Une ordonnance, publiée au JO du 25 avril, fixe au 1er janvier 2021 l’entrée en vigueur de l’indépendance des activités de conseil et de vente des phytos. Coop de France et la FNA (négoce) la jugent « inadaptée aux réalités du terrain ».
En conseil des ministres le 24 avril, Didier Guillaume a présenté l’ordonnance EGAlim relative à « l’indépendance des activités de conseil à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et au dispositif de certificats d’économie » (CEPP). À compter du 1er janvier 2021, « les activités de vente de produits phytosanitaires et de conseil à leur utilisation devront être séparées », confirme le compte rendu de l’Élysée. Les agriculteurs devront faire l’objet d’un conseil stratégique « deux fois tous les cinq ans », avec des dérogations pour ceux engagés dans des démarches reconnues de réduction des phytos. Le dispositif de CEPP est pérennisé en tant que « véritable levier de déploiement des alternatives dans les exploitations ».
Transition « à marche forcée »
Coop de France dénonce « une transition à marche forcée » après la publication de l’ordonnance au JO du 25 avril. « Malgré le temps passé à expliquer le rôle central des coopératives dans les filières, à l’interface entre l’agriculteur et les clients, à démontrer la qualité des services agronomiques des coopératives et leur engagement dans la réduction des produits phytopharmaceutiques, aucune réelle évolution de l’ordonnance n’est à noter », selon un communiqué. Cette dernière version du texte paraît « inadaptée aux réalités du terrain et manque de pragmatisme, sans compter les délais trop courts accordés pour la mise en œuvre ». L’ordonnance fixe au 1er janvier 2021 la séparation entre vente et conseil. Une mesure qui va « profondément impacter le secteur coopératif et les agriculteurs », selon la fédération. « Les coopératives ne renonceront pas au rôle qu’elles occupent dans les territoires et à leur réseau de proximité », affirme toutefois Coop de France.
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Une concertation « inutile »
La Fédération du négoce agricole (FNA) dresse un bilan amer de cette ordonnance, les cinq versions du texte (jusqu’à publication) soulevant cette question : « une concertation inutile ? ». Vu qu’« aucune remarque issue des professionnels du secteur n’a permis la moindre inflexion », le président Antoine Pissier vient à « douter de l’efficacité de la concertation », selon un communiqué. « Parti d’une volonté partagée de sortir de la dépendance aux phytos, le gouvernement programme la déstructuration de la distribution […] sans s’assurer de la réussite de l’objectif initial », déclare-t-il, taclant « une méthode inadaptée aux réalités du terrain ». Et de critiquer aussi dans l’ordonnance une définition « floue » du conseil et « surtout du conseil stratégique rendu obligatoire aux agriculteurs : que devra-t-il contenir, que va-t-il véritablement amener aux agriculteurs, sera-t-il contraignant ? » La FNA précise qu’elle sera très vigilante sur les décrets d’application qui vont suivre.
À compter du 1er janvier 2021, « les activités de vente de produits phytosanitaires et de conseil à leur utilisation devront être séparées »