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Porc Les éleveurs s’organisent pour sortir de la crise

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Face à une crise économique « sans précédent », les éleveurs de porcs tentent de s’organiser et de trouver des solutions. Aides à l’exportation, « caisse d’avance de trésorerie », campagne de communication et pressions sur les distributeurs sont envisagées par les professionnels…

«Nous connaissons une crise sans précédent par son niveau et sa brutalité », a alerté le 6 novembre, Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « La crise est plus forte qu’en 1999 car le coût de l’aliment n’était pas aussi élevé à l’époque », a-t-il ajouté en soulignant que les éleveurs perdent actuellement environ « 35 euros par porc vendu ». Mais les professionnels ne veulent pas baisser les bras et restent « combatifs ». Pour sortir de la crise, les éleveurs espèrent encore le déblocage de restitutions pour l’exportation, malgré le refus récent de la Commission européenne. « A l’exception du Danemark, tous nos voisins européens voulaient des restitutions. La DG Agri a fait la sourde oreille », explique le président de la FNP. Au lieu de cela, la Commission a autorisé le stockage privé. « Cela ne règle aucun problème. Cela va freiner la reprise des prix au printemps quand les stocks seront mis sur le marché », estime Jean-Michel Serres.

« Il y a urgence »

Au niveau français, la FNP souhaite par ailleurs que l’Etat mette « la main à la poche » comme il l’a fait pour les éleveurs d’ovins récemment. « Seule la MSA a bougé avec le report de cotisations sociales sur 2 à 3 ans. L’Etat n’a rien fait », explique Jeff Trébaol, vice-président de la FNP. « Nous demandons un plan d’allègements des charges, d’au moins 7 millions d’euros. Il y a urgence », lance Jean-Michel Serres. La profession réfléchit par ailleurs à la mise en place d’une caisse d’avance de trésorerie, cofinancée par Unigrains et les banques « remboursable par les éleveurs après la crise ». « Nous avons besoin d’une solidarité forte avec une enveloppe d’au moins 120 millions d’euros », souhaite-t-il. Les éleveurs demandent également l’utilisation plus systématique de la viande VPF (viande de porc française) par les grandes surfaces dans leurs produits à marques distributeurs et 1 er prix. Le 7 novembre, le dossier était abordé en conseil d’administration d’Inaporc. Jean-Michel Serres s’est déclaré confiant sur la conclusion d’un accord possible avec les GMS « d’ici une quinzaine de jours ».

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« Communiquer intelligemment »

Autre dossier de réflexion en cours pour la filière : la communication sur la viande de porc. « Nous devons communiquer intelligemment », souhaite le président de la FNP. En clair : promouvoir la viande française de porc, sans la nommer officiellement, ce qu’interdit la réglementation européenne. Les éleveurs de porcs n’écartent pas non plus des manières syndicales plus fortes pour se faire entendre. Déjà, des manifestations ont eu lieu ces derniers jours en Bretagne dans certaines GMS. « Des consignes seront données aux éleveurs prochainement pour interpeller les entreprises ne jouant pas le jeu de la solidarité », a prévenu Jean-Michel Serres.