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Eau : la gouvernance des Sdage contestée par le monde agricole

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Les Sdage 2028-2030 cristallisent les tensions entre monde agricole et associations environnementales. Chambres d’agriculture France dénonce une élaboration « contre » le secteur, tandis que les ONG défendent une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux.

En conférence de presse le 22 avril, les chambres d’agriculture ont fait part de leurs réserves sur la mise en œuvre des Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2028-2033, en cours d’élaboration. En cause, « une organisation qui se fait contre le monde agricole », a résumé Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France. Il dénonce une méthode « contre-productive », marquée par un manque de concertation et un calendrier « trop contraint », avec une échéance fixée à juin. Des délais jugés d’autant plus problématiques que les documents sont « longs et complexes », souligne Laurent Degenne, secrétaire adjoint de la tête de réseau. À ce stade, seul le bassin Adour-Garonne a accepté de décaler l’échéance à octobre.

Les critiques ne portent pas seulement sur la méthode. Les chambres dénoncent des Sdage « déconnectés de la réalité du terrain », qu’il s’agisse des effets du changement climatique ou encore des réalités techniques des exploitations. In fine, l’enjeu des chambres d’agriculture est de peser davantage dans les débats autour des Sdage, estimant que la part des élus agricoles dans la gouvernance est aujourd’hui insuffisante. « Nous pousserons, dans le cadre de la loi d’urgence agricole, à augmenter leur part dans la gouvernance », a défendu M. Windsor.

Préserver une gouvernance pluraliste

Face aux critiques formulées par les chambres d’agriculture, l’association Eau & rivières de Bretagne a appelé l’État à garantir le bon fonctionnement des instances de gouvernance de l’eau, afin d’éviter que « quelques syndicats corporatistes ne [prennent] l’habitude de confisquer la démocratie ». L’association estime que « le monde agricole bénéficie déjà d’une place importante, voire dominante » dans les comités de bassin et les commissions locales de l’eau. Elle appelle à « préserver une gouvernance pluraliste de l’eau, qui ne soit pas captée par un seul secteur d’activité ».

Pour rappel, les Sdage visent à assurer la gestion de la ressource et des écosystèmes aquatiques, à l’échelle des grands bassins, avec pour objectif le bon état des masses d’eau. Or, l’état des ressources en eau reste « préoccupant », marquée par des pollutions diffuses, à l’artificialisation des sols, à la surexploitation des nappes et à la dégradation des zones humides. Dans ce contexte, l’association estime que les mesures des Sdage répondent à la nécessité de préserver « un bien commun essentiel ».

JJ

L’échéance des Sdage est fixée au mois de juin