La médiation engagée entre Tereos et trois betteraviers frondeurs exclus de la coopérative, a échoué, a-t-on appris le 2 octobre auprès des deux camps. Ces derniers ont lancé une pétition demandant la tenue d’une assemblée générale anticipée dès décembre.
« Le conseil de surveillance de Tereos prend acte de la décision de mettre fin à la médiation conduite par Henri Nallet et la regrette », annonce Tereos, qui affirme avoir « tout fait pour que cette médiation aboutisse à une solution négociée ». Rappelant avoir proposé notamment « d’organiser des élections anticipées en décembre 2018, au lieu de juin 2019, ouverte à tous en régions, y compris à ceux qui avaient démissionné de leur mandat », le groupe désigne comme responsables de cet échec les trois betteraviers frondeurs, exclus de la coopérative pour avoir contesté la stratégie et la gouvernance du groupe. « Le conseil de surveillance de Tereos regrette vivement que l’exigence par les trois personnes exclues d’une révocation de la totalité du conseil de surveillance et de leur réintégration immédiate comme conditions préalables à tout débat n’ait pas permis à la médiation d’aboutir à une solution conforme à l’intérêt de l’entreprise et de l’ensemble des coopérateurs », indique le groupe. Tereos estime que les exclus ont privilégié « le rapport de force ».
Élections anticipées
Les frondeurs dénoncent, eux, une absence de dialogue. « À aucun moment, nos ex-collègues du conseil de surveillance n’ont fait la moindre proposition, ni accepté la moindre avancée. Il n’y a eu aucune négociation, nos interlocuteurs ayant refusé tout dialogue », déclarent les trois coopérateurs exclus, Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude, dans un communiqué signé également par François-Xavier Beaury, Etienne Clabaut, Laurent Courtier, Philippe Hennebert. Ils réclament « la réintégration des exclus, l’élection générale des conseillers de région et l’élection des membres d’un nouveau conseil de surveillance dans le respect des statuts ». « On n’arrive pas à s’entendre entre élus, donc on dit “quoi de plus naturel que de se mettre devant les électeurs, devant les coopérateurs, de redémarrer à zéro” », explique Gilles Bollé.
Dans un geste d’apaisement, Tereos avait annoncé début septembre la tenue d’élections anticipées afin de pourvoir les mandats de représentants de coopérateurs qui ont démissionné fin juillet pour dénoncer une « gouvernance défaillante » de la coopérative. Actuellement, 70 conseillers de région (sur 172), représentant 7 500 des 12 000 coopérateurs et cinq usines sucrières des Hauts-de-France, manquent à l’appel après une démission en bloc, un épisode parmi d’autres de la crise de gouvernance qui touche le groupe.
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Appel au Haut comité à la coopération agricole
En ce qui concerne le conseil de surveillance, seul un tiers de celui-ci doit être réélu en juin prochain, lors de la prochaine assemblée générale plénière. Or, les coopérateurs exclus souhaitent leur réintégration et également une élection de l’ensemble de cette instance, dès décembre prochain. À cet effet, ils indiquent avoir réuni 2 400 signatures, soit 20 % des coopérateurs, pour demander l’organisation d’une assemblée générale anticipée, comme le prévoient les statuts. Mais ils comptent ne pas s’arrêter en si bon chemin : « Nous allons continuer à en récolter pour atteindre 3 000 signatures, pour que cette pétition devienne incontestable, et pour que toutes les régions soient concernées », insiste Gilles Bollé. "En général, quand on n’est pas d’accord, c’est de directeur général qui en fait les frais, pas les représentants des actionnaires !"
Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude vont confier leur pétition au Haut comité de la coopération agricole (HCCA) qui validera les signatures et les notifiera à la direction de Tereos. "Nous voulons que ce soit les planteurs qui décident de l’avenir de Tereos, et de notre avenir. Je veux faire mon travail d’élu jusqu’au bout en alertant sur la gestion catastrophique et l’endettement faramineux du groupe, et j’ai les 850 planteurs de l’usine de Chevières derrière moi", poursuit Gilles Bollé.
2 400 signatures réunies pour convoquer une assemblée générale dès décembre