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Ce pourrait ou devrait être le juge de paix de tout débat sur la qualité des produits alimentaires, la santé des Français et la qualité de vie en générale : l’espérance de vie de nos concitoyens continue d’augmenter, à un rythme soutenu. C’est ce qu’indique l’Insee dans une étude curieusement passée inaperçue. Et pourtant, c’est la vie même des gens qui est décrite. A 35 ans, une femme peut encore espérer vivre en moyenne 49 ans et un homme 43 ans. En 25 ans, les hommes de 35 ans ont gagné cinq années d’espérance de vie : une année tous les cinq ans ! Les femmes ont gagné quatre années et demie.
Les causes de cette amélioration sont multiples : les progrès médicaux, la santé publique, l’hygiène en générale et, aussi, évidemment, l’alimentation. Même si certains comportements alimentaires sont marqués par des excès dont on connaît bien les retombées médicales, l’allongement de l’espérance de vie montre que le bilan est positif. N’en déplaise aux esprits chagrins qui voudraient que tout aille mal, le modèle avec lequel nous vivons (les Français mais aussi les Européens en général) apporte des progrès indéniables. On s’alimente, sans aucun doute, mieux aujourd’hui qu’hier.
C’est ce moment là pourtant que choisissent les Danois pour taxer les matières grasses et les Français pour ajouter une taxe sur les produits sucrés. Tant mieux si cette taxe permet de financer des réductions de charges sociales sur les salariés des exploitations agricoles. Tant mieux également si, finalement, le gouvernement a renoncé à motiver par un prétexte sanitaire la taxe sur les sodas. Il n’empêche : l’amélioration constante de l’espérance de vie est une bonne nouvelle qui ne justifie pas la pénalisation d’un de ses facteurs qu’est l’alimentation.