Les experts fonciers et forestiers vont tenir leur congrès commun à Brest du 9 au 11 juin. La Confédération des experts agricoles, fonciers et immobiliers (Ceafi) et la Compagnie nationale des ingénieurs et experts forestiers et des experts en bois (Cniefeb) vont fêter leur soixantième anniversaire. Ce sera l’occasion de mieux faire connaître la profession d’expert agricole.
« Nous ne sommes pas suffisamment connus sur le terrain, regrette Olivier de Kermenguy, président du Ceafi, Confédération des experts agricoles, fonciers et immobiliers. Les gens ne savent pas dans quels domaines ils peuvent faire appel à nous. Nous insistons beaucoup sur notre indépendance. Par exemple, lors de l’estimation d’un bien, nous n’avons aucun intérêt dans la vente de ce bien. De plus, notre profession est très réglementée puisque, depuis la loi de 1972, les experts agricoles et fonciers sont agréés.» La liste des experts est arrêtée annuellement par le ministère de l’Agriculture.
Evaluation du fonds agricole
Olivier de Kermenguy rappelle les domaines d’activités des experts agricoles et fonciers : évaluation de biens immobiliers (terres, bâtiments d’élevage, bâtiments d’habitation, …) et mobiliers (exploitation agricole, stock, matériels, …) mais aussi évaluation du fonds agricole. « Les experts ont mis au point des méthodes d’évaluation du fonds agricole dans le Nord de la France. Nous seront donc opérationnels dès que la loi d’orientation agricole sera adoptée», insiste le président du Ceafi. Les experts agricoles et fonciers interviennent aussi dans les règlements de successions, divorces, sinistres, accidents en cultures, litiges avec les fournisseurs, conflits, … Bref : quand ça va mal ! « Nous pouvons aussi donner des conseils en stratégie en cas de transmission du patrimoine ou de mise aux normes de bâtiments, et rédiger des actes entre propriétaires et locataires », poursuit-il. Enfin, les experts interviennent dans les projets d’urbanisation. Quant aux experts forestiers, ils interviennent de la production du bois jusqu’à la mise en marché du bois, mais aussi dans les dossiers périurbains, voire urbains (arbres en villes, parcs, loisirs). « La forêt est plus considérée comme un patrimoine qu’une exploitation », commente François Paliard, président de la Cniefeb.
Les conflits liés à l’installation d’éoliennes
Les deux organisations d’experts ont choisi pour thème de congrès « Mutations des territoires : rôle de l’expert ». L’espace rural est sollicité par de multiples fonctions autres que les fonctions traditionnelles (agricoles et forestières) : urbaines, industrielles, commerciales, de loisirs, de communication, de transports d’énergie ou encore de création d’énergie renouvelable. La Ceafi et la Cniefeb ont choisi quatre thématiques : l’incidence des pollutions des sols sur la valorisation foncière, les préjudices visuels et sonores, en particulier dans le cas d’installation d’éoliennes, l’urbanisme et l’environnement et enfin la fiscalité des espaces boisés. Ils ont fait appel à une vingtaine d’intervenants : avocats, experts, responsables d’organismes et élus pour traiter ces sujets épineux.