Une analyse menée par des chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’Insee montre que la pluriactivité se développe parmi les agriculteurs professionnels. En 2003, un foyer d’agriculteurs sur deux déclarait un revenu d’activité non agricole contre 40 % en 1997. « La pluriactivité est essentiellement le fait du conjoint et est d’autant plus fréquente que le couple est jeune », précise Nathalie Delame, Inra Versailles-Grignon dans son étude.
Les revenus d’activités extérieures augmentent fortement le revenu global du foyer d’agriculteurs et réduisent les disparités. Tel est le constat d’une étude menée par l’Inra. En 2003 un foyer d’agriculteurs sur deux déclarait un revenu d’activité non agricole contre 40 % en 1997.
Les foyers pluriactifs ont un revenu agricole inférieur de 10 % à celui des foyers monoactifs. Mais, grâce à l’activité extérieure, ils disposent d’un revenu total qui est supérieur de 80% à la moyenne. Un foyer agricole sur trois perçoit un revenu d’activité non agricole supérieur à un demi-smic net annuel.
Dans les foyers pluriactifs, c’est le conjoint de l’agriculteur qui travaille hors de l’exploitation. La double activité est rare dans les exploitations professionnelles (6 % contre 33% dans les exploitations non professionnelles plus petites). C’est le conjoint qui travaille de plus en plus fréquemment hors de l’exploitation. Un des membres du couple se consacre exclusivement à l’activité agricole tandis que son conjoint exerce une activité extérieure, le plus souvent salariée dans 7 foyers sur dix. D’où un développement de cette pluriactivité dans toutes les spécialisations, y compris les élevages laitiers, pourtant plus contraignants.
Une nouvelle image de l’exploitation agricole
L’étude montre aussi que le conjoint travaille davantage à l’extérieur si le couple a moins de 40 ans, si l’exploitation est en Gaec et si le revenu est modeste. La pluriactivité est toutefois plus développée dans les exploitations de grandes cultures qui facilitent l’emploi du conjoint à l’extérieur : moindre demande de travail, moins de contraintes journalières. En conséquence, « l’image traditionnelle de l’exploitation agricole, individuelle et familiale, est modifiée et ces évolutions reflètent l’émergence de l’entreprise agricole consacrée par la loi d’orientation agricole », souligne Nathalie Delame, de l’Inra Versailles-Grignon dans son étude. La dernière réforme de la PAC qui instaure l’octroi de subventions aux agriculteurs indépendantes des choix et des niveaux de production peut « avoir deux conséquences opposées », explique-t-elle. Soit « remettre en cause le développement des activités hors de l’exploitation du fait de l’apport d’une part du revenu prédéterminé et stable, soit accentuer la tendance en libérant du temps pour des activités non agricoles ».