Bel et Bongrain ont vu leurs bénéfices semestriels baisser entre 2013 et 2014, les groupes ne parvenant pas à répercuter totalement les prix élevés du lait sur leurs prix de vente. Pour le second semestre, ils redoutent l'instabilité géopolitique mondiale, notamment l'embargo russe.
LES groupes fromagers Bel et Bongrain ont enregistré une baisse de leurs bénéfices nets, malgré une hausse de leurs chiffres d'affaires, au premier semestre 2014, conséquence d'un prix du lait élevé qu'ils n'ont pas pu répercuter sur les prix de vente de leurs produits.
Bongrain, qui détient notamment les marques Elle et Vire, Caprice des Dieux et St Môret, a enregistré au premier semestre un bénéfice net en baisse de près de 14,75 % (à 20,8 millions d'euros contre 24,4 millions d'euros à la même période l'année dernière), pour un chiffre d'affaires en hausse de 14 % (à 2,23 milliards d'euros), selon un communiqué du 28 août.
Le résultat net du groupe Bel (La Vache qui rit, Babybel) a de son côté diminué de 48,4% (47 millions d'euros contre 91 au premier semestre 2013), mais le chiffre d'affaires augmente de 1,7%, à 1,34 milliard d'euros, révèle un communiqué du 29 août.
Un prix du lait élevé
Ces chiffres semblent s'expliquer par des cours mondiaux de la matière première élevés, que les industriels ne parviennent pas à répercuter entièrement auprès de leurs clients, dans un contexte de relations commerciales toujours tendues avec la grande distribution.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour Bongrain, « le résultat opérationnel courant a été touché par la hausse du prix du lait qui n'a pu être totalement répercutée dans les tarifs et par la reprise des activités de Terra Lacta. Il a bénéficié de la bonne résistance des produits fromagers et d'une valorisation renforcée des autres produits laitiers ».
« Les efforts commerciaux du Groupe Bel n'ont pas suffi à compenser le fort renchérissement des matières premières et l'impact négatif des parités monétaires », ajoute Bel de son côté. Le groupe a également souffert d'un contexte géopolitique toujours tendu dans certains pays, notamment en Ukraine ».
Un contexte géopolitique instable
Pour la fin de l'année, les deux groupes s'inquiètent de l'actualité géopolitique mondiale, en plus des négociations avec la grande distribution. « Les résultats du deuxième semestre resteront influencés par la pression sur les marges et le contexte économique européen. L'impact de l'embargo russe qui commence à se faire sentir au niveau européen pourrait influencer défavorablement l'équilibre de l'économie laitière en recherche de marchés de substitution », explique Bongrain. Le groupe Bel abonde : « Les conditions de marché restent difficiles, avec des prix des matières premières élevés, une forte volatilité des devises et une instabilité géopolitique accrue dans certaines régions du monde ».