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Questions sociales La présidence espagnole de l’UE donne la parole aux agricultrices

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Comment mettre en valeur le rôle essentiel des femmes dans le milieu rural ? Tel a été le thème principal d’un forum organisé fin avril à Caceres en Espagne, à l’initiative de la présidence espagnole de l’UE. La question de la parité homme-femme dans les zones rurales sera évoquée lors d’un prochain Conseil des ministres de l’agriculture.

Dans son programme de travail sur l’agriculture et le monde rural présenté en janvier dernier, la présidence espagnole de l’UE insiste sur la nécessité de promouvoir le rôle des femmes dans les zones rurales. Ces zones, indique-t-elle, sont confrontées à des problèmes liés au vieillissement de la population, à des services et des infrastructures insuffisants, à la difficulté d’avoir accès aux nouvelles technologies et à une augmentation du nombre d’hommes du fait de l’exode des femmes vers les villes. Les Espagnols mettent également l’accent sur le fait que les gains des femmes dans les zones rurales sont nettement inférieurs à ceux des hommes. « La consolidation de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde rural » figure parmi les priorités, a indiqué le 27 avril à Caceres le ministre espagnol chargé du milieu rural, Josep Puxeu.

Absence de statut et de reconnaissance légale
43 % des travailleurs non-salariés agricoles sont des femmes, dont 26 % sont chefs d’exploitation. Les statistiques montrent aussi que les agricultrices travaillent principalement dans des exploitations familiales, généralement de petite taille, et dans des secteurs exigeant beaucoup de main d’œuvre (lait, fruits et légumes), souvent sans voir de statut social ni de reconnaissance légale, ni de pouvoir de décision au niveau de l’exploitation. Sur ce dernier point, les organisations professionnelles de l’UE (Copa-Cogeca) considérent que le conjoint aidant devrait pouvoir être cotitulaire des droits aux aides directes. De même, le Copa est favorable à une plus grande représentativité des femmes au sein des organes décisionnels à tous les échelons. Un quota d’agricultrices d’au moins 30 % dans toutes les organisations est indispensable, notent le Copa-Cogeca.
La Coordination européenne Via Campesina demande, pour sa part, que, au titre de la réforme de la Pac après 2013, l’UE mette en place un cadre juridique garantissant aux femmes des revenus économiques et l’ensemble des droits qui vont de pair avec l’exploitation. Ce syndicat alternatif revendique aussi l’élimination de certains minima pour la reconnaissance d’une activité agricole aussi bien en ce qui concerne la surface d’exploitation que les revenus.