« Il ne faut pas se faire d’illusion, l’agriculture n’échappera pas à la crise mondiale ». Face à cette leçon de réalisme, Hervé Morize, président de la Saf, est néanmoins optimiste. « Cette crise va nous obliger à être plus compétitifs pour rebondir », espère le président de l’association qui plaide pour la création de nouveaux outils permettant « la liberté d’entreprendre ». La Saf réfléchit à de nouveaux outils assurantiels, financiers et fiscaux.
«Rien ne sera plus comme avant, en agriculture aussi », a commenté Hervé Morize, président de la Saf, association de loi 1901 lors de ses vœux à la presse le 20 janvier. Cette crise mondiale imprévue va certainement « induire une restructuration très forte » dans l’agriculture, prévient le président. « Restructurer ce n’est pas forcément faire avec moins de monde mais faire différemment », insiste-t-il.
Dans ce contexte perturbé, il est urgent pour l’agriculture de trouver de nouveaux outils : « La liberté d’entreprendre va être plus que jamais importante dans la période qui s’ouvre », commente Hervé Morize. La Société des agriculteurs de France a donc délibérément choisi de travailler en 2009 sur des sujets qui pourront permettre aux entreprises agricoles de rebondir dans l’économie agricole française avec la mise en place d’outils assurantiels, financiers, fiscaux dans une approche nouvelle. De plus, « il faut une croissance agricole compatible avec l’environnement », souligne Hervé Morize.
Un tour de France
Pour mener à bien cette réflexion, la SAF entreprend un tour de France avec l’objectif d’aller au contact des chefs d’entreprises agricoles afin d’analyser leurs besoins. Au niveau parisien, trois commissions réservées aux adhérents de la Saf sont mises en place avec différentes thématiques : produire plus et mieux ; les nouveaux marchés et la gestion d’entreprise.
L’idée défendue par l’association est de sortir des carcans imposés. Notamment sur le contrôle des structures. « Il y a 50 applications différentes des textes avec une tolérance par région de 1 à 100 : c’est une nouvelle féodalité locale ! », lance Hervé Morize. Les « textes fondateurs » ont été bâtis sur le concept d’une agriculture familiale, rappelle le président de la Saf. « Soyons honnêtes, ce concept n’a plus cours », a-t-il conclu.