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Crise agricole, un grand public compréhensif malgré les violences

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« En 2016, 30 % des Français considèrent les agriculteurs comme “violents”, soit une augmentation de 10 points par rapport à la même période de 2015, un quasi-doublement depuis 2014 (16 %) et le niveau le plus élevé observé depuis 1999 », observe Fabienne Gomant, directrice de clientèle senior de l’Institut français d’opinion publique (Ifop). Dans une étude intitulée « Image des agriculteurs auprès du grand public », publiée dans le Déméter 2017, elle explique cette évolution par « la perméabilité immédiate et directe de l’opinion aux événements mis en lumière par les médias ». Effectivement à cette époque, fin février 2016, plusieurs filières agricoles manifestent avec également des faits divers assez violents (irruption d’éleveurs dans la propriété du ministre de l’Agriculture, décès d’une conseillère agricole dans une exploitation, etc.). Tout cela aurait pu « écorner l’image d’Epinal des agriculteurs », selon elle. Eh bien non ! Fabienne Gomant note « une certaine compréhension de la part de l’opinion ». « Lors des mesures effectuées en février 2016 pour l’étude – alors que les campagnes françaises étaient en ébullition du fait de la chute des cours, notamment du lait et de la viande de porc –, 84 % des citoyens estimaient le mouvement justifié » et pour 44 % d’entre eux, « tout à fait justifié », souligne-t-elle. Même phénomène pour la crise laitière de 2009. « Cette confiance globale dont bénéficient les agriculteurs constitue un socle de sympathie particulièrement solide et précieux pour la profession, notamment en cas de crise, et ce d’autant plus qu’elle est aussi nourrie par la perception d’un métier dur et difficile », relève encore Fabienne Gomant. Elle estime que la profession ne communique pas assez. « Elle nourrit donc peu son image », selon la responsable de l’Ifop, ce qui engendre « une perception polarisée » entre : « la survivance d’une image globale positive » associée à un modèle agricole traditionnel et l’impression d’une relative opacité des pratiques agricoles.