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Luc Guyau « Il nous faut mutualiser au maximum les moyens » des Chambres

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« La force du réseau des chambres d’agriculture est la proximité avec les agriculteurs », souligne Luc Guyau, président de l’APCA, dans une interview à Agra Presse alors que la deuxième université des chambres d’agriculture se tient à Tours du 12 au 14 décembre. Pour répondre à cette demande de proximité, il s’agit de mutualiser tout ce qui est inhérent au travail des techniciens. Il s’agit par exemple des références technico-économiques, de l’information par le Sirca (systèmes d’information du réseau) … « Il faut mutualiser au maximum nos moyens », résume Luc Guyau. Au niveau financier, il est notamment nécessaire de mettre en place une adéquation entre les missions et les moyens, ce qui passe notamment par une meilleure lisibilité des budgets. Ces préconisations émanent d’une mission menée par des ingénieurs du Gref et de 20 réunions régionales organisées en amont de l’université de Tours.

Vous faites une université sur le thème du positionnement et de la stratégie des chambres d’agriculture. Quels sont vos objectifs ?

Nous avons engagé une démarche de modernisation des chambres il y a maintenant 4 ans. Notre objectif final est de faire en sorte que les services que nous proposons soient en phase avec les demandes des agriculteurs, tant sur le plan individuel qu’en termes de développement collectif. L’agriculteur est au cœur de notre démarche : nous lui apportons des outils adaptés mais nous voulons qu’il reste maître de ses choix sur son exploitation. C’est ce qui nous distingue. Le fait que les chambres soient pilotées par des élus professionnels explique largement cet état d’esprit.

Concrètement, qu’est-ce que vous attendez de cette université ?

Nous avons fait 20 réunions régionales auxquelles ont participé plus de 800 élus et cadres. Ces réunions ont permis de faire remonter les attentes des agriculteurs, mais aussi les différents scénarios pour y répondre et de commencer à identifier les marges de manœuvre dont nous disposons. A Tours, nous devrons valider les points de consensus que nous pressentons et proposer des axes concrets. Dans les faits, depuis quelques années déjà, les chambres expérimentent de nouveaux modes d’organisation sur le terrain et travaillent de plus en plus en réseau. Certains outils, par exemple en matière de système d’information ou d’élaboration de références technico-économiques par grands bassins de production, sont d’ores et déjà mutualisés. Nous voulons une approche d’ensemble cohérente et efficace.

N’êtes-vous pas poussés à cette remise en cause du fait d’un contexte budgétaire de plus en plus tendu et d’une concurrence forte entre les structures agricoles ?

Bien sûr ! Cependant, nous voulons maîtriser nos choix, afin qu’ils soient les plus intelligents vis-à-vis des agriculteurs et pour qu’ils aient aussi un sens pour les salariés des chambres d’agriculture. Le fil conducteur que nous nous sommes donné est le suivant : préserver la proximité de nos techniciens avec les agriculteurs. Pour y parvenir, il faudra mutualiser autant que possible les domaines qui viennent alimenter le travail des techniciens. Les champs et les niveaux de mutualisation sont encore à définir région par région. Parallèlement, nous devrons aborder plus concrètement les choix en matière de services à réaliser. C’est là dessus que nous avancerons à Tours.

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Chambres d'agriculture France
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Le statut des chambres et les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la TFNB ne sont-ils pas un frein à cette évolution ?

Notre statut consulaire est plutôt un atout du fait de la place qu’y tiennent les 4000 élus professionnels du réseau. Ainsi, nous ne pouvons pas perdre de vue l’intérêt général agricole qui est notre mission ! Quant au budget, je rappelle qu’il nous faut fonctionner à la fois dans un contexte de stagnation de nos moyens et de progression de la demande des agriculteurs du fait de la complexité croissante du métier. L’effet ciseau n’est pas tenable à terme, d’où la nécessité de se réformer et de mutualiser au maximum nos moyens. Quant aux recettes, nous sommes ouverts à des évolutions mais, compte tenu de notre statut, il est nécessaire de garder un équilibre entre les financements publics et les prestations facturées.

Les élections aux chambres d’agriculture auront lieu dans un peu plus d’un an. Cette échéance est-elle compatible avec le chantier que vous menez ?

Nous avons ouvert le chantier il y a 4 ans. C’est une démarche de longue haleine, mais nous avons la satisfaction de constater que les choses se mettent progressivement en place sur le terrain. C’est un travail nécessaire pour l’agriculture, qui ne peut pas être l’otage des échéances électorales de court terme.