elle. Elle alerte notamment sur les risques liés à « l’effet cocktail », c’est-à-dire l’effet que peut avoir un mélange de ces différentes substances sur la santé, étudié notamment par l’Inserm et le CNRS.
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JJ