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Décapitalisation bovine accrue dans le Sud-Ouest depuis 2015

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Davantage tourné vers la polyculture-élevage, le Sud-Ouest a été la zone la plus touchée par la décapitalisation bovine entre 2015 et 2025, selon une note d’Agreste. Au contraire, le croissant laitier et le sud du Massif central résistent.

D’après une récente note d’Agreste sur l’évolution des élevages bovins entre 2015 et 2025, le Sud-Ouest apparaît comme le plus touché par la décapitalisation, en vaches laitières comme en allaitantes. Selon le ministère de l’Agriculture, les départements du Sud-Ouest, « davantage orientés vers des systèmes de polyculture-élevage », ont vu leur nombre d’élevages laitiers fondre de 41 % à 64 %. Une baisse bien plus marquée que celle observée au niveau national (-35 % en dix ans, à 40 800 élevages). « Le recul est en revanche moins prononcé dans les territoires du croissant laitier », note Agreste (de l’ouest à la Franche-Comté, en passant par le nord de la France et le Massif central). Le ministère observe « une tendance à la spécialisation » des élevages laitiers, qui sont de moins en moins nombreux à engraisser les jeunes animaux. Au sein des élevages de plus de dix têtes (périmètre de l’analyse d’Agreste), seul un quart pratiquent l’engraissement en 2025, contre un tiers dix ans plus tôt.

Côté allaitant, les départements de Nouvelle-Aquitaine sont là aussi les plus touchés par la décapitalisation : -43 % d’élevages dans les Landes, -37 % en Lot-et-Garonne, ou encore -26 % dans le Limousin. Le bassin charolais (1) affiche également une baisse de 20 %, dépassant le recul national (-19 %, à 59 500 élevages). En revanche, le sud du Massif central résiste mieux (-3 % en Lozère, -10 % dans le Cantal), ainsi que le Nord-Est.

« Recentrage sur le modèle naisseurs »

La filière allaitante connaît « un recentrage sur le modèle naisseurs, qui reste le plus répandu », souligne Agreste. Ce modèle fait preuve de « stabilité », en particulier dans le bassin charolais, où il est très dominant (72 % des élevages, sans évolution sur dix ans). En revanche, au niveau national, le « nombre d’élevages naisseurs-engraisseurs diminue de 26,1 %, en partie du fait de reconversions vers le système naisseurs ». Les engraisseurs spécialisés, eux, résistent (-6,5 %).

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Ces dernières années, la décapitalisation « résulte de la forte baisse du nombre d’élevages », qui voient leurs effectifs moyens gonfler, analyse Agreste. La taille moyenne des élevages laitiers augmente de presque un tiers (+ 29 %), passant à 80,7 vaches, contre 62,5 dix ans plus tôt. Quant aux ateliers allaitants, leur taille progresse plus modérément, de 7,4 % (52,4 vaches en 2025, contre 48,8 vaches en 2015). Au niveau national, le cheptel global recule moins vite que le nombre d’élevages, au rythme de 1,6 % par an (-14,7 % en dix ans). En 2025, la ferme France comptait 6,4 millions de vaches, contre 7,5 millions en 2015.

YG

« Spécialisation » des laitiers, de moins en moins nombreux à engraisser