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Soutenue par Bruno Le Maire en personne, la démarche du Petit Producteur rencontre un succès croissant dans les enseignes où elle est déployée. Reste à trouver suffisamment de producteurs pour répondre à la demande.
Depuis sa création il y a cinq ans, l’initiative Le Petit Producteur a vu son activité se développer régulièrement et littéralement exploser depuis son passage du statut associatif à celui de SA en 2009. De 3 M EUR en 2010, soit cinq fois plus que l’année précédente, le chiffre d’affaires devrait passer à au moins 10 M EUR en 2011. Recréer du lien entre le consommateur et le producteur, tisser de nouvelles relations avec la grande distribution, c’est tout l’enjeu de la démarche portée par Nicolas Chabanne, qui induit une révolution culturelle pour la distribution.
Une logique nouvelle pour la GMS
Chaque producteur associé à la démarche fournit librement une partie de sa production assortie d’un packaging où figurent son nom et sa photo. « Avec ce système, le producteur est garant de la qualité du produit », explique Nicolas Chabanne. Mais il peut aussi décider, si la qualité n’est pas au rendez-vous, de ne pas livrer. « Aujourd’hui, nous regroupons 450 producteurs. La gamme de produits est suffisamment large pour compenser quand l’un ou l’autre fait défaut. Mais la demande explose et nous recherchons de nouveaux partenaires. Pour ramener du lien entre le consommateur et le producteur, il a fallu que la GMS s’adapte et accepte que nos producteurs ne puissent pas s’engager sur des volumes. La règle du jeu, c’est qu’elle accepte la quantité comme elle se présente. »
Perspectives de développement
Quasiment toutes les enseignes de la grande distribution travaillent avec la structure. Après les fruits et légumes, une gamme de produits laitiers (lait, yaourt, faisselle) issue de deux exploitations des Yvelines est proposée chez Monoprix à Paris. L’enseigne va aussi plus loin et s’est engagée à acheter la totalité de la production de poires de Jean-Luc Roux pendant sa conversion à l’agriculture biologique. En ligne de mire pour Nicolas Chabanne, la possibilité de créer des contrats annuels, toujours avec une meilleure rémunération pour le producteur. « On a aussi une demande de la restauration collective qui doit désormais privilégier le local à offre égale », se réjouit le dirigeant.
Si Le Petit Producteur sert la plupart de temps d’intermédiaire administratif, moyennant une commission, le producteur reste libre dans la négociation de ses prix et c’est bien souvent lui qui livre l’enseigne directement.
Avant la fin de l’année, le Petit Producteur devrait élargir son offre avec de la viande. Le développement de la gamme de produits laitiers est également envisagé dans d’autres grandes villes. « Dans quelques années, on se dira : “tu te rends compte qu’avant on mangeait des produits sans savoir qui les faisait ni d’où ils venaient ?” », prédit Nicolas Chabanne. En attendant, la vogue de la photo du producteur a atteint de nombreuses marques dont Danone, Fleury Michon ou encore Labeyrie. « Ça n’a pas du tout le même sens que notre démarche, où le producteur met sa photo sur son produit, dont il se porte garant », commente Nicolas Chabanne. Pour aller encore plus loin dans le lien entre le producteur et le consommateur, une application smartphone doit être lancée qui donnera des informations sur chaque produit et chaque producteur en scannant le produit.