La hausse des ventes de champagne, entre 3% et 4% par an depuis quelques années, va continuer car « le monde a soif de champagne », particulièrement dans les pays émergents comme la Chine et la Russie, a estimé le 27 novembre le directeur général du groupe Rémy Cointreau, Jean-Marie Laborde. « Si cette tendance se poursuit, la région sera à la limite de sa pleine capacité de production – 350 millions de bouteilles par an – d’ici 2 à 3 ans », a-t-il ajouté à l’occasion de la publication des résultats semestriels du groupe. En 2007, au moins 330 millions de bouteilles de champagne, dont 11 à 12 M pour Rémy Cointreau (marques Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck), devraient être vendues dans le monde. L’historique record de de 1999 à 327 M de bouteilles devrait alors être battu. D’autre part, la petite vendange 2007 a entraîné une augmentation de 5% à 7% du prix du raisin payé aux vignerons, a-t-il indiqué. Un chiffre corroboré par le directeur commercial France de Lanson (groupe BCC), Michel Geistodt-Kiener. Ces deux phénomènes provoquent une « tension sur les prix », a dit Jean-Marie Laborde. Rémy Cointreau prévoit une hausse de 7% du prix de ses bouteilles en 2008. Cette situation devrait conduire à une réduction du nombre de marques par les grands groupes, même si le nombre de vignerons individuels (15 000 avec une moyenne de 1,5 ha) ne devrait pas trop bouger. Pour ce qui est du projet d’extension de la zone des vignes en production de champagne (actuellement 32 500 ha sur un maximum théorique de 35 000 ha dans la Marne, l’Aube et l’Aisne), Jean-Marie Laborde se montre « réservé ».