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Coopératives La filière bois s’adapte peu à peu à la gestion des tempêtes

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Un an après le passage de la tempête Klaus sur le massif forestier aquitain, les prix du bois se sont effondrés. Mais les coopératives forestières, qui tenaient une conférence de presse le 20 janvier, peuvent au moins se féliciter de ce que l’expérience acquise en 1999 a permis de mieux gérer la crise et de structurer la filière.

Un an après le passage de la tempête Klaus, l’Union de la coopération forestière française (UCFF) a tiré un bilan de cet événement le 20 janvier à l’occasion d’une conférence de presse. Près de 40 millions de m3 de bois ont été mis à terre alors que le secteur connaissait une crise importante. Les aires aménagées pour stocker une partie des bois abattus peuvent accueillir jusqu’à 7,5 millions de m3, un chiffre en deçà des 10 millions de m3 escomptés. Aujourd’hui, 4 millions de m3 de pin maritime (sur les 37 millions de m3 mis à terre) sont stockés. Mais ce stockage et les aides au transport apportées par l’État n’ont pas permis de maintenir les prix. « Ils se sont effondrés au-delà de ce que l’on attendait », indique Henri Chaperon, directeur de la Cafsa (Coopérative agricole et forestière sud-atlantique). Pour les parcelles touchées en épicéa, douglas ou peuplier, la situation est moins critique. Le marché local ou export a déjà permis d’absorber une grande partie du bois.

Expérience
Malgré ces difficultés, les coopératives forestières affichent des motifs de satisfaction. L’expérience acquise suite au passage des tempêtes Lothar et Martin en 1999 a permis une meilleure organisation de la récolte du bois (la mécanisation notamment a progressé) et surtout des synergies avec les autres coopératives. « Nous avons cherché à transmettre notre savoir-faire acquis en 1999, explique Lionel Say, directeur de la CFBL (Coopérative forestière Bourgogne Limousin) dont la région n’a pas été touchée par Klaus, à un moment 40% de nos moyens (mécaniques, humains…) étaient déployés dans le massif landais, on ne pouvait pas concevoir de couper du bois chez nous et de laisser les chablis pourrir ailleurs ! ». Le secteur forestier traversant une crise, il a été d’autant plus facile de mobiliser du personnel venu des régions épargnées par la tempête qui avait alors peu de travail. Paradoxalement, la tempête a eu des effets positifs sur les coopératives forestières. « Avant 1999, nous produisions 800 000 tonnes de bois par an. En 1999, nous sommes montés à 1,6 millions et depuis nous ne sommes jamais redescendus au-dessous de 1,5 million de tonnes », témoigne Stephane Vieban, directeur de la coopérative Forestarn. Même constat pour Henri Chaperon : « La mise en place d’aires de stockage du bois soufflé par la tempête nous a permis de nouer de nouveaux partenariats avec des industriels. Nous n’imaginons pas que ce genre de collaboration puisse prendre fin dans les années à venir ». Les experts du changement climatique prédisent une multiplication de ces événements de tempêtes violentes, mais même si cela a des aspects positifs, les sylviculteurs ne devraient pas attendre le prochain coup de vent pour adapter leurs pratiques à cette nouvelle donne.