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Rétrospective Filière porcine : la tendance à la baisse dure depuis 20 ans

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La crise du porc, observée depuis plus de deux ans, s’inscrit dans un contexte général de baisse qui remonte à la fin de la décennie 80. Retour sur la filière porcine de ces vingt dernières années.

Le cours du porc à Plérin est à 1,007 euro le kilo le 5 novembre 2009. La FNP (Fédération nationale du porc) parle alors de « spirale à la baisse du prix du porc ». Or, le phénomène remonte à loin puisque la filière porcine connaît une nette tendance à la baisse depuis 1985, ponctuée de quelques rebonds, selon l’Insee.
Premiers témoins de cette baisse spectaculaire : les exploitations de porcins, dont le nombre réduit comme peau de chagrin depuis une vingtaine d’années (moins 81% selon Agreste). En 1988, il y en avait 171,7 milliers. En 2008, elles ne sont plus que 30 000.
Autre tendance confirmant la baisse observée, celle du cours du porc charcutier net par éleveur en euros constants, au kilo (monnaie de 1970). Il s’élevait à 0,36 en 1990 et à 0,22 en 2008, selon l’Ifip (Institut du porc). Et même si l’on constate une augmentation de 4% du prix du porc payé aux producteurs entre 2000 et 2008, elle est à relativiser par rapport aux 18% d’augmentation du prix de détail des produits finis qui a suivi l’inflation.

Une production en stagnation
Tandis que ses voisins européens voient leur production de porcs augmenter, la France quant à elle n’accroît pas la sienne. Entre 1998 et 2008, la production stagne à 2,3 millions de tec*. Phénomène similaire en ce qui concerne la consommation indigène brute, stabilisée depuis dix ans à 2,2 millions de tec*. Quant à la consommation par habitant, elle diminue de 5% entre 2000 et 2008, passant de 35,4 kg équivalent carcasse à 34,3.
Néanmoins, le tableau n’est pas totalement noir puisqu’on note quelques rebonds sur la période. Le plus important étant celui de 2001, année où le cours du porc atteint 1,602 euro le kilo, soit deux fois plus qu’en 1999.
Comment expliquer cette tendance à la baisse de la filière porcine depuis 20 ans ? Les périodes de rebonds s’expliquent notamment par une diminution du prix des aliments consommés et une amélioration des techniques de production, selon une observation de l’Insee. Des bouffées d’oxygène entre les crises à répétition qui ont touché la filière du porc. La crise actuelle présente un caractère nouveau par rapport à ce qui a été vu lors de la précédente décénnie. Tout d’abord par sa durée puisqu’elle s’étend sur plus de deux ans. Et ensuite par son caractère schizophrène car, à la crise du coût de revient s’ajoute également la crise financière mondiale déclenchée en octobre 2008. Auparavant, la filière a également connu des crises en 1998 et 2003, toutes deux liées à une surproduction. Selon Michel Rieu, directeur du service économie de l’Ifip : « En 1998, le cours du porc était tombé à 5 francs (NDLR : 0,76 centimes d’euro) et en 2003 à moins de 90 centimes d’euros. Le cours du porc est déjà passé sous la barre symbolique de 1 euro auparavant. » Une observation notable au regard du niveau actuel du cours du porc, survolant la barre de 1 euro depuis plusieurs semaines.

* tec : tonne équivalent carcasse

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