Pic historique des prix alimentaires mondiaux en janvier, le plus haut depuis que la FAO a commencé à les mesurer en 1990 ; prix du sucre à leur niveau le plus élevé depuis trente ans à New York, après le passage du cyclone Yasi sur l’Australie : les prix agricoles dansent la sarabande, avec des risques sociaux et politiques imprévisibles. Toutes les institutions internationales cherchent les moyens d’organiser la parade, même si elles ne sont pas toujours d’accord sur la hiérarchie des causes de cette dangereuse volatilité. Le G20 entame le débat en son sein sous la présidence de la France, l’OMC montre du doigt les restrictions à l’exportation, la Commission européenne analyse encore « l’interdépendance croissante des marchés de produits de base et des marchés financiers », tandis que la Cnuced souligne le rôle joué, comme en 2008, par la spéculation. Dans ce concert, Olivier De Schutter a le mérite de proposer des priorités concrètes qui forment un projet global capable de réhabiliter un système alimentaire mondial porteur de catastrophes à répétition. De la constitution de réserves régionales à la lutte contre la spoliation des terres, de la promotion des pratiques durables à un mécanisme mondial de réassurance, en passant par la restriction des pratiques des spéculateurs. Mais le juriste belge a aussi le bon sens de rappeler une évidence : la priorité numéro un, c’est de soutenir la capacité de tous les pays à se nourrir eux-mêmes.
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