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De Sangosse met le paquet sur la R&D en biocontrôle

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Dans un contexte sociétal tendu pour la protection des plantes, l'entreprise De Sangosse croit en l'avenir du biocontrôle. Lors d'une conférence de rentrée, elle présente ses projets de développement pour contribuer massivement aux modulations du marché.

Dans un contexte où « les attentes sociétales évoluent », Nicolas Fillon, directeur général de De Sangosse annonce un fort développement de l’entreprise en matière de recherche et développement (R&D). Lors d’une conférence à Paris, le 18 septembre, il assure que l’entreprise « investit massivement », à hauteur de 9 % du chiffre d’affaires (CA). « C’est un standard haut, mais logique pour notre métier qui doit constamment innover », explique-t-il. Sur cinq ans, les investissements en R&D, tout produits confondus de De Sangosse, ont bondi de plus de 30 %. « Avant 2011, nous étions sur une augmentation annuelle de 4,5 à 5 %, se rappelle Nicolas Fillon. Depuis, nous affichons un rythme entre 8 et 9 %. » Même tendance pour les effectifs dédiés à la R&D. « Ils ont doublé depuis 2011, passant d’une cinquantaine à une centaine de personnes », ajoute-t-il.

Un marché dopé par la demande

Si l’entreprise investit tant, c’est qu’elle souhaite suivre la cadence relative à la hausse de la demande. À l’échelle française, le biocontrôle représentait, en 2017, 5 % du CA de la protection des plantes, selon l’International Biocontrol Manufacturers Association (IBMA). Ce dernier « prévoit un triplement de cette part d’ici 2025, ajoute Olivier Antonin, directeur activité agriculture. Nous sommes plus optimistes. Ces 15 %, nous les imaginons davantage à l’horizon de quatre ou cinq ans », pourvu que l’innovation suive le rythme. L’entreprise estime aussi que les grandes cultures ne dépassent pas 15 % du marché du biocontrôle, tandis qu’elles sont largement majoritaires dans le marché global de la protection des plantes. « Cette partie va progresser, et nous comptons bien être contributeur à l’évolution des solutions », lance Olivier Antonin. Pour l’heure, la moitié du marché du biocontrôle est capté par la vigne.

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« L’IBMA prévoit un triplement de la part du biocontrôle dans le CA de la protection des plantes d’ici 2025 »

La séparation vente/conseil voile l’avenir

Nicolas Fillon, directeur général de De Sangosse, estime que le texte originel discuté lors des États généraux de l’alimentation sur la séparation entre la vente et le conseil ira jusqu’au bout. Dans un contexte de séparation capitalistique entre les deux pans, « tout le schéma historique de distribution de nos produits va changer, dit-il. Que sera la distribution française d’ici trois ans ? Quels seront les acteurs avec qui des entreprises comme De Sangosse vont travailler ? « On ne sait pas, admet-il. C’est l’incertitude. » Néanmoins, Nicolas Fillon ne cache pas l’intérêt de la société pour la partie conseil. « Notre offre est technique, les modes d’usages classiques des produits évoluent, avec les applications par drones par exemple », justifie-t-il.